L’accalmie constatée à l’annonce du retrait des éléments du CNDP de Nkunda de quelques unes de leurs positions n’était que trompeuse, puisque les combats étaient encore signalés à plusieurs fronts ouverts par le même groupe armé déstabilisateur qui s’enfiche de narguer continuellement l’autorité de l’Etat

La situation sécuritaire demeure encore préoccupante à l’Est de la RDC. Et pour cause. Le langage des armes a repris sur plusieurs fronts dans les deux provinces du Kivu. Depuis le 28 août dernier jusqu’à ce jour, des affrontements entre les troupes loyalistes et les éléments du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda sont régulièrement enregistrés dans de nombreuses localités du Kivu. Comme en pareilles circonstances, les populations civiles en désarroi ont déserté leurs habitations pour aller se réfugier dans des zones les plus sécurisantes de ces deux provinces de l’Est du pays.
Et pourtant, une certaine accalmie a été observée pendant quelque temps. Ce qui avait donné de l’espoir à des milliers de déplacés soucieux de retourner dans leurs villages respectifs. Malheureusement, l’espoir n’a duré que l’espace d’un matin. Surtout avec la reprise des hostilités de ces derniers jours. Ce qui fait qu’actuellement, le nombre de déplacés n’a fait qu’augmenter dans les camps d’hébergement. Conséquence : les organisations humanitaires nationales et internationales sont, de nos jours, débordées par un important nombre de sinistrés.
L’opinion se souviendra que pour mettre un terme au conflit dans le Kivu, le gouvernement de la RDC, avec l’appui de la communauté internationale, avait initié un processus de paix. Lequel processus a débouché en janvier 2008 sur la convocation à Goma d’un forum dénommé “ Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les deux provinces du Kivu ”. Ces assises ont abouti à la signature de deux Actes d’engagements en faveur d’un cessez-le-feu, le désengagement des troupes et l’observance des principes humanitaires et des droits de l’homme.
Instaurer l’autorité de l’Etat
A l’issue des travaux, une nouvelle structure appelée Programme Amani a été mise sur pied. Ce Programme constitue un mécanisme national de suivi et de mise en oeuvre des résolutions et recommandations issues des travaux de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les deux provinces du Kivu. Au début, tous les groupes armés ont adhéré librement à cette nouvelle structure instituée par le président de la République, le 2 février 2008. Quelque temps après, le CNDP a séché les travaux du Programme Amani, au motif que ses revendications n’étaient pas prises en compte.
A noter que depuis la reprise des hostilités, à part le Pareco et les FDLR, la plupart des combats enregistrés opposent les éléments du CNDP aux soldats des FARDC.
Raison pour laquelle, tous les acteurs impliqués dans le processus de paix en RDC ont condamné la reprise des combats et demandé au mouvement politico-militaire de Laurent Nkunda à respecter scrupuleusement ses engagements.
Que faire pour mettre un terme au calvaire imposé depuis des années par les groupes armés aux populations du Kivu ? Cette question vaut son pesant d’or, quand on sait que l’insécurité qui sévit actuellement dans cette partie du pays constitue une épine dans le processus de paix en cours en RDC. C’est pourquoi, l’instauration de l’autorité de l’Etat dans tous les coins et recoins du Kivu s’avère indispensable. La tâche est, certes, difficile mais pas impossible. Compte tenu de la complexité de la question, l’implication de la communauté internationale est aussi attendue.
(DN/Yes/GW/Yes)Albert Tshiambi/Le Potentiel
Last edited: 17/09/2008 15:34:23