En l’absence du président de la chambre basse du parlement, Vital Kamerhe, le 1er vice-président Christophe Lutundula Apala a procédé, lundi 15 septembre, à l’ouverture de la session ordinaire de septembre de cette institution législative.

En l'absence du président de la chambre basse du parlement, Vital Kamerhe, le 1er vice-président Christophe Lutundula Apala a procédé, lundi 15 septembre, à l'ouverture de la session ordinaire de septembre de cette institution législative. Le n° 1 de l'Assemblée nationale se trouve à Goma aux côtés du président de la République pour suivre sur le terrain la situation qui prévaut au Nord-Kivu à la suite de la reprise des hostilités entre les rebelles du CNDP de Laurent Nkunda et les FARDC.
Vital Kamerhe, se souvient-on, avait joué un rôle de premier plan dans les travaux de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement du Kivu tenue en début d'année à Goma. Il est normal que suite au non-respect de l'Acte d'engagement issu de ces assises, Kamerhe soit au front pour contribuer tant soit peu au retour de la paix dans cette partie du territoire national.
Dans son discours d'ouverture, le 1er vice-président de l'Assemblée nationale a peint un tableau peu reluisant de la situation socio-économique du pays surtout dans les provinces où rien ne semble bouger. A propos du projet de loi de finances de l'année qui comprend notamment le budget, Lutundula a rappelé qu'aux termes de l'article 126 alinéa 3 de la Constitution, il doit être déposé par le gouvernement sur le bureau de l'Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre de chaque année.
Il a déploré que l'Exécutif n'ait pas respecté cette disposition constitutionnelle avant de souligner que l'alinéa 7 de l'article susmentionné dispose que " si, 15 jours avant la fin de la session budgétaire, le gouvernement n'a pas déposé son projet de budget, il est réputé démissionnaire ". Le président de séance a fait savoir au gouvernement que le parlement a besoin de faire son travail budgétaire pendant au moins deux mois et les députés refusent de se livrer à cet exercice dans la précipitation et le stress.
Concernant les rubriques du budget pour l'exercice 2009, l'orateur plaide pour des allocations substantielles à la défense nationale, à la sécurité du territoire, aux soldes des militaires et des policiers ainsi qu'aux salaires des enseignants à tous les niveaux, des médecins, des fonctionnaires et autres agents de l'Etat. " Après avoir relevé le Smig pour le secteur privé, on comprendrait difficilement que le gouvernement ne poursuive pas les mêmes efforts louables en faveur de ses propres agents ", a-t-il souligné.
Pour Lutundula, la position de la représentation nationale est d'autant plus justifiée que dans l'ensemble, l'exécution du budget de l'exercice 2008 tarde à atteindre ses objectifs socio-économiques et à rencontrer les attentes des Congolais qui n'en ressentent pas les effets dans leur vécu quotidien alors que toutes les mesures d'encadrement sollicitées par le gouvernement avaient été votées par le parlement et promulguées par le chef de l'Etat.
L'arrière-pays ne connaît pas les 5 chantiers
Comme preuve de ses allégations, il a déclaré que la tension sociale perceptible, ces derniers temps, à travers des grèves est l'expression non seulement de l'exécution timide du budget 2008, mais aussi du non-respect des engagements pris. C'est le cas aussi des bourses d'études promises aux étudiants finalistes des universités et instituts supérieurs ainsi que les frais de fonctionnement des services de l'Etat qui n'ont été effectivement versés que sporadiquement.
Et pour enfoncer le clou, Lutundula a révélé que lors des vacances parlementaires, les députés ont eu l'occasion de constater que les choses ont très peu bougé dans l'arrière-pays dont la majeure partie ne vibre pas encore au rythme de cinq chantiers du président de la République.
Il estime que cette situation est due à la mauvaise exécution du budget. C'est pourquoi, après avoir reconnu que les députés n'ont pas encore suffisamment fait bon usage des mécanismes de contrôle parlementaire et budgétaire prévus par la Constitution ainsi que le règlement intérieur de l'Assemblée nationale, il a appelé à un contrôle plus rigoureux de l'action gouvernementale.
A ce propos, il a rappelé deux dossiers brûlants relatifs aux passeports biométriques et au contrat Snel-Mag Energy qui ont donné lieu à de chaudes empoignades à la fin de la dernière session extraordinaire. Il a recommandé la plus grande objectivité et la froideur scientifique lors du réexamen de ces deux dossiers, dans le seul intérêt de l'Etat congolais et de l'image de marque de l'Assemblée nationale.
L'orateur a également invité l'assemblée à une réflexion approfondie sur la double problématique de la décentralisation et de l'indépendance de la justice dans notre pays. Concernant particulièrement la décentralisation, il a demandé aux uns et aux autres de se poser courageusement la question de savoir si aujourd'hui nous avons les moyens de procéder au découpage territorial ?
Outre le budget, la chambre basse du parlement devra se pencher sur quelques arriérés législatifs notamment le projet de loi portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), proposition de loi organique portant organisation et fonctionnement du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication,…
(TH/PKF)
Rombaut Ot./L’Observateur
Last edited: 18/09/2008 17:30:15