7 setembre 1997-7 setembre 2008 cela fait onze ans que mourrait le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga à Rabat, au Maroc.

A Kinshasa, aucune manifestation de souvenir de cette disparition sauf l’évocation dans les médias de cette disparition par Catherine Nzuzi wa Mbombo, la présidente du MPR- fait privé. Mais cet anniversaire a ressuscité à Kinshasa la sempiternelle polémique sur le rapatriement de la dépouille du dictateur disparu, mais aussi sur sa fortune personnelle. Les restes de Mobutu restent toujours enterrés dans le cimetière catholique de Rabat. Le rapatriement de ceux-ci bien qu’à l’ordre du jour sur le principe n’est pas encore acquis malgré des contacts lancés depuis 2002.
Le Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange a souhaité que des obsèques nationales au président disparu. Mais l’on suppute sur le flou entretenu sur le sort de la fortune de Mobutu logée dans les banques suisses.
Des sources crédibles au ministère r-dcongolais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale rapportent que les banques suisses pourraient rendre à sa famille, avant janvier 2009, les 8 millions de francs suisses - environ 5 millions d’euros de Mobutu.
La décision serait motivée par la justice suisse vexée par les grenouillages du gouvernement r-dcongolais à désigner un récupérateur de cet argent. Mme Micheline Caimy-Rey, l’on s’en souvient, est venue à deux reprises à Kinshasa, d’abord comme présidente de la Confédération helvétique, ensuite comme ministre des Affaires étrangères. Question de convaincre le gouvernement r-dcongolais à nommer un mandataire pour rapatrier les fonds nichés dans les banques suisses. Près de 40% de ces 5 millions d’euros devant revenir au peuple r-d congolais et les 60% restant allant à la famille Mobutu.
Controverse
La Suisse aura beau offert son assistance technique et juridique, Kinshasa ne s’en presse guère. Il appert que, désobligée par le peu d’intérêt que les autorités r-d congolaises portent sur cette affaire, la Haute cour de justice suisse a décidé de restituer, au plus tard le 15 décembre 2008, à la famille de Mobutu l’argent bloque.
“ Vous savez que la Suisse ne garde pas l’argent qui ne nous appartient pas ”, a fait savoir Micheline Calmy-Rey, lors de son dernier passage à Kinshasa, il y a encore quelques semaines.
La Suisse, on le sait, a rendu au Nigeria quelque 500 millions de dollars que le dictateur Sani Abacha avait placés dans ses banques, et a fait autant pour Haïti avec l’argent de Duvalier. “ Nous demandons au président de bien vouloir désigner un représentant en Suisse pour qu’une solution puisse être rapidement trouvée et que nous puissions avancer rapidement dans la résolution de ce problème ”, a insisté la diplomate suisse.
“ Dommage qu’il ne s’agisse que de 8 millions de francs suisses, au lieu des dizaines de milliards de dollars! ”, aurait répondu Kinshasa, citée par la presse helvétique.
Le très sérieux FT’, le “ Financial Times ” de Londres persiste et signe: il chiffre la fortune de Mobutu et de sa famille entre 4 et 8 milliards de dollars.
Ce butin de megestion, selon le journal de la City, a été lavé et logé en Suisse ou encore gardé ailleurs... Durant les années tumultueuses de la transition, dans les années 1990, la presse belge a soutenu que la fortune de Mobutu s’évaluait à quelque 40 milliards de BEF soit l’équivalent de la dette extérieure du pays.
Elle se fondait notamment sur une dizaine d’immeubles et châteaux en Belgique, un appartement à Paris, avenue Foch, une villa à Savigny (Suisse), une propriété de 10 ha a Roquebrune-Cap-Martin, des hôtels à Dakar, des maisons en Côte d’Ivoire, Maroc, Kenya, Tchad...
A Kinshasa, l’opinion publique s’étonne que le gouvernement n’ait jamais pensé a élucider le mystère de cette fortune. Nulle commission, nulle mission d’enquête. Pis, l’indifférence manifeste face aux requêtes des autorités suisses.
Dans les milieux proches de la famille, on explique qu’en réalité, Mobutu serait parti dans l’au-delà avec son secret bien conservé.
Il aurait été à ce point désabusé de la vie en général et du comportement des siens qui l’avaient laissé tomber dans la totale déshérence - qu’il n’aurait révélé à personne où il avait niché l’essentiel de sa fortune. “ Les comptes généralement connus de ses proches notamment dans les banques niçoises auraient été vidés à l’insu du dictateur malade celui ne s’en serait rendu compte que trop tard alors qu’il entrait dans l’agonie ”, explique un proche.
Dans son lit de mort clinique, le dictateur aurait piqué une telle crise qu’il se serait tu définitivement et n’aurait rien révélé sur le reste de la fortune avant de s’éteindre. Pour nombre de ces proches, “ il y a réellement fortune enfouie dans les banques, et désormais plus personne ne saura jamais rien. Une fortune fruit des bakchichs et péculats ”. Mobutu ayant décidé de déshériter les siens.
(SL/Ern./GW/Yes)Pold Kalombo/Le Soft
Last edited: 16/09/2008 16:49:00