Nouvelle catastrophe humanitaire en vue à l’Est de la République où des milliers de compatriotes civils sont derechef désemparés devant les combats qui ont repris depuis quelques jours avec les affrontements que les hommes de Nkunda ont encore engagés contre les Fardc.

Après quelques mois de relative accalmie, le conflit armé entre les troupes gouvernementales de la République démocratique du Congo et le mouvement d’opposition armée du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dans le Nord-Kivu (Est du pays) a repris. Dès fin août dernier, des combats d’une forte intensité s’y sont en effet déroulés. Les affrontements touchent également une partie de la province du Sud-Kivu, notamment la localité de Numbi.
“Des milliers de personnes déjà fragilisées par de nombreux déplacements et des conditions de sécurité précaires subissent actuellement les conséquences directes des nouveaux affrontements”, explique Luc Haas, chef de la sous-délégation du CI CR au Nord-Kivu.
Malgré les problèmes d’accès dus à l’insécurité, le CICR, en coopération avec la Croix Rouge de la République démocratique du Congo, poursuit ses activités en faveur des victimes du conflit armé, des blessés en priorité. Ces derniers bénéficient d’une prise en charge d’urgence de la part des membres du personnel médical du CI CR. En outre, des médicaments et du matériel médical sont fournis aux structures de santé situées dans les zones de combat.
Le CICR rappelle à toutes les parties au conflit l’obligation qui leur incombe en vertu du droit international humanitaire de respecter la vie et l’intégrité des populations civiles, des blessés et des personnes capturées dans le cadre du conflit armé.
Les combattants sont également tenus de veiller constamment à épargner les personnes civiles et les biens de caractère civil dans la conduite de leurs opérations militaires. Les femmes et les enfants bénéficient d’une protection particulière: tout acte de violence sexuelle constitue une violation grave du droit international humanitaire, et le recrutement d’enfants dans les forces armées ou dans les groupes armés est interdit.
Toutes les parties au conflit ont également l’obligation de respecter les biens indispensables à la survie des civils, tels que les denrées alimentaires, le bétail et les installations d’eau potable. Elles doivent autoriser et faciliter le passage rapide et sans encombre des secours destinés à la population civile. L’emblème de la croix -rouge, le personnel des opérations de secours humanitaire et le matériel affecté à ces dernières doivent être respectés et protégés en toutes circonstances.
MSF s’inquiète du sort des déplacés

L’Organisation non gouvernementale (ONG) Médecins sans frontières (MSF) a exprimé le mercredi 10 septembre 2008, à Paris, son inquiétude face à la situation progressive des combats au Nord-Kivu, lesquels ont conduit des centaines de milliers de personnes à fuir la localité de Nyanzale. C’était au cours d’une conférence de presse que la responsable des programmes de MSF en RDC a tenu mercredi, indique l’Agence France presse (AFP).
“ Nous assistons depuis dix jours, à une escalade de la violence sur la zone de Rutshuru, avec un grand renforcement des FARDC, des tirs à l’arme lourde et une fracture évidente entre l’armée loyaliste et la Mission de l’Onu au Congo (Monuc) ”, a expliqué Coralie Lechelle, avant d’ajouter : “Comme la plupart des acteurs humanitaires, MSF a réduit en grande partie son équipe de Rutshuru ”. Elle a précisé aussi qu’une trentaine de blessés civils et militaires avait été soignée par l’équipe chirurgicale restant sur place au cours de ces dix derniers jours.
La responsable humanitaire de MSF a, en outre, fait remarquer que les éléments du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, s’étaient retrouvés coincés dans la localité de Nyanzale, ville située au Nord-Est de Rutshuru, où se trouvaient notamment des camps de déplacés abritant 250.000 personnes. Après la reprise des attaques dans la zone, Mme Lechelle a fait voir que la réaction des populations comme d’habitude a été la fuite. Il ne reste plus un civil sur la zone.
La responsable de MSF déplore le fait qu’elle se retrouve dans une énième fuite avec des centaines de milliers de personnes vers le Nord, dans les localités de Kayna et Kanyabayonga. L’objectif, pour elle, est d’essayer d’apporter un soutien à ces populations nouvellement déplacées dans un contexte humanitaire extrêmement préoccupant, dans une zone de montagnes difficile d’accès et pendant la saison des pluies.
MSF déplore aussi le fait que ce conflit ne suscite pas l’attention qu’il mériterait. Coralie Lechelle a, en outre, souligné que les Nations unies ont déployé en République démocratique du Congo, la plus importante force de paix dans le monde, actuellement évaluée à 17.000 Casques bleus qui se montrent pourtant dans l’incapacité d’imposer la paix.
(DN/PKF/GW/Yes)CICR/Forum des As/Le Potentiel
Last edited: 12/09/2008 13:54:48