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La culture congolaise à l’honneur aux Pays-Bas

Kinshasa, 12/09/2008 / Culture
Le couple Ignace Didier Masaki et Irène Masaki a organisé dernièrement à Enschede en Hollande une afro-kermesse pour raffermir les liens entre les Congolais de ce pays et les autochtones. A l’initiative du très respectable président de la fondation « Boyokani », Ignace- Didier Masaki en collaboration avec son épouse Irène Masaki, une afro-kermesse a été organisée le samedi 26 juillet à Enschede, ville de la province -ouest néerlandaise que les Congolais, par leur tempérament ont déjà transformé en « Matonge » (nom d’un quartier mouvementé de Kinshasa dont l’une des réputations reste l’ambiance à l’instar d’Ixelles à Bruxelles en Belgique) des Pays-Bas avec au menu la danse, le concours d’élégance… Le tout dans la gaieté. Le programme de la soirée a commencé à 19 heures comme prévu. Pendant que le service du protocole installait les participants,  un groupe des Néerlandais, joueurs des djembe, un instrument traditionnel africain, faisait la démonstration de leur talent en la matière alors que timidement, la salle se remplissait du monde.

« On est noire, mais on est belle »

Mais les choses sérieuses allaient encore venir. Car sur le coup de 19 h 30, le modérateur, Louis K. annonça la présence du docteur Rob Lokin, initiateur du festival africain de Hetme, qu’il présenta succinctement avant de l’inviter à prendre la parole pour un exposé sur l’histoire de la musique congolaise.

Tout le monde était étonné de la maîtrise avec laquelle cet Européen, docteur en médecine exprimait sa connaissance dans le domaine de la musique africaine.

 De cette conférence, on a par exemple appris la signification du terme « sébène » que les artistes musiciens congolais utilisent lorsqu’il s’agit d’exprimer la partie show de leurs chansons.

Passionné de l’Afrique, le docteur  a expliqué que ce vocable est la déformation congolaise du chiffre 7 « seven » en anglais. Car, a-t-il indiqué, le personnel blanc qui s’occupait des enregistrements des disques avant l’indépendance, s’exprimait en anglais.

Pour éviter la monotonie dans le rythme, il demandait aux guitaristes d’accélerer le rythme après la partie vocale pour pousser les gens à danser.

 D’où, il fallait que les guitaristes atteignent la note sept « seven », que les Congolais ont transformé en sebene. A la fin de son exposé, Rob Lokin a été fort ovationné par le public.

Après cet exposé, est venu alors le défilé de mode avec des enfants, des fillettes des parents congolais dont l’âge varie entre 6 et 10 ans nées aux Pays-Bas et dont dans les veines circulent deux cultures : africaine et européenne.

Il était merveilleux de voir comment ces filles entraînées par leurs charmantes aînées, Carine et Virginie ont amusé le public avec leur façon de danser, qui était toute particulière : pas très africaine, mais aussi pas européenne.

Après ces enfants ont cédé la place à leurs mères qui, lorsqu’elles ont été annoncées par le modérateur, tout le monde dans la salle s’est mis debout pour admirer la beauté africaine.

« On est noire, mais on est belle », a lancé Mado Losanda, l’une des participantes dans le public. « En tout cas aucun concept ne pouvait décrire comme il faut  la prestation de ces dames congolaises d’Enschede ce soir : démarche calme, danse lente et  coups de reins légers. Voilà pour tout dire elles ont électrifiée la salle.

L’entrée de « Klomp danse »

Puis vint le tour des autochtones, avec le groupe qu’on appelle en néerlandais, « Klomp danse », qui fait de la musique traditionnelle du lieu.

Les femmes étaient vêtues comme des religieuses catholiques, et les hommes en tenue de travaux champêtres. Ils dansaient en tournant comme des roues.  Et les Africaines n’ont pas hésité en entrant dans le cercle et c’était l’apothéose.

D’après les organisateurs, cette kermesse avait pour objectif, de provoquer le rapprochement des cultures hollandaise et africaine en général, congolaise en particulier, afin de casser les barrières raciales et d’éloigner d’Enschede et de ses banlieux, les préjugés qui ont souvent distancié les deux peuples, les deux cultures.

Pour Junior Jean-Marie Losanda, un Congolais résidant sur place, « il faut multiplier ce genre d’activités, c’est-à-dire, qui permettent de jouer, danser, boire et manger ensemble pour mieux nous découvrir, mieux se connaître afin que la muticulturalité qu’évoquent et souhaitent à longueur de journées le politiciens ne soit pas un vain concept, vide de sens, mais une réalité comme celle que nous avons vécu ».

Tel était, en quelques mots, le film de la soirée culturelle organisée à Enschede par un Congolais, pour le bonheur de tous. Une fête bien réussie.

(BT/PKF)

Odon Kakesa/MMC

Last edited: 12/09/2008 16:32:46

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