Les cadres de l’Udps ont fait circuler une littérature demandant au Cndp de nationaliser sa lutte en la sortant du seul cadre du Kivu. Cela n’est pas tombé dans les oreilles des sourds. Le Cndp exige des négociations directes au bout desquelles se profile le partage du pouvoir.

Que vont devenir les autres partis du pays ? Vont-ils accepter de se mettre sous la coupe du Cndp ? Quel est le statut du Cndp ? Telles négociations supposent un cadre extraconstitutionnel, que deviennent les institutions issues des élections de 2006 ? Conformément à la Constitution, le gouvernement peut-il engager telles négociations ?
On s’y attendait. Nkundabatware exige des négociations directes avec le gouvernement. Cette information devrait provoquer l’émoi dans les milieux des démocrates non seulement congolais, mais aussi africains et du monde. Au niveau national, engager des négociations entre le gouvernement et les insurgés de Nkundabatware, est une mise en cause des institutions existantes, mises en place à l’issue des élections qui comptent parmi les meilleures organisées en Afrique. Entamer des négociations directes avec le Cndp, c’est aussi mettre en cause une Constitution approuvée par référendum par l’ensemble du peuple congolais.
Car, cette Constitution prévoit des mécanismes pour régler des problèmes qui puissent se poser dans la marche du pays. On avait donné le bras au Cndp à travers ce qu’on avait appelé " Conférence de Goma, le voilà qui prend le bras. En demandant des négociations directes, le Cndp, une organisation privée, veut se mettre sur le même pied d’égalité que le gouvernement congolais. Quel gouvernement ? Il est soutenu en cela par Kigali qui rejette toutes négociations avec ses rebelles des Fdlr.
Le Cndp s’en moque
Le Cndp ne veut rien comprendre du changement intervenu dans ce pays. Si hier, le gouvernement non issu des élections et par conséquent sans légitimité populaire, pouvait être confondu avec des fractions rebelles, aujourd’hui, le gouvernement est issu d’une majorité. En cherchant à négocier avec ce gouvernement, le Cndp demande la marginalisation de toutes les forces qui ne font pas partie de ce gouvernement. Ce serait des négociations qui, politiquement n’engageraient pas l’ensemble des forces politiques du pays étant donné qu’elles ne relèvent pas de la Constitution.
Pour contourner cette difficulté, des théoriciens du partage du pouvoir sont déjà à pied d’œuvre. Ils demandent que dans ces négociations, qu’il y ait d’un côté le gouvernement de la République, de l’autre l’opposition institutionnelle et l’opposition extra-institutionnelle. Enfin, il y aura la société civile. Dans cette configuration, où va se situer le Cndp afin de ne pas se voir dilué dans tout ce qu’il y a comme partis de l’opposition ? C’est une donne que les théoriciens des négociations politiques qui se recrutent essentiellement à l’Udps, n’ont pas prise en compte.
En effet, une certaine littérature de l’Udps qui circule demande à Nkundabatware de nationaliser son combat. En terme clairs, les experts en négociations antidémocratiques ont demandé au Cndp de sortir de la revendication pour la défense des rwandophones ou encore sur le rapatriement des Fdlr. Cet appel n’est pas tombé dans les oreilles des sourds. La demande du Cndp des négociations directes avec le gouvernement n’est pas étrangère à cette aspiration de l’Udps. Mais quel sera le contenu de cette lutte au niveau national ?
(SL/Th/GW/Yes)Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 18/09/2008 16:12:38