Amer constat relevé dans l’opinion au sujet de l’intérêt de l’élection des représentants du peuple que sont les députés tant nationaux que provinciaux avec la considération de plus en plus unanime que ces élus ne rendent pas le service attendu de leur part par la population

Personne n’en discute pour des raisons qui leur sont propres, le Président de la République et son Premier Ministre ont compris que la stabilité c’est aussi la sécurité, et que dans le doute, il faut généralement s’abstenir face à un horizon de plus en plus incertain. Attitude pourtant différente dans le camp des députés. Du moins chez certains d’entre eux qui ont de nouveau entrepris de menacer le Premier Ministre, qu’ils déclarent attendre au tournant pour lui demander des explications sur le pourquoi et le comment des dérapages monétaires et financiers actuels.
Etonnement parmi les analystes : qui peut, très sérieusement, croire qu’Antoine Gizenga est à la base de ces excédents dans les dépenses qui plombent le taux de change, tuent le pouvoir d’achat de la population et irritent tant les institutions financières internationales ? Comme stratégie, il va de soi que la recherche permanente du bouc émissaire est une honte. Elle ne peut, à la limite, que déboucher sur des réflexes d’autodéfense susceptibles d’entamer les équilibres institutionnels et de détruire durablement la confiance entre acteurs politiques.
Responsabilité politique et morale
Une chose est indiscutable c’est le Parlement qui est l’autorité budgétaire. Il lui serait donc, pour le moins, mal venu de chercher à s’exonérer des choix douloureux faits lors du vote du budget 2008, de se dérober de la responsabilité politique et morale de ces arbitrages dramatiques ayant accordé à certaines catégories des Congolais des avantages exorbitants, en dehors de tout principe d’équité et de justice sociale.
Rapports parlementaires en mains, les députés n’auront que plus de facilité à tirer sur la corde sensible face à un auditoire forcément conditionné par la précarité de la vie et des conditions de travail que sont ces médecins et para-médicaux du secteur public en grève, ces enseignants qui débrayent et ces fonctionnaires qui ruent dans les brancards, sans aucun autre espoir que d’éprouver un droit syndical qui ne leur est consenti qu’à titre de caution pour la consommation extérieure. On peut appeler cela populisme ou démagogie, qu’importe. L’essentiel c’est que l’exercice paie bien son homme politique à condition - ce qui est plutôt rare - que les boutefeux, les pyromanes et les apprentis sorciers aient les moyens d’éteindre les incendies ainsi imprudemment allumés, et qu’ils n’aient pas à se repentir un jour du retour des flammes de ce feu qui couve, telle une maladie endémique, sous la cendre de la misère, de la famine, de la maladie et de la déscolarisation des enfants des autres...
Des questions qui dérangent
Il en est de même de l’incroyable situation politique et sécuritaire qui sévit actuellement dans le Nord-Kivu, brillante illustration s’il en était encore besoin, que la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les Kivu, de même que le Programme Amani, ont fini par imploser, laissant, petit à petit, la place à une nouvelle réalité militaire et, sans doute, politique. L’intégration de l’armée marque toujours le pas, tandis que le sort des réfugiés et déplacés demeure incertain. L’avenir de Nkunda lui-même est des plus flous, alors que le CNDP a hâte à devenir un mouvement politique à l’échelle nationale. Enfin, le chairman du CNDP continue de réclamer des garanties politiques et judiciaires, notamment par rapport à la Cour Pénale Internationale, tout en s’interrogeant sur la portée réelle de l’amnistie votée par l’Assemblée nationale.
Autant de questions qui dérangent, mais qui exigent en même temps des réponses aussi urgentes que cohérentes. Faute de quoi plusieurs acteurs seraient tentés de modifier en leur faveur le rapport de force, en comptant sur le silence complice de la Communauté internationale et l’appui ne serait-ce que moral du Rwanda, qui n’a jamais tant dit du mal du leadership congolais, quand bien même beaucoup de nos compatriotes doutent de la bonne foi du voisin oriental de la RDC.
Face donc à une réalité qui crève chaque jour les yeux en ravalant les Congolais au stade d’analphabètes politiques, d’inconscients, d’éternels enfants, d’aventuriers et d’irresponsables, quelle a été la réponse de nos députés? Les dépouilles mortelles des dossiers tels-que Kahemba, crash de Kingasani ya Suka, affaire BDK et bien d’autres sont là pour apporter la preuve que nos députés ont toujours privilégié le spectacle, avant de laisser la majorité des godillots, selon l’expression de Gilbert Kiakwama kia Kiziki, faire son travail d’alignement et frustrer ceux qui attendaient de ce genre de débats autre chose que la complaisance.
(DN/Th/Yes)Kenge Mukengeshayi/Le Phare
Last edited: 17/09/2008 16:21:53