Face à la perspective de plus en plus envisagée de chambardement du gouvernement avec possibilité d’entrée du gouverneur du Katanga au nouvel exécutif, des voix se sont soulevées dans la province cuprifère pour clamer farouchement leur opposition à une telle éventualité

Les nouvelles circulant très vite, les Katangais ont eu vent du changement que l’on voudrait apporter à la tête de leur province. Tout de go, ils ont dit niet. Selon eux, déplacer Moïse Katumbi Chapwe de Lubumbashi pour le gouvernement central pourrait freiner le développement du Katanga dont l’élan n’est plus à démontrer. Nous l’avons élu pour un mandat de cinq ans, consacré par la Constitution; le Katanga a encore besoin de lui “, entend-on dans les rues de la capitale du cuivre depuis le début de la semaine.
Il nous revient des salons huppés de Kinshasa que des noms sont cités dans différentes moutures du prochain gouvernement remanié. Dans le lot des candidats ministrables, figure le nom de l’actuel gouverneur de la province du Katanga qui pourrait chapeauter le ministère des Postes, Téléphones et Télécommunications (PTT). “ Moïse Katumbi au gouvernement central ? Pour quoi y faire ? ”, s’est écrié lundi Ilunga, 35 ans, employé dans une firme commerciale.
Comme une traînée de poudre, la nouvelle a fait le tour de la ville de Lubumbashi. A-t-il été contacté ? Qu’a-t-il dit ? Personne ne le sait. A ce jour les habitants des territoires et villages de l’ensemble du Katanga sont en émoi à l’idée de se voir arracher “ leur gouverneur ”, tout leur espoir de voir leur misère changer en bien-être.
“ Tumechoka mateso ” (NDLR nous en avons assez de la misère). Ce cri a constitué le thème majeur de la campagne électorale du candidat Moïse Katumbi Chapwe. L’homme était sidéré par ce contraste entre les richesses dont regorge sa province et la misère qui frappait les Katangais dans leur ensemble. Cette motivation, assurent ses proches, ne l’a jamais quitté. Aussi s’est-il engagé à tenir ses promesses en entamant les grands travaux de réhabilitation et de construction des infrastructures.
Il y a tellement du sien que le Katanga ressemble aujourd’hui à un vaste chantier où grouillent du monde et des machines; le boom minier aidant. La résistance du gouvernement à libérer la retenue à la source des 40 % consacrés par la Constitution n’a entamé, en rien, sa détermination à réussir son mandat électoral. Tout le monde qui fait un tour à Lubumbashi et dans d’autres coins de la province du cuivre se rend à l’évidence que le Katanga est le champ par excellence d’expérimentation des cinq chantiers de la République initiés par le chef de l’Etat. Aucun aspect n’a été oublié, les routes, les hôpitaux, les écoles, l’habitat, le vécu quotidien, l’eau et l’électricité, les activités sportives et récréatives, le tourisme.
Presque révolté à l’idée de voir cet élan de reconstruction et de développement de sa province s’estomper de manière suite, Kazadi, fonctionnaire de son état, a lancé à brûle-pourpoint : “ Nous avons élu Moïse Katumbi démocratiquement et massivement pour un mandat de cinq ans, consacré par la constitution de la troisième république, on doit le laisser aller jusqu’au bout de son mandat car, le Katanga a encore besoin de lui ”. Il a estimé que beaucoup d’autres personnalités katangaises pourraient occuper les fonctions ministérielles que l’on voudrait proposer au gouverneur Moïse Katumbi Chapwe.
Extrémiste, Nawej a laissé entendre que l’entrée de l’actuel gouverneur du Katanga au gouvernement central pourrait être considérée comme une sorte de trahison de sa part, sinon une fuite de responsabilité vis-à-vis de la population à qui il a promis un changement dans leur vécu quotidien au bout de son mandat. Soit.
Toutefois, ce qui est vrai c’est que tous les Katangais semblent unanimes pour dire niet à une éventuelle entrée de leur gouverneur dans la prochaine équipe remaniée du gouvernement central. Il a du pain sur la planche, il a des comptes à rendre à ses électeurs ” ont régi beaucoup d’autres Katangais qui estiment que le départ de Moïse katumbi Chapwe de Lubumbashi pourrait freiner le développement de leur province dont l’élan a été pris dès le premier jour de son investiture en qualité de gouverneur élu du Katanga.
(DN/Th/GW/Yes)Willy Kabwe/Le Potentiel
Last edited: 17/09/2008 16:18:59