La toile de fond qui ne dit pas son mot sur les hostilités reprises à l’Est de la RDC demeure la cynique entreprise de pillage continuellement dénoncé en vain des richesses du pays pour l’appauvrissement de ce dernier et l’hypothèque de son développement par sa déstabilisation.

Depuis le début du mois de septembre courant les affrontements ont repris dans l’Est de la République démocratique du Congo entre les FARIDC et les hommes du CNDP du général Laurent Nkunda. Selon un communiqué de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc), quatre zones principales ont été le théâtre d’affrontements au Nord-Kivu et au Sud-Kivu le mardi 9 septembre 2008, avant de faire l’objet d’interventions majeurs des troupes de la Monuc.
Au Nord-Kivu, plus précisément à Kirotche, localité située à 10 kilomètres au sud de Sake, à une vingtaine de kilomètres de Goma, les casques bleus se sont interposes entre des éléments des Maï-Maï Cobra et du Congres national pour la défenses du peuple (CNDP), pour les empêcher d’avancer vers le centre de la localité.
La base opérationnelle mobile du contingent sud-africain de la Monuc s’est retrouvée sous le feu croisé de ces groupes armés, indique le porte-parole de la Monuc, la Force de la Monuc sur terrain, appuyé par les hélicoptères de combat, a permis d’empêcher cette progression. Les casques bleus de la base mobile ont pu récupérer les civils en débandade, qui avaient fui la localité effrayés par les tirs, afin d’en assurer la projection, a déclaré la porte-parole de la Monuc Sylvie van Den Wildenberg.
Au Sud-Kivu, les éléments de CND ont tenté au début de la semaine de prendre la localité de Minova, sans succès. Les casques bleus de la brigade du Nord-Kivu ont ainsi renforcé leurs effectifs dans la localité, et ont ainsi pu assurer la protection des populations de ce centre urbain ainsi que les déplacés qui avaient fui les environs proches pour s’y réfugier.
Le pillage en silence
Cependant, alors que sur le terrain les affrontements ont redoublé d’ardeur, des sources concordantes informent que plusieurs tonnes de cassitérites, d’étain, de l’or et d’autres minerais quittent le territoire concerné vers les pays voisins. Des membres de l’organisations non gouvernementales basées dans l’Est de la RDC soutiennent que le pillage des richesses de la RDC s’est accentué depuis plusieurs mois. “Les trafiquants parmi lesquels ‘on signale les interahamwe, les groupes rebelles congolais, mais aussi de exploitants miniers congolais et étrangers profitent de la situation de guerre et de désordre qui règne dans l’Est de la RDC pour exploiter illégalement les richesses minières de la RDC“, a déclaré Isidore Kanyoni, membre d’une Ong basée à Bukavu.
Il dénonce l’existence dans les zones de combats des routes sablonneux qui servent de piste d’atterrissage et de décollage des avions qui, vraisemblablement, viennent de tous les coins pour venir prendre les matières précieuses tirées du sol congolais. “Dans cette atmosphère de la guerre, ces avions atterrissent parfois avec leur cargaison des armes, sur ces pistes de fortune. Ils décollent quelques heures après avec des cargaisons des richesses provenant de la RDC. Nous lançons un appel à la communauté internationale pour qu’elle s’investisse afin de mettre fin à ce cercle vicieux“, a expliqué Innocent Musungula.
Il a poursuivi en affirmant qu’il est actuellement difficile de quantifier le flux des matières premières qui quittent frauduleusement la RDC vers l’étranger en ce contexte précis de la guerre dans l’Est.” L’absence de l’autorité de l’Etat dans ces zones font que le pillage des ressources naturelles de la RDC se porte bien “, a-t-il conclu.
Au parc national des Virunga, plusieurs Ong environnementales signalent le massacre d’une centaine d’éléphants, d’hippopotames et de gorilles des montagnes par ces groupes armés friands de l’ivoire, de peaux d’animaux et de la viande. Depuis le début de la guerre en RDC, le parc national des Virunga a payé un lourd tribut avec les massacres répétés de plusieurs espèces animales.
Dans leur déclaration faite au début de mois de juillet 2008, les évêques de la Conférence épiscopale de la RDC ont dénoncé avec virulence les pillages des richesses du Congo par des congolais et des étrangers qui, a en croire les évêques, sont légions dans les zones minières de l’EST du pays: “La guerre et le désordre est une occasion pour certains compatriotes et étrangers de réaliser de fructueuses affaires. C’est de l’argent sale, de l’argent obtenu sur le sang des victimes de la guerre en RDC” se sont indignés les évêques de la RDC.
Face à la dégradation de la situation dans la partie orientale de la RDC, les autorités congolaises ont l’impérieuse mission de sortir de leur léthargie en menant une diplomatie active et agressive au niveau international pour montrer qu’à côté de la guerre de type moyenâgeux qui fait chaque jours de centaine de victimes se développement les pillages des richesses de la RDC. Un pillage savamment entretenu par tous ceux qui ne veulent pas que la RDC retrouve la paix et la stabilité.
(DN/Th/Yes)Luc-Roger Mbala Bemba/L’Observateur
Last edited: 13/09/2008 14:07:17