Le spectre de l’implosion plane sur le pays. A l’Hémicycle, le décor est quasi planté pour une confrontation entre l’Exécutif et le Parlement sur l’état du pays. Au gouvernement d’organiser la contre-attaque.

Nombreux sont les congolais qui observent avec anxiété la situation quasi chaotique du pays caractérisée par l’insécurité à l’Est sur fond d’une grogne sociale qui va en s’exacerbant. Plus le temps passe, plus la spirale de la décrépitude s’abat sur la RD Congo appelée à se ressaisir pour se remettre en phase avec sa population. “ Le pays va mal ”, entend t-on dire un peu partout. Une sorte de malaise étreint désormais les congolais, réduits à l’expectative devant la dynamique exterminatrice de leur existence, rongée à petit feu.
Aujourd’hui plus qu’hier, le Parlement semble incarner les espoirs de tout un peuple pour autant qu’il veut jouer à fond son rôle de censeur de l’Exécutif. Nombreux sont les congolais qui observent avec anxiété la situation quasi chaotique du pays caractérisée par l’insécurité à l’Est sur fond d’une grogne sociale qui va en s’exacerbant. Plus le temps passe, plus la spirale de la décrépitude s’abat sur la RD Congo appelée à se ressaisir pour se remettre en phase avec sa population.
“ Le pays va mal ”, entend-on dire un peu partout. Une sorte de malaise étreint désormais les congolais, réduits à l’expectative devant la dynamique exterminatrice de leur existence, rongée à petit feu. Aujourd’hui plus qu’hier, le Parlement semble incarner les espoirs de tout un peuple pour autant qu’il veut jouer à fond son rôle de censeur de l’action gouvernementale. Lorsque des représentants des enseignants saisissent l’occasion de la rentrée parlementaire pour présenter leurs revendications aux députés, la symbolique traduit la confiance vouée désormais à l’institution parlementaire, au-delà des clichés et autres préjugés négatifs.
La rentrée parlementaire est, pour ainsi dire, perçue par nombre des concitoyens comme une opportunité tendant à impulser la dynamique de changement pour remettre le pays sur son piédestal. Le président ad intérim de cette institution, Christophe Lutundula avait donné le ton dans son discours d’ouverture en plaidant pour la redynamisation du contrôle parlementaire qui ne doit plus être considéré comme le ventre mou de l’activité parlementaire. Des dispositions particulières, a-t-il souligné, devront être prises pour un contrôle efficace - assorti des sanctions - de l’exercice budgétaire de l’Etat. Cela veut dire que les députés entendent désormais jouer pleinement leur rôle en circonscrivant l’action gouvernementale dans les limites du contrat passé avec le peuple. Une façon de dire que, dorénavant, les rapports entre les deux institutions vont dépasser les limites du protocolaire pour s’investir dans un débat de fond axé sur les attentes des populations.
Le décor de la confrontation planté
En tant que représentants du peuple, les députés et sénateurs entendent, cette fois-ci, ne pas donner un cheque en blanc à l’Exécutif dont ils regrettent la nonchalance dans l’exécution des recommandations lui transmises. Plusieurs députés et sénateurs ont - dans la foulée de l’ouverture de la session budgétaire de septembre - eu des mots durs à l’endroit du gouvernement embouchant, de ce fait, la trompette de la critique facile.
A la lumière des appréciations ainsi ressassées, il appert que le gouvernement Gizenga assume par devers lui tous les dérapages et déséquilibres constatés dans la conduite de la vie publique, avec en arrière fond, un marasme économique sans précédent. L’action du gouvernement est systématiquement mutilée à l’Hémicycle tant au niveau de la majorité que de l’opposition, les uns et les autres étant presque convaincus du risque d’implosion qui plane sur le pays. Le discours ainsi développé à toute la latitude de germer et de faire tâche d’huile dans une opinion publique quasi conditionnée au regard de la précarité de l’environnement socio-économique actuel. Le premier vice-président de l’Assemblée nationale n’a fait qu’enfoncer le clou en se risquant dans une évaluation de l’action gouvernementale, une thématique sensible abordée souvent avec tact et circonspection, question de ne pas blesser certaines susceptibilités.
De la nonchalance dans la matérialisation des cinq chantiers aux controverses autour de l’application du Smig et de la bourse d’études, les détracteurs du gouvernement avaient matières à tout. Ils ne sont pas allés de mains mattes pour fustiger la tendance du gouvernement à saborder l’échéancier constitutionnel en rapport avec le dépôt du projet de loi budgétaire. Non seulement que le budget 2008 n’a pas été appliqué conformément aux prévisions établies, mais de plus, n’a pu juguler l’épineuse question des salaires des fonctionnaires demeurée en état. D’où, la demande faite au gouvernement d’allouer aux services de sécurité, aux enseignants et aux médecins, des crédits substantiels à travers le budget 2009, et ce, pour faire face à la tension sociale devenue très perceptible avec plusieurs mouvements des grèves.
Sans ambages, Christophe Lutundula a demandé que le gouvernement puisse s’expliquer sur l’exécution partielle du budget 2008, et surtout, sur le non-paiement des salaires de certains enseignants pour les mois de février et mars. En fait, le décor est quasi planté pour un affrontement en règle entre deux institutions dont les rapports ont souvent été tendus. L’occasion est tout indiquée pour dérouler la machine de la défiance, ou encore, du retrait de confiance. Comme si l’histoire se répète, nous revoici devant le même cas de figure qui avait prévalu lors de la présentation du budget 2008 avec en soubassement, une fronde parlementaire dirigée contre le premier ministre et toute son équipe. A la différence que, cette fois-ci, les données en présence semblent être en défaveur de l’Exécutif au regard du rapprochement contre nature constaté entre la majorité et l’opposition autour de certaines questions d’intérêt général. Les tireurs des ficelles qui martèlent sans cesse sur l’idée d’un probable remaniement se retrouvent dans cette nouvelle dynamique.
Sachant qu’il incarne désormais les espoirs d’un peuple visiblement abattu et écrasé par tant d’années de souffrance, le Parlement entend régler ses comptes au gouvernement à la faveur de la présentation du budget 2009. De quoi interpeller le gouvernement qui doit affûter ses armes dans la perspective de cette confrontation qui s’annonce houleuse. Des ministres dont les secteurs sont en mauvaise posture devraient également prendre la mesure des enjeux pour préparer leur défense, car à l’allure où vont les choses, les questions orales à adresser certains d’entre eux, vont se succéder en cascade.
Penser organiser la contre-attaque
A tout prendre, le gouvernement doit éviter de se présenter au Parlement en victime expiatoire même si l’évolution socioéconomique ne plaide pas en sa faveur par ces temps de basse conjoncture. En effet, ce ne sont pas les arguments qui manquent à ce gouvernement pour contrer les offensives parlementaires. Les résultats réalisés en terme de mobilisation des ressources financières en appui aux programmes de développement en général, et de cinq chantiers en particulier, sont énormes. Alors que les principaux indicateurs commençaient à afficher des signaux de relâchement à fin 2006, jusqu’au premier trimestre 2007, un renversement des tendances a pu être observé dès avril 2007. Aussi a-t-on pu assister dès le mois de mai 2007 à une maîtrise du taux d’inflation qui passa de 18,20% à 9,96%. Le Franc congolais a maintenu sa valeur, n’accusant qu’une dépréciation de 10% par rapport à l’exercice 2006.
Bien que ces résultats aient fléchi vers fin 2007, essentiellement a cause des nécessités liées à la gestion de la condition sécuritaire alors préoccupante à l’Est du pays, la situation a été vite maîtrisée dès début 2008. In fine, ce cadre macro économique a constitué un terrain propice pour des performances en termes de mobilisation des ressources internes. Les régies financières ont, grâce à une batterie des mesures mises en oeuvre, réalisé des records importants par rapport aux années antérieures, dotant l’Etat congolais de moyens de sa politique. Pour ne se focaliser que sur le premier trimestre de l’année en cours, le taux de performance s’est situé à hauteur de 123%. Les recettes publiques ont déjà pu financer différents chantiers dont la voirie urbaine à Kinshasa, des équipements pour la réhabilitation de la voirie de Kananga, et tant d’autres actions.
S’agissant de la coopération bilatérale et multilatérale, de nouveaux bailleurs n’ont cessé d’affluer au pays pour se juxtaposer aux partenaires traditionnels. Entre-temps, le pays s’évertue dans un effort d’atteinte le point d’achèvement de l’Initiative PPTE, synonyme de déblocage des fonds supplémentaires (près de 4 milliards gérés au niveau du club de Paris) et de remise de la dette.
Visualiser les efforts consentis...
A tout prendre, il y a lieu de relever qu’un effort a été consenti par le gouvernement pour améliorer, tant soi peu, le quotidien des congolais. Toutefois, son effort constant de booster l’économie congolaise en maintenant l’élan des reformes et en créant des conditions favorables au développement intégral du pays, sont annihilés par des interférences qui obstruent la visibilité de son action. Tel est le cas de la résurgence des conflits armés à l’Est qui hypothèque le processus du rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du pays, un des fondamentaux liés à l’amélioration du cadre des affaires. Quitte à présenter ces difficultés non comme une excuse, mais comme des imprévus entravant la bonne exécution du programme du gouvernement qui, loin de se résigner, poursuit sans désemparer le combat du développement.
(SL/Th/GW/Yes)AD/Uhuru
Last edited: 20/09/2008 14:22:58