Le président de l’Assemblée nationale se démène depuis Goma où il a rejoint le Chef de l’Etat au front de la guerre pour mobiliser les responsables et acteurs politiques locaux à faire pression sur les belligérants pour que ces derniers procèdent au désengagement de leurs troupes afin de créer les conditions du retour de la paix

Poursuivant son séjour à Goma et cela, sur demande express du chef de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale a lancé hier un appel à toutes les parties signataires de l’acte de l’engagement de Goma de s’impliquer réellement dans ce processus de paix mis sur pied par le Programme AMANI. Aux yeux de Vital KAMERHE, la phase de désengagement des troupes doit commencer le plus vite possible pour éviter des souffrances additionnelles aux populations civiles innocentes fuyant les hostilités pour se réfugier dans la brousse et peut-être vers le Rwanda voisin.
Président du comité des sages de la conférence sur la paix, sécurité et développement du Kivu, Vital KAMERHE sait de quoi il parle, a signalé un acteur politique qui suit de près l’évolution des évènements sanglants dans cette partie chaude du pays. C’est pour cette raison que le chef de l’Etat a récemment bouleversé son agenda politique pour descendre précipitamment à Goma aux fins de s’impliquer personnellement dans la recherche d’une solution pacifique à cette crise qui n’a que trop duré, a déclaré le président de l’Assemblée nationale lors d’une brève rencontre avec les médias.
En insistant sur le fait que la descente du chef de l’Etat visait surtout à identifier tous les éléments du blocage afin de pouvoir revenir dans le programme AMANI qui en principe devrait démarrer la phase de désengagement des forces sur le terrain. Cette phase, a encore souligné Vital KAMERHE devrait être suivie du départ de certains hommes de troupes vers les centres de brassage pour intégrer les forces armées régulières, les FARDC, ou retourner à la vie civile par la voie de la démobilisation.
Minova menacé par les éléments du CNDP
Hier vers 5 heures du matin, des affrontements violents à l’arme lourde ont éclaté entre les forces régulières et les éléments rebelles du CNDP sur la colline de Bukobati dans la localité de Bwenemana située à 5 km de Minova dans le Sud Kivu, une localité située juste à la frontière entre le Nord et le Sud Kivu et qui avait été rendue célèbre en juin 2004 pour avoir été investie pendant quelques jours par les éléments du général L. Nkunda fuyant les hommes des FARDC commandés par le général Mbuza Mabe qui venaient de reprendre la ville de Bukavu.
Chacune de deux parties accuse l’autre d’avoir repris les hostilités en attaquant ses positions. Et comme d’habitude, ce sont les populations civiles qui ont payé le prix le plus élevé : fuite vers la brousse, arrêt de toutes les activités commerciales et agropastorales dans toutes les localités avoisinantes des lieux d’affrontements armés et la Radio locale “ Radio Bubandano ” a cessé d’émettre pour ne pas exposer ses journalistes aux actes de représailles probables que pourraient commettre les hommes en armes en pareilles circonstances.
Les commerçants ambulants n’ont pas fait le mouvement vers Goma et toutes les écoles n’ont pas ouvert les portes par faute d’élèves. On a indiqué aussi la mort du préfet de l’institut de Bitonga tué dans une explosion d’une bombe lancée par les belligérants. Approché, M. Bertrand BISIMWA, rapporteur du bureau politique du CNDP a indiqué que les éléments de son mouvement sont décidés à pourchasser les FARDC jusqu’au moment où elles cesseront de menacer leurs positions. Comme quoi, la paix n’est pas pour demain.
(DN/Th/GW/Yes)Castro/Le Phare
Last edited: 17/09/2008 15:59:40