Rebondissement du procès des présumés assassins de l’ancien député provincial de Kinshasa Daniel Botethi avec la présentation de nouvelles pièces au dossier par les parties civiles apparemment sur les traces du commanditaire du meurtre avec pour conséquence de retarder le verdict déjà attendu

Le sort de la bande à Patrick Mwewa et Kadi Munung que le Tribunal militaire de garnison de Ngaliema allait sceller le 12 septembre, n’a pas été révélé la semaine dernière, comme attendu. Ils demeurent encore au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa et doivent attendre pendant une interminable semaine.
Le suspense se prolonge
Lors de leur délibéré, les juges militaires se sont retrouvés non seulement devant de nouveaux griefs, mais aussi de nouvelles pièces versées au dossier, ainsi que de nouvelles demandes. D’où le tribunal militaire estime qu’il est logique dans le jugement à prononcer ultérieurement, qu’il puisse rencontrer toutes les parties dans leurs plaidoiries et qu’il ne persiste aucun point qui n’ait été examiné. La sentence sur les auteurs du crime perpétré sur la personne de vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa est renvoyée à plus tard.
Aujourd’hui, la réouverture des débats
Dans son jugement rendu vendredi, rappelons que le tribunal militaire s’est prononcé pour la réouverture des débats. Les juges militaires ont fondé cette décision sur plusieurs demandes soumises à leur examen par la partie civile Kankonde, le collectif des parties civiles Botethi et MLC, et les avocats-conseils de la république.
En effet, les avocats du brigadier Kankonde wa Kankonde, qui ont sollicité des dommages et intérêts de l’ordre de 6 millions de dollars, avaient fondé leur requête sur les risques majeurs encourus par le garde du corps de Botethi qui a échappé à la tentative de meurtre. Pour ces avocats, si le jeune policier est sorti indemne de la fusillade de la bande à Patrick Mwewa, c’est par miracle. Car, il était également pris entre plusieurs feux.
Les prévenus ont tiré sur la voiture, pendant que lui et son protégé y étaient encore. Le tribunal militaire, qui n’était saisi seulement que pour les infractions d’association des malfaiteurs, de meurtre et de vente des effets militaires, doit soumettre la nouvelle prévention aux débats, afin que toutes les parties puissent donner leur position en connaissance de cause.
Les juges militaires ont également relevé que les avocats des parties civiles Botethi et MLC avaient introduit dans le dossier, des documents dont les autres parties au procès n’avaient pas pris connaissance et qu’il était de bon droit que ces lettres et attestation soient portées à l’attention du ministère public et des avocats de la défense.
Ces lettres évoqueraient des conflits internes au sein du Bureau de l’Assemblée provinciale et qui auraient probablement un lien avec l’assassinat du député provincial Daniel Botethi. Dans les milieux des avocats de la famille du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, l’hypothèse d’un ou de plusieurs commanditaires peut se dégager à travers une enquête épistolaire à mener dans toutes les correspondances et rapports de cet organe législatif provincial. C’est là que se dissimuleraient les traces d’un ou de plusieurs commanditaires du meurtre de Daniel Botethi.
Et les avocats sont prêts à contribuer à ces investigations, afin que le jugement qui sera rendu par le tribunal militaire, reflète entièrement la recherche de toute la vérité dans cette affaire criminelle.
Pour la défense, Kankonde serait le meurtrier de Botethi
Une nouvelle demande introduite de manière fortuite au procès de Botethi, et rappelée dans les plaidoiries, est celle formulée par les avocats-conseils des prévenus. Unanimement, ils ont pointé le doigt accusateur sur le brigadier Kankonde qui, dans la nuit des faits, avait tiré plusieurs coups de feu en désordre, au point de faire fuir son protégé qui a estimé qu’il devait se trouver un abri, sans compter sur son garde du corps. Et quand une balle du policier Kankonde a atteint quelqu’un dans l’obscurité, une voix a lâché “ obomi ngayi ”.
Ce cri de constat et de déception, pour ces avocats, ne peut provenir que de quelqu’un qui le connaissait. Pour eux, il s’agit bel et bien de Botethi, mais pas des prévenus. Fort de cette version des faits, le collectif des conseils des prévenus réclame la tête de Kankonde et sollicite des poursuites judiciaires contre le jeune policier, en l’ayant dépouillé auparavant de sa fausse qualité de partie civile.
Au cours de leur délibéré, les juges militaires ont relevé d’autre part, que les avocats de la république ont évoqué la désertion simple dans les chefs des prévenus 1er sergent Kadi Munung, 1er sergent Inoki Lesene, soldat de 2ème classe Patrick Mwewa alias Songo Bololo, et sous-lieutenant Ngoy Kasongo alias Idriss alias Moto wa Katanga. Ils auraient ainsi agi sous la qualité de déserteurs et exonèrent la république de son statut de civilement responsable.
Le tribunal militaire de garnison de Ngaliema a constaté que pour appuyer leur démarche, les avocats conseils de la république n’avaient introduit à ce sujet aucune pièce au dossier. En outre, ils ont réclamé du tribunal que la qualité de partie civile que s’est attribuée Kankonde, lui soit retirée, car ne se justifiant pas. Le garde du corps qui a failli à sa mission de protéger le vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, ne peut à leur avis, exiger de dommages et intérêts de 6 millions de dollars à la république. Pour eux, il ne le mérite pas et doit faire l’objet de poursuites judiciaires en règle du chef “ d’abstention coupable ”.
(DN/Th/GW/Yes)J.R.T./Le Phare
Last edited: 16/09/2008 19:42:24