Le plan de désengagement proposé par la Monuc et approuvé par les parties en l’absence du Cndp est voué à un avenir incertain. Car, ne l’ayant pas approuvé, le Cndp risque de ne pas en tenir compte.

A-t-on déjà prévu des sanctions contre le Cndp qui a refusé de reconnaître ce plan ? En cas de sanctions, qui les appliquera, par quels moyens et quel en sera l’efficacité ?
Il y a quelques jours, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila signait une ordonnance prolongeant d’une année le programme Amani. Cette ordonnance a été signée au moment crucial de la crise au Kivu. D’autres actions ont suivi l’ouverture des hostilités par le Cndp.
On peu noter la présence de la délégation du Conseil de Sécurité de l’Onu dans laquelle se sont infiltrés les représentants de l’Union européenne et de l’Union africaine.
Il faut reconnaître que c’est la mission du Conseil de sécurité de l’Onu la moins médiatisée en dépit de la situation dans laquelle elle s’est effectuée. Les ambassadeurs du Conseil de sécurité sont rentrés à New York sur la pointe de pieds. Cela n’augurait rien de bon. On connaît l’impuissance du Conseil de sécurité en cette matière surtout lorsque les intérêts des puissances entrent en jeu dans la crise à résoudre.
Mais c’est pour l’une de rares fois que les déclarations du Conseil de sécurité dans une crise qui met en déplacement plusieurs centaines de milliers de personnes, sont sans impact.
Encore des ratées
Après le Conseil de sécurité, la facilitation internationale est montée au créneau, retrouvant ainsi la voix dans une crise qui semblait lui dépasser. Sa demande de voir les parties revenir aux bons sentiments n’a pas été suivie. Il ne pouvait en être autrement lorsque même la facilitation elle-même, n’est pas en mesure de dire clairement qui a fait quoi dans cette reprise des hostilités.

La pédagogie qui consiste à distribuer des réprimandes aux grands fautifs, aux fautifs et au moins fautifs, n’a jamais été efficace pour ramener les parties à la raison.
C’est donc avec cette facilitation que les parties signataires de l’Acte d’engagement de Goma ont étudié le projet de désengagement proposé par la Monuc et l’ont approuvé en l’absence du Cndp. Pendant que les choses se gâtent et que l’indiscipline s’installe parmi les signataires, que l’on décide de se montrer rigoureux. Le plan de désengagement prévoit des sanctions pour toute partie qui ne respecterait pas ce plan. Quelles sont-elles ces sanctions ? Quelle en sera l’efficacité ? Qui les appliquera et quelle est sa marge de manœuvre ?
Pendant que l’on attendait des réponses à ces questions, le Cndp est revenu à la charge pour rallumer les inquiétudes de l’opinion. Sa demande des négociations directes avec le gouvernement démontre, si besoin en était encore, que ce mouvement n’a jamais joué, ne joue pas et ne jouera jamais la carte de la paix. Si on entend relancer Amani avec le Cndp, il y a risque que l’on perde du temps et que l’on n’atteigne jamais l’objectif. On se demande si déjà on ne doit pas penser à la sanction en partant du fait que le Cndp n’a même pas répondu à l’appel de la facilitation.
On ne peut brandir des sanctions pour ce mouvement dans le cadre d’un plan qu’il n’a pas approuvé avec toutes les autres parties. Si le Cndp ne s’est pas montré respectueux des engagements qu’il a signés, le fera-t-il pour un plan qu’il n’a de surcroît pas approuvé ? Il nous revient que le plan avait été expédié au Cndp qui n’avait pas fait savoir sa position avant que ce plan de désengagement soit approuvé. Qu’attend-on de lui ? Cette question on devrait se la poser le jour même où les autres parties approuvaient le plan. Car, on ne doit rien attendre du Cndp. A moins de lui offrir les négociations directes qu’il exige.
(SL/Th/GW/Yes)Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 20/09/2008 13:50:24