Le président de la République s’est déplacé personnellement à Goma depuis samedi pour suivre sur terrain l’évolution de la situation militaire et humanitaire consécutive à la résurgence des hostilités la semaine dernière entre principalement le CNDP de Nkunda et les forces loyalistes des Fardc

Pour suivre de près la situation qui règne à l’Est de la Rdc depuis le 28 août dernier, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, est arrivé samedi à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Dès son arrivée, dimanche, le chef de l’Etat et sa suite se sont dirigés au gouvernorat de cette province, où le Président de la RDC a eu une séance de travail avec les autorités locales. Selon une source proche de la présidence, le Premier des Congolais est à Goma pour évaluer la situation militaire et humanitaire sur place après les affrontements entre les éléments fidèles au général dissident, le tutsi congolais Laurent Nkundabatware Mihigo, et les Fardc dans les territoires de Masisi et Rutshuru au Nord-Kivu.
Joseph Kabila essayera aussi de trouver les voies et moyens permettant de booster le Programme Amani en panne depuis l’initiative unilatérale du Congrès pour la défense du peuple (Cndp), mouvement politico-militaire de Nkunda, de reprendre les hostilités contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc).
C’est dans ce cadre qu’il a reçu dans l’après-midi Alan Doss, représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Rdc. Ce dernier est arrivé le même dimanche en fin de matinée, à Goma, en compagnie d’une délégation des ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité, des représentants de l’Union africaine (Ua) et de l’Union européenne (Ue). Les deux hommes ont fait un tour d’horizon complet de la situation dans le Nord et le Sud-Kivu avant de s’attarder sur le Programme Amani qu’ils ont considéré comme l’unique cadre pour la résolution du problème sécuritaire à l’Est de la Rdc, selon les informations glanées auprès du précarré présidentiel.
Dès leur arrivée, le Chef de la Monuc, les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité, des représentants de l’Ua et de l’Ue ont assisté à un briefing militaire sur la situation dans le Nord-Kivu. Le vendredi, le Conseil de sécurité des Nations Unies a déclaré sa préoccupation face aux combats qui ont opposé les Forces armées de la RDC aux éléments du Congrès national pour la défense du peuple, CNDP, au Nord et Sud-Kivu.
Le Conseil de sécurité a déploré le fait que les signataires n’aient pas respecté les engagements de paix: “ Dans cette déclaration, les 15 membres du Conseil soulignent que les affrontements récents violent les actes d’engagement de Goma, au terme desquels le CNDP et d’autres groupes armés des deux Kivus s’étaient engagés à observer un cessez-le-feu total et immédiat, à Procéder au désengagement de leurs forces en vue de leur brassage ou de leur désarmement, et à respecter strictement les ordres du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Les membres du Conseil ont déploré que les signataires n’aient pas respecté ni mis en oeuvre leur engagement, et ils ont exhorté le CNDP à mettre fin immédiatement à ces operations offensives et à regagner les positions qu’il occupait jusqu’au 28 août.
Comme dans toutes les situations de conflit, les affrontements entre les “ Nkundistes ” et les forces loyalistes ont fait des milliers de déplacés. Ces derniers ont fui leurs villages à la suite de la reprise des combats à l’Est de la RDC entre les forces du CNDP de Laurent Nkunda et les FARDC, notamment dans les territoires de Masisi, Rutshuru et une partie de Kalehe. La situation humanitaire demeure fragile. Les déplacés ne bénéficient d’aucune prise en charge, selon le professeur Mashako Mamba, chargé de la question humanitaire au sein du Programme Amani.
(DN/Ern./GW/Yes)Papy Mumputu/Le Palmarès
Last edited: 15/09/2008 13:45:42