Des élections législatives au Rwanda, on ne peut qu’en parler. Tout ce qui s’y déroule intéresse naturellement toute la sous –région. Les dernières ont eu lieu en 2003. Elles auraient confirmé Kagame au pouvoir.

De telle sorte que, dans un pays à trois ethnies, dont une, c’est-à-dire, hutu représente une majorité écrasante, on peut se poser des questions sur la réussite de Paul Kagame, quand on sait que la politique africaine se fonde aussi sur l’élément ethnique. Mais, on ne voit pas comment le Rwanda pouvait échapper à une certaine logique politique dès lors que le spectre du génocide était devenu le fantôme qui terrassait les consciences. Ainsi, les dernières législatives du 15 septembre dernier ne semblent pas s’écarter de la ligne tracée, il y a cinq ans.
Trois partis politiques se sont affrontés ; le premier est celui de Paul Kagame. Les deux autres lui étant fidèles. Pas de vraie opposition. Qui oserait le faire, sans y perdre l’essentiel? Tous ceux qui ont essayé se sont cassés au moins les dents. On attend les résultats avec beaucoup de curiosité. Mais, ils seront favorables au président Kagame. Le bonheur des uns fera donc le malheur des autres, spécialement celui de ses voisins les Congolais. A ces derniers, la Communauté internationale est allée jusqu’à exiger et financé des élections dites démocratiques, libres et transparentes.
Aucune éclaircie ne semble se manifester dans les relations entre les deux pays. Les rebelles rwandais du FDLR sont toujours tapis dans les forêts de la RD Congo et se comportent en véritables conquérants. Ils font des affaires juteuses dans les mines du Sud-kivu avec la complicité des officiers congolais, à en croire plusieurs rapports des Ong internationales.
Le Rwanda ne veut pas du retour de ses rebelles qui risquent de perturber la donne politique. La RD Congo ne sait pas comment s’en débarrasser. C’est une véritable écharde dans les pieds des Congolais. Kagame peut continuer à invectiver son voisin. Parfois, l’on se demande même à la France n’éprouve aucun scrupule pour avoir notamment provoqué cette situation. Car, il s’agit bien de l’opération « Turquoise » de triste mémoire qui avait laissé entrer en 1994 au Zaïre de l’époque des réfugiés armés de pied en cap. On serait heureux d’une autre opération « Turquoise » de retour au bercail pour ces soldats rwandais devenus des potentats sur un sol qui n’est pas le leur.
(TH/PKF)
Alphonse Luzayamo/L’Observateur
Last edited: 18/09/2008 18:01:08