Répondant à Kagame, le Président Joseph Kabila Kabange a affirmé que le Rwanda n’était pas innocent dans la reprise, le 28 août, des combats au Nord-Kivu, entre les FARDC et les hommes du CNDP de Laurent Nkunda.

Le gouvernement congolais trouvera une solution sur la sécurité dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu par tous les moyens. C’est l’une des phrases clés du président de la république lors d’un point de presse qu’il a tenu jeudi avec les médias nationaux et internationaux à Goma, après 5 jours de visite dans la province du Nord-Kivu.
Pour Joseph Kabila, les accords de Goma du 23 janvier dernier disposent que le Programme Amani est le seul cadre de dialogue pour la paix et tous les signataires de ces accords doivent les respecter textuellement.
Plus question, ajoute le président congolais, de continuer à faire des scénario de jeu de guerre qui font souffrir la population en faisant des milliers des déplacés.
Le président Joseph Kabila Kabange revient sur les objectifs de sa visite au Nord-Kivu : “ Je suis venu pour deux raisons. Tout d’abord encourager nos populations dans ce moment difficile où les affrontements ont repris, alors qu’on espérait déjà trouver la solution. De deux, c’est pour voir comment faire retourner la paix plus attendue par les populations du Nord et du Sud-Kivu. Et nous sommes déterminés à trouver cette paix à n’importe quel prix. Tout ce que je peux dire au CNDP c’est de rentrer dans le processus car il n’a aucune autre voie. Nous tous, nous nous sommes mis d’accord sur cette question au mois de janvier. De ce fait, s’il y a un groupe ou des groupes qui ne vont pas s’y conformer, pendant tout ce temps nous venons de travailler ensemble pour étudier comment les forcer d’accepter. Nous ne pouvons plus continuer à jouer ce jeu et nous ne pouvons plus continuer à faire souffrir nos populations ”.
Combats en RDC : le Rwanda “ n’est pas innocent ”
Le président congolais Joseph Kabila a affirmé jeudi que le Rwanda n’était “ pas innocent ” dans la reprise des combats au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, entre l’armée et la rébellion de Laurent Nkunda.
“ Le Rwanda n’est pas loin des événements qui se passent actuellement au Nord-Kivu, il n’est pas innocent non plus ”, a déclaré au cours d’un point de presse M. Kabila, à l’issue d’un séjour de travail de six jours à Goma, la capitale de cette province.
Les combats entre l’armée congolaise (FARDC) et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ont repris le 28 août dans les collines du Nord-Kivu, frontalier du Rwanda, en violation du cessez-le-feu consécutif à l’accord de paix de Goma (janvier 2008), signé par le gouvernement, le CNDP et une vingtaine de groupes armés locaux.

“ Les autres pays limitrophes (de la RDC) : l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie sont bien avec nous. Nous avons déjà suivi plusieurs mécanismes pour rétablir la coopération avec le Rwanda, mais ça n’a pas encore bien marché ”, a déploré M. Kabila, qui s’exprimait en kiswahili, langue en usage dans l’est de la RDC.
Les détracteurs du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda l’accusent régulièrement d’être instrumentalisé par Kigali.
Le CNDP ne participe plus depuis plusieurs mois au Programme Amani mis en place pour faire appliquer l’accord de paix de Goma. M. Kabila lui a demandé de rentrer sans condition dans le processus de paix que nous avons tous signé a Goma ”.
“ Il n’y a pas un autre moyen que ça ”, a-t-il insisté, rappelant l’adoption par son gouvernement d’un plan de désengagement des forces présenté mercredi à Goma par le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, Alan Doss.
“ Nous venons d’adopter le plan de désengagement qui sera fait étape par étape, phase par phase ”, a-t-il souligné.
Mais le CNDP conditionne l’adoption de ce plan à des négociations directes avec Kinshasa dans un pays neutre, et a proposé qu’elles aient lieu à Addis-Abeba, siège de l’Union africaine (UA).
Le plan adopté prévoit notamment l’éloignement réciproque des belligérants de leurs positions respectives avant la reprise des hostilités le 28 août. La mise en œuvre de ce plan, prévu dans l’accord de Goma, doit permettre l’interposition des Casques bleus et de la police congolaise. M. Kabila a enfin réaffirmé son engagement à rétablir la paix “ par toutes les voies possibles ” dans le Nord-Kivu, où la reprise des hostilités a déjà provoqué le déplacement de plus de 100.000 civils. Le président congolais est rentré jeudi soir à Kinshasa.
(SL/PKF/Yes)Radiookapi.net/AFP
Last edited: 19/09/2008 12:35:06