Haro sur l’aveugle arrogance de Nkunda dont la témérité le pousse à croire qu’il peut continuellement narguer le pouvoir en RDC et compter le déstabiliser à sa guise au profit de ses maîtres rwandais avérés principaux et cyniques tireurs de ficelle !

Fort de l’appui de Kigali désormais claironné sur tous les toits, le général déchu Laurent Nkunda(Batware) Mihigo veut-il prendre le pouvoir à Kinshasa ou - c’est du pareil au même - cherche-t-il à s’installer à Goma et... à Bukavu? Nkunda envoie une mise en garde - “la dernière”, écrit-il, pince-sans-rire, en signant de sa propre main.
“Si les agressions de ces derniers jours devraient reprendre, sous quelque forme que ce soit, y compris le tir d’une seule balle, alors, le CNDP y répondra avec la plus grande vigueur et ne s’arrêtera qu’après avoir mis définitivement fin à toute menace future”, écrit-il, “unilatéralement” en s’adressant à la terre entière, en commençant par les Nations Unies.
Le Parlement r-dcongolais qui effectue sa rentrée dès le début de la semaine lundi 15 septembre ne doit-il pas prendre la situation comme hautement menaçante et invoquer des “circonstances graves” qui mettent en cause, “d’une manière immédiate, l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des institutions” (art. 85 de la Constitution), et, dès lors, envisager, de concert bien entendu avec le Président de la République et le Premier ministre, de proclamer l’état d’urgence ou l’état de siège?
Jusqu’où Kinshasa pense-t-il pouvoir aller avec Nkunda? Quelle est précisément en cette matière la politique qui est menée par le gouvernement et avec quels résultats, à mi-parcours? Ce débat n’est-il pas si important pour la survie de l’Etat et de la Nation qu’il est du ressort de la représentation nationale? Si, pour diverses raisons - valables certainement -, un gouvernement ne peut faire face devant une situation aussi urgente ne serait-ce qu’en parcourant et en mobilisant le monde, les Chambres ne devraient-elles pas s’en occuper et prendre le relais?
L’heure enfin n’a-t-elle pas sonné pour que se pose une telle question? Sur un autre registre, on pourrait se demander si notre pays a déjà lancé les amarres avec l’une ou l’autre probable équipe (à venir) de Washington là où les Rwandais sont déjà à pied d’ œuvre?
Il est horrible que notre pays - après une énième guerre - en soit toujours réduit à se lamenter et à s’interroger sur la capacité de la riposte nationale et il est fou de s’imaginer que Nkunda pourrait un jour vaincre ce pays. C’est à croire que n’importe quel natif de ce pays - de quelque gabarit - peut le mettre à terre. Il suffit qu’il soit appuyé par Kigali. Jusqu’à quand devrions-nous attendre avant de dire: “ça suffit! Cela ne peut plus continuer”?
Y a-t-il des mâles ou - plus généralement des “mâles” - en R-dC?
La RDC conserve toutes ses chances d’échapper à la balkanisation !
On a beau les critiquer, ces Kivutiens sont des patriotes.
Et le pays doit remercier Dieu: jamais sans doute le peuple du Kivu ne saurait un jour se détourner du reste du pays et le Rwanda le sait trop bien.
C’est cela plus que tout autre qui fragilise sa position et le rend furieux: bien que pauvres, bien que mal gouvernés, bien qu’adeptes de l’hédonisme, aimant trop le plaisir, les voitures, la vie facile, la bière, la musique, la femme (Beer, Music, Wife, “Congo is BMW”, disent-ils), les R-dCongolais sont ce qu’ils sont. Ils continuent de prier Dieu pour qu’un jour Il pense à eux. Et il ne pourrait que penser à eux.

D’ailleurs, Il ne fait que cela: penser chaque jour à eux, les gâter. Autrement que serait devenu ce pays avec ses crises multiformes cycliques?
Dans son interview au “Soir” de Bruxelles, Paul Kagame déclare que la R-dC est un pays de malgouvernance - qu’il y règne des problèmes de “management” - sans doute! Mais dire que les Hunde et les Bashi ne peuvent que s’entremanger, les Bafulero et les Bavira ne peuvent que s’entretuer est totalement faux.
Mobutu a eu ses torts, mais jamais l’ex-Zaïre n’avait connu ces problèmes de cohabitation ethnique. Il a fallu sans doute le Rwanda - pilotant l’Afdl, c’est l’envers de la médaille - pour qu’un Zaïrois se rende compte que son voisin était étranger, un Munywarwanda, un Munyamulenge! Ce problème n’avait jamais existé auparavant.
Le Rwanda aime-t-il tant la R-dC ?
Qui ne sait que les guerres modernes sont des guerres économiques?
L’Internet grouille de documents - vrais ou faux - mais qui interpellent: tel pays serait devenu exportateur de diamant alors qu’il n’en produit pas.
Tel autre déclare du coltan dont son sous-sol ne regorge pas. La guerre que mène la Sonas contre la Monuc peut être une guerre perdue, elle demande à être menée: alors qu’elle travaille en R-DC, qu’elle détruit les routes de ce pays - qui n’en a pas, d’ailleurs -, par quel miracle la MONUC assure-t-elle ses véhicules - et ses chars - dans des pays voisins du Congo?
Gagner cette guerre financière ne signifie-t-il pas déclencher une autre? Le Léopard n’était pas qu’un vil dictateur. Un jour, il dit: “Il n’est pas facile d’être le Zaïre”. On en a ri, tant que tournait la planche. Un jour, Mobutu décida d’être plus précis: “le Zaïre est malade de sa force économique”. Nul n’avait compris. Il avait bien raison.
Au Kivu, Nkunda peut dire qu’il s’en va et qu’il revient; il peut prendre Goma et Bukavu. Il ne saurait les gouverner. Encore moins les séduire. Le Rcd-G en sait quelque chose.
Le journaliste français Stephen Smith me dit un jour: “le Congo est comme une énorme chambre à air qui attire. Elle vous attire et dès que vous y êtes dedans, elle vous étouffe”.
Il n’y a certainement pas un seul Rcd-G candidat au retour à Goma. Signe de l’échec de l’occupation. Signe de la force de ce pays. Pour sûr.
(DN/Ern./GW/Yes)Le Soft International
Last edited: 15/09/2008 14:00:14