Commentaire de l’ambassadeur congolais Mindia Monga sur la situation critique resurgie à l’Est de la RDC depuis la reprise de la guerre dans cette partie du pays, ce pour lequel le diplomate préconise la mise en place d’une force d’intervention appelé à rétablir la paix.

La situation sécuritaire à l’Est du pays est on ne peut plus préoccupante. Depuis le 28 août dernier, les nouvelles en provenance du Nord-Kivu font état d’affrontements sanglants entre les FARDC et les éléments du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) dans le territoire de Rutshuru. Qualifiés de très violents, ces combats ont fait de nombreuses victimes et des blessés graves du côté des rebelles.
La reprise des hostilités entre l’Armée régulière et les insurgés fidèles à Laurent Nkunda prouve, si besoin en est, que la paix est loin d’être rétablie dans cette partie du pays après la signature de l’Acte d’engagement de Goma par le CNDP de Laurent Nkunda, qui malgré l’adhésion de son mouvement au Programme Amani, continue à combattre les Forces armées de la RDC au su et au vu de la Monuc.
Cette situation n’a que trop duré. En effet, comment est-il possible que la Mission onusienne en RDC qui a toute une armada dans la partie Est ne soit pas capable de neutraliser l’ex-général et ses hommes qui se livrent impunément aux exactions de toutes sortes ? La Monuc est-elle vraiment au service du peuple congolais ? Pourquoi la même Monuc qui a reçu mandat pour sécuriser les personnes et leurs biens n’impose-t-elle pas la paix en recourant à la force en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ?
Selon certains analystes, le rétablissement d’une paix durable à l’Est de la République ne sera jamais l’œuvre de la Mission des Nations Unies en RDC compte tenu de sa passivité et de son immobilisme sur le terrain. En 2004, pendant que la ville de Bukavu était attaquée et occupée par le général Nkunda et le colonel Mutebusi, la Monuc n’avait opposé aucune résistance pour empêcher la chute de la ville. Pour cela, la population avait exigé son départ de la RDC et son remplacement par une force d’intervention rapide. Allusion faite à “ Artémis bis ” pour rétablir la légalité.
Au plan humanitaire, les déplacés de guerre de l’Est ont également manifesté dans un passé récent le mécontentement contre les soldats onusiens pour n’avoir pas apporté l’assistance voulue aux victimes de la guerre. De ce fait, elle (Monuc) a été disqualifiée et a perdu toute crédibilité auprès de ces populations condamnées à l’errance et à la mendicité. D’autre part, s’agissant de la guerre qui sévit à, l’Est, beaucoup semblent ignorer que celle-ci ne peut se terminer que si les Casques Bleus changent leur attitude partisane vis-à-vis de Nkunda, qui pour certains d’entre eux, est considéré comme un héros, qui combat pour une cause juste et noble.
Ainsi, fort de cet appui qui lui a été manifesté par un officier de la Monuc fin mandat, et par tant d’autres qui agissent dans l’ombre, Nkunda continue à narguer les autorités du pays issues des élections libres et démocratiques: Titre illustratif, l’Acte d’engagement signé le 23 janvier dernier à Goma, à l’initiative du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, avait pour finalité de faire revenir au Nord et du Sud-Kivu la paix durable et de permettre la reconstruction et le développement, de la partie est de la RDC, en mettant fin à la routine de la guerre par le dialogue intercommunautaire. Cependant, cet acte d’engagement a été violé à maintes reprises par les signataires, dont Nkunda a atteint le triste record. Excédée par son entêtement, la population de Rutshuru a manifesté contre la noblesse dont la Monuc fait montre vis-à-vis du chef rebelle du CNDP. Comportement qui cadre avec l’expression onusienne “ No Nkunda, No Job ”.
Nécessité d’une force d’intervention rapide
“ La Monuc, ayant prouvé, ses limites et son incapacité à soutenir les Forces armées de la RDC pour rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, devrait être remplacée de préférence par une Force européenne ayant déjà opéré en République Démocratique du Congo. Contrairement à la Monuc, son mandat devrait consister à oeuvrer pour la défense de l’intégrité territoriale.
Avec la reprise des combats à l’Est et la crise humanitaire qui en résulte (plus d’un million de déplacés de guerre), la situation en RD Congo prend une tournure dramatique qu’il faut vite régler. Aussi, compte tenu de l’urgence, cette question mérite d’être examinée au Conseil de sécurité ou à la prochaine Assemblée générale pour décision.
(DN/Th/GW/Yes)Le Phare
Last edited: 13/09/2008 14:07:29