Surprise et indignation générales à l’annonce par la journaliste Ghislaine Dupont de RFI d’une attaque imaginaire qui aurait été perpétrée mercredi à Goma contre le cortège présidentiel donné en route pour un meeting non moins imaginé à Sake : rien n’était plus faux !

Radio France Internationale a surpris principalement ses auditeurs de Goma à l’annonce de son information d’une attaque qui aurait été perpétrée contre le cortège du Chef de l’Etat mercredi dans chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Selon la nouvelle, le président Joseph Kabila devait se rendre à Sake à une vingtaine de kilomètres de Goma pour donner un meeting mobilisateur des populations qui subissent le plus souvent les intempestives attaques des hommes de Nkunda campés sur les hauteurs de Sake.
Comment le scénario du déplacement du Chef de l’Etat a-t-il pu être imaginé, s’est indigné un acteur politique en vue et présent dans la ville de Goma, en l’occurrence le député provincial du Nord Gilbert Kalinda, avocat de surcroît joint au téléphone. Comme toutes ses dernières journées, le président de la République, indique ce correspondant particulier, n’a que de longues et interminables séances de travail avec plusieurs groupes politiques, militaires et de la société civile qu’il ne cesse de consulter.
Pour cette journée de mercredi, a renchéri Me Kalinda, le président avait d’ailleurs une importante réunion avec la délégation que conduisait M. Alan Doss, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC. Comment pouvait-il programmer de s’éloigner de Goma à cette circonstance ? Le site même où le président a établi sa sorte de QG, en l’occurrence le bureau du gouverneur de province, était presque bouclé toute la journée dans l’accueil de différents contacts programmés. Quand, à la fin de la journée, le président de l’Assemblée nationale a fait le rapport des consultations en annonçant la conclusion à laquelle ces dernières avaient abouti, c’est la nouvelle de la réaffirmation du Plan de désengagement du programme Amani que M. Vital Kamerhe annoncera, et non un incident d’attaque contre le Chef de l’Etat.
Le Chef de l’Etat était donc censé n’être point sorti du “ Musée ”, appellation donnée depuis feu M’Zee Laurent-Désiré à l’actuel bureau du gouverneur de province, luxueux complexe immobilier qui n’est autre que l’ancienne résidence de l’ex-maréchal Mobutu au bord du Lac Kivu dans le quartier huppé et le plus protégé de la ville. Le Libérateur Laurent-Désiré Kabila voulait maintenir cette résidence comme un musée contenant les biens et vestiges de l’ancien dictateur pour servir de leçon à la postérité à édifier sur les folies de grandeur dont peut s’éprendre un chef scandaleusement désintéressé de la véritable cause du peuple.
Hélas le “ Musée ” fut saccagé depuis août 1998 par les rebelles du RCD qui pillèrent tout le patrimoine que feu Mzee voulait faire conserver. Le domaine sera ensuite occupé par l’autorité provinciale RCD sous la transition 1 plus 4, et à ce jour le gouverneur provincial de la Troisième République y a conservé également son bureau sans avoir pu retrouver ni restaurer le patrimoine de l’ex-dictateur. Le cadre réhabilité a tout de même retrouvé une digne magnificence de première Place forte de Goma.
Quel toupet de croire que d’un tel haut lieu de travail pour le premier des Congolais se distillent des intox de fausses nouvelles de l’emploi du temps du Chef de l’Etat. Les zélotes de la désinformation se complaisent décidément trop dans leurs fantasmes de persifleurs impénitents. Parce que même s’il devait y avoir de malentendus sur certains incidents, le moindre à faire par les soi-disant professionnels de la communication était une simple vérification dont ils ne sont d’ailleurs pas dépourvus de mirobolants moyens.
C’est la Monuc le faucheur !
La vérité dans l’incident évoqué d’attaque contre le Chef de l’Etat était en fait ailleurs. Ce qui est vrai est qu’il y a bien eu mercredi à Goma un accident qui a coûté la vie à trois civils congolais fauchés par un véhicule blindé de la Monuc. L’engin qui était en patrouille habituelle avait subitement connu un problème de frein qui aurait cédé pour l’amener à percuter d’autres véhicules en vitesse en pleine ville. Les victimes mortes sur le coup sont trois Congolais, à côté de quatre blessés Casques bleus du convoi de la Monuc.
Aussitôt que le Chef de la Monuc fut informé de cette tragédie, il a réagi pour compatir au malheur des personnes éprouvées. Voici d’ailleurs le communiqué que la Monuc a fait publier à ce sujet dans les heures qui ont suivi l’accident. L’intitulé en dit déjà long, à savoir : “ Alan Doss profondément attristé par le bilan humain de l’accident qui a impliqué un blindé de la Monuc à Goma, présente ses condoléances sincères aux familles des victimes.
Le texte proprement dit du communiqué est libellé comme suit : “ Le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Alan Doss, a été profondément attristé d’apprendre le bilan humain de l’accident qui a impliqué, ce mardi en fin de matinée, à Goma, un véhicule blindé des Casques bleus de la MONUC en patrouille. Lors de cet accident, trois civils congolais ont perdu la vie, et quatre Casques bleus ont été blessés. Le Représentant Spécial, au nom de tout le personnel civil et militaire de la MONUC, exprime ses profondes condoléances aux familles des victimes de ce tragique accident. La MONUC est en contact avec ces dernières, et prendra toutes les dispositions nécessaires pour leur apporter l’assistance qui s’impose en ces tragiques circonstances ”.
MMC
Last edited: 18/09/2008 17:21:19