Le malaise dans le secteur de santé n’aura pas été décanté avec la fin de la grève des médecins dès lors que le personnel auxiliaire déclenche aussitôt son boycott de travail sur toute l’étendue du territoire en signe également de revendication de meilleures conditions sociales.

Infirmiers, techniciens de laboratoire, échographe, radiologue, anesthésiste, nutritionniste, kinésithérapeute, et autres administratifs des hôpitaux des services publics de l’Etat reprennent aujourd’hui, sur toute l’étendue du territoire national, une grève sèche. Laquelle grève a été suspendue au mois de janvier. Au centre de leurs revendications, des contraintes budgétaires liées au non paiement ou aux arriérés du salaire, de la prime des risques et autres avantages financiers liés à l’exercice de leur métier.
Cette décision a été prise par les dirigeants et délégués des syndicats des professionnels de la santé au cours d’une assemblée générale tenue le lundi 08 septembre 2008. Il s’agit du Syndicat National des Cadres, Agents, employés des Secteurs des Services (Syricass); de la Solidarité Syndicale des Infirmiers du Congo (Solsico); et du Syndicat National du Personnel Technico-Administratif des Secteurs des Services (Synapetas).
“ Nous avons fait un constat amer selon lequel le gouvernement a toujours tendance à résoudre les problèmes partiellement ”. . ., alors qu’il fallait résoudre les problèmes globalement , “ a indiqué le porte-parole des trois syndicats, Mutamba Mpoyo Tapoy. Un autre constat, poursuit-il, ” est que nous sommes restés les enfants omis, oubliés ou même négligés du ministère de la santé. Tel étant le cas, l’option ramenée est que nous devrions déjà entrer en grève depuis mardi. Pour des raisons d’ordre pratique, tous les syndicats de la santé avons décidé de commencer ce jeudi à 8 heures dans toutes les institutions publiques.
Pour un aboutissement heureux de cette grève qui se déclenche aujourd’hui, les dirigeants de ces trois syndicats de la santé invite leurs membres à rester fermes et à ne céder aux influences de qui que ce soit. A en croire ces syndicats, les membres qui ne ses plieront pas à cette décision, ne bénéficieront pas des fruits de la grève.
Pour ne pas préjudicier leur membre, ces syndicats ont prévu de mettre en place une équipe devant assurer la permanence dans le cas où un des leurs tomberait malade. Les dirigeants du Synapetas ont promis de rejoindre les autres après trois jours, pour lui donner le temps d’informer sa base.
Principales revendications
Les charges, au total neuf (9), qui sont reprises sur la liste de leurs revendications sont celles réclamées depuis la grève du mois de janvier de l’année en cours. En effet, c’est depuis novembre 2007 que ces syndicats ont rappelé au gouvernement la correction de leur salaire par rapport à ce qui a été fait dans l’administration publique. “ Notre dernier qui a niveau d’études supérieures au huissier continue à toucher moins que celui-ci. Il touche le ¾ du huissier et cela se répercute à tous les grades ”, souligne Mutamba Mpoyo Tapoy.
D’une part, ils veulent également que la prime de risque soit actualisée et corrigée, car depuis septembre 2007 jusqu’à ce jour, aucun effort n’a été fait, reprochent-il au gouvernement. D’autre part, ils réclament que la prime de risque des provinciaux resté en suspens depuis l’année passée, soit payée.
Aussi, le problème de complément de salaire, le manque de la paie de septembre 2007 au Katanga, à l’Equateur et au Bas-Congo soit corrigé et payé. “ Là, nous n’avons parlé que d’aspects budgétaires, mais il y a aussi un tas d’autres problèmes liés aux aspects administratifs et gestionnaires. Nous ne faisons que le rappel de ce qui a été fait, dit et convenu. Nous pensons que trop c’est trop, car jusqu’aujourd’hui, aucune autorité n’a fait cas de nos revendications et nous n’avons pas toujours trouvé de solution , souligne le porte-parole de ces trois syndicats.
Dans une lettre adressée au ministre du Budget en date du 21 août 2008, les syndicats de la santé ont donc proposé à ce dernier de répondre de manière urgente à leurs revendications restées sans solutions depuis plusieurs mois. Ce, en vue de prévenir l’intensification des mouvements sociaux et maintenir ainsi la paix sociale dans les services de santé. Sur cette liste, les syndicats de la santé énumèrent ce qui suit :
- Corriger, avec effets rétroactifs, à partir de septembre 2007, l’erreur commise lors de la paie des salaires du mois ci-haut, erreur qui avait fait perdre à chacun des professionnels de santé un montant de plus ou moins 20.000 Fc ;
- Payer le manque à gagner sur les salaires du mois de septembre 2007 aux personnels de santé de trois provinces qui étaient victimes d’une erreur commise par la Direction de la paie (Katanga, Equateur et Bas-Congo) ;
- Fixer la grille barémique des salaires des professionnels de santé de 2009 en respectant les indices réglementaires accolés à leurs grades statutaires et intégrer l’impact budgétaire ainsi trouvé dans le budget 2009 ;
- Payer la prime de Kisantu ou prime de recensement aux professionnels de santé, à l’instar de leurs collègues administratifs de la santé qui en sont bénéficiaires ;
- Réajuster le taux de la prime de risque des personnels de santé dans le respect des équivalences des grades entre groupes des professionnels de santé ; équivalences partiellement rétablies à Kinshasa au moyen des paies complémentaires ;
- Etendre l’application du principe d’équivalence des grades aux personnels de santé des provinces dans le budget 2009 ;
- Liquider mensuellement de manière automatique les compléments des primes de risque des professionnels et administratifs de la santé sans qu’il soit nécessaire que les syndicats le rappellent chaque mois ;
- Payer les 5 mois d’arriérés des primes de risque des professionnels de santé des provinces ;
- Exécuter fidèlement les clauses du Protocole d’Accord signé le 12 Janvier 2007 entre le gouvernement et les syndicats de la santé.
(DN/Milor/GW/Yes)Gypsie Oïssa T./Uhuru
Last edited: 12/09/2008 15:42:57