L’ouverture lundi prochain de la session ordinaire de septembre à l’Assemblée nationale s’annonce cruciale au regard de croustillants dossiers qui ont émaillé principalement la vie parlementaire et même de la montante grogne du front social.

C’est ce lundi 15 septembre que s’ouvre la session ordinaire dans les deux chambres du Parlement. Traditionnellement consacrée à l’examen du projet budgétaire de l’exercice prochain, elle risque d’être dominée par des matières liées à l’actualité brûlante de l’heure.
Point n’est besoin de rappeler que le pays traverse de nouveau une crise multiforme. Au plan social, la grogne est en train de gagner plusieurs secteurs de la vie nationale. Des grèves et menaces de grève sont enregistrées dans les secteurs tant public que privé. Alors que les médecins viennent de suspendre la leur, les infirmiers de leur côté ont repris le flambeau à leur manière. Ce qui donne à penser que les problèmes du corps médical n’ont été résolus qu’en partie.
Or, le médecin ne travaille jamais seul. Il est toujours assisté par des paramédicaux et des membres de l’administration hospitalière. Sans une solution globale, des foyers de crise vont continuer à secouer le secteur de la santé publique.
Le “ virus ” de la grève, souvent à forte contagion, vient d’infecter les agents et fonctionnaires de l’Etat. Ceux-ci, après l’évaluation de leur situation le mercredi 10 septembre lors de leur assemblée générale tenue à la place Golgotha, ont décidé d’observer une grève générale sur l’ensemble du pays, au motif que l’Etat n’a pas tenu ses promesses.
Du côté de l’EPSP, c’est toujours la confusion autour de la rentrée scolaire. Le gouvernement et les syndicats crient chacun victoire. Pour le premier, la rentrée scolaire a eu lieu malgré l’appel au boycott des syndicats des enseignants. Tandis que pour ces derniers, le mot d’ordre est respecté partout à travers le pays, en dépit de quelques mouvements timides de reprise des cours dans quelques établissements de Kinshasa.
Un autre front, qui ne laissera jamais tranquilles les députés, est la reprise de la guerre à l’Est du pays, où l’armée nationale et les troupes du CNDP s’affrontent dans les territoires de Rutshuru et Masisi, au Nord-Kivu.

Face à toutes ces questions d’intérêt national, il va être du devoir des élus du peuple d’apporter leur éclairage à la Nation. Il est permis de croire qu’avec la moisson de leurs rapports de vacances, des éléments nouveaux pourraient être versés dans la corbeille de la compréhension collective.
Budget 2009 : des couacs
L’examen du budget de l’Etat pour l’exercice 2009 risque d’être marqué par une série de désaccords entre l’exécutif et le législatif. Des signaux sont perceptibles dans ce sens. On pense notamment aux dérapages constatés dans l’exécution des prévisions budgétaires de 2008, bien qu’il ait été promulgué avant l’entame de l’année.
Or, avant d’attaquer le nouveau projet de budget, les députés devraient savoir à quoi a réellement servi le précédent. L’heure des comptes pourrait être houleuse, car la représentation nationale a de plus en plus le sentiment que l’Exécutif national n’en fait qu’à sa tête dans l’utilisation des ressources financières de la République.
Des arriérés parlementaires à évacuer
La représentation nationale sera également appelée à vider des “ arriérés parlementaires ” des sessions antérieures. Plusieurs lois non traitées pourraient être inscrites au calendrier des matières de la future session. Les rapports des commissions permanentes et ceux des commissions spéciales d’enquête devraient en principe être aussi revisités.
(DN/Yes/GW/Yes)Dom./Le Phare
Last edited: 12/09/2008 14:50:27