Le gouvernement congolais par la voix de son ministre du Plan Olivier Kamitatu se déclare déçu de la gestion par Bruxelles de l’aide que la Belgique consent à la RDC dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays

Au cours d’un point de presse qu’il a animé hier en la salle Crispin Mulumba Lukoji de son département, le ministre du Plan a tenu à éclairer l’opinion sur l’état de la coopération entre la République démocratique du Congo et le Royaume de Belgique. Plus spécialement en ce qui concerne l’aide des partenaires allouée au développement.
Olivier Kamitatu Etsu qui parlait au nom de son gouvernement, n’a pas caché la déception de ce dernier quant à la gestion unilatérale de cette aide par Bruxelles. Kinshasa reproche en effet à Bruxelles un certain nombre de manquements frisant la violation des principes de la souveraineté des Etats. Dans un communiqué remis à la presse et lu séance tenante, le ministre a expliqué, chiffres à l’appui, comment l’aide bilatérale belge à la Rdc (chiffrée à environ 206 millions d’euros) a été ventilée durant la période allant de 2001 à 2007 par le donateur.
Ainsi 144 millions d’euros, soit 70% de l’enveloppe totale, ont été affectés à la gestion de la dette extérieure congolaise et aux régularisations auprès des institutions internationales, sans transiter par le gouvernement congolais, encore moins par son Administration publique. 62 millions, soit 30%, ont été affectés aux projets de développement et à l’aide humanitaire.
A ce niveau, Olivier Kamitatu signale qu’en dehors de la coopération institutionnelle classique (coopération technique belge, Nations unies, universités, etc.), des ONG tant nationales qu’internationales ont reçu en moyenne plus du tiers du montant. Enfin, on insiste à Kinshasa sur le fait qu’une enquête menée de mars 2008 à ce jour révèle l’existence de 79 agences d’exécution parallèles de l’aide financée par le gouvernement belge sur les 146 existantes.
Face à cette situation, Kinshasa rappelle que l’appui au développement de la Belgique ou de tout autre partenaire au développement doit s’aligner sur les priorités du pays et intégrer la nouvelle donne internationale en matière d’efficacité de l’aide, notamment le Programme d’action d’Accra axé “ sur l’efficacité de l’aide aux Etats fragiles et pays post-conflits ”.
C’est dans ce cadre que le gouvernement veut requalifier son Programme indicatif de Coopération (PlC). Invité à clarifier davantage la position du gouvernement congolais, Olivier Kamitatu s’est contenté d’insister sur la détermination de la Rdc à définir un nouveau cadre de coopération au développement avec ses partenaires. Pour rappel, à la question du Phare sur l’état de la coopération entre son pays et la Rdc lors d’une visite à la rédaction du quotidien de l’avenue Lukusa, le jeudi l7juillet 2008, l’ambassadeur belge à Kinshasa avait indiqué que le Royaume de Belgique privilégiait la coopération de proximité qui laisse peu ou pas de marge aux abus. Johann Swinnen avait, à cette occasion, insisté sur l’importance des projets visibles pour que l’aide allouée par la Belgique ait un impact visible.
Il faut souligner, à ce propos, que sur l’aspect lié à la gestion de l’aide, le ministre du Plan a rejeté en bloc les allégations de mauvaise gouvernance du fait que cette aide n’a pas été remise au gouvernement.
(DN/Th/GW/Yes)Dom./Le Phare
Last edited: 20/09/2008 14:21:02