A Kinshasa, divers marchés sont nés et plusieurs jeunes sont devenus des commerçants. Mais ces marchés devenant saturés par le surnombre des vendeurs, certains se sont vus obligés d’exercer leur commerce le long des artères de la ville.

C’est ainsi qu’au marché Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu, plusieurs commerçants se sont mis à vendre le long de l’avenue de l’Ethiopie. Il y a quelque temps, le gouvernement provincial de Kinshasa avait pris un certain nombre de mesure interdisant la vente le long de l’avenue Ethiopie, intimant ainsi l’ordre à tous les vendeurs de regagner l’intérieur du marché. Cependant, cette mesure n’a pas résolu le problème des vendeurs de l’avenue Ethiopie. Ces derniers deviennent de plus en plus nombreux sur cette artère que l’autorité publique veut dégager.
Des aliments vendus à même le sol
Mais ce qui est regrettable dans cette histoire, c’est que ces vendeurs n’ont pas d’étales. Ils vendent leurs marchandises à même le sol. Pis, ces marchandises sont pour la plupart des denrées alimentaires notamment les légumes de toutes sortes, du Poisson, des croupions, des poulets, des ingrédients, des habits, etc.
Dans un marché où le salongo, entendez par là le balayage du marché, ne se fait que le samedi de 7h à 10h, il y a lieu de s’interroger sur la qualité des marchandises vendues dans ce marché à même le sol. Cette saleté que nous côtoyons chaque jour et qui arrive sur nos tables, n’a-t-elle pas de répercussions sur la santé des milliers de personnes.
Poussière, boue, sachets uses, eaux usées, etc, sont le lot quotidien de ces marchandises vendues à même le sol. Leurs clients sont légions et ne sont aucunement dérangés par cette saleté. “ Je sais que même si j’achète le pondu vendu à même le sol, j’ai de l’eau à la maison, j’irai bien le nettoyer et c’est bon ”, a laissé entendre une jeune dame venue faire son marché à Gambela.
Cependant, avec l’arrivée des machines broyeuses de pondu plusieurs femmes préfèrent acheter ces légumes et les faire broyer à la machine sur la place du marché au lieu de retourner les piler à la maison. Pourtant il suffit de se rendre sur place pour se rendre compte des conditions dans lesquelles ces pondus sont lavés et broyés. Ce sont des grands bassins remplis d’eaux déjà usés qui servent à layer en lieu et place des robinets. Les ménagères sont bien placées pour savoir quelle quantité d’eau suffit pour bien layer ces légumes. Et seuls les spécialistes peuvent renseigner sur la qualité des ces denrées qu’on lave à peine avec de l’eau parfois insalubre.
De plus, ces vendeurs, toujours traqués par les policiers, sont obligés de s’enfouir avec leurs marchandises en main à chaque descente de ces derniers sur le marché pour arrêter les vendeurs “ pirates ”.
Pas prêts à partir
Mais la présence de ces policiers ne les arrête pas du tout. Ils ont trouvé une astuce peur échapper aux policiers qui, à leur passage, emportent la quasi-totalité des marchandises de nombreux vendeurs sinon les foulent aux pieds. A la vue des policiers, le cri d’alarme est; “ yebelela ” ou “ yebela vision ”. Lorsque ceux qu vendent à même le sol entendent ce cri, chaque vendeur s’enfouit avec ses marchandises sur la tête. Ces agissements se répètent à longueur de journée, toute la semaine voire durant tout le mois. Aucune garantie ne peut donc être assurée pour ce genre de marchandises.
Un vendeur de ce marché a expliqué la raison de ces pratiques. “ On nous a demandé de regagner l’intérieur du marché ou nous pouvons trouver des tables. Mais, nous ne pouvons pas tous y aller, car il n’y a plus de place! Entretemps nous devons vendre pour survivre.
Un défi pour tous
Ces vendeurs qui sont toujours présents au marché avec leurs marchandises à même le sol, ne sont pas prêts à partir de ce lieu. “ Parmi nous il y a des veuves et même ceux qui ont obtenu un diplôme de graduat ou de licence, mais sont ici faute de mieux ”, a déclaré une vendeuse ambulante. Chaque conscience se trouve donc interpellée par cette situation. Les vendeurs de divers marchés de la capitale sont appelés à rompre avec cette pratique qui ternit l’image de la Société congolaise.
L’hôtel de ville de Kinshasa, qui veut que cette ville revête de sa plus belle robe d’antan, devrait se pencher sur la question. Le gouvernement provincial, qui a pris une série de mesures, est appelé à y remédier. On se rappellera que plusieurs mesures prises par les autorités, il y a quelque temps, ne sont toujours pas respectées par les Kinois. Le défi est donc à relever, non pas seulement par les autorités congolaises, mais aussi par la société congolaise toute entière.
(GM/Milor/Yes)Clara Luntala/Uhuru
Last edited: 11/09/2008 10:13:48