“ Maintenant que près de 80% des suffrages ont été dépouillés et malgré tout ce qui a pu se produi­re, le leadership de l’Unita doit accepter le résultat des élections ”, a déclaré son président, Isaias Samakuva, cité par l’agence de presse d’Etat Angop.

Le leader de l’Union nationale pour l’indépen­dance totale de l’Angola (Unita) a ensuite “ souhaité que le parti au pouvoir di­rige le pays dans l’intérêt de tous les Angolais. ”

Selon des résultats partiels annoncés lundi soir et portant sur 78,46% des suffrages, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) a re­cueilli 81,7% contre 10,38% pour l’Unita.

Le MPLA, qui dispo­sait à l’Assemblée nationale de 129 sièges sur 220 avant le scrutin, semble avoir at­teint son objectif : décrocher une majorité des deux tiers qui lui permettra de réviser la Constitution temporaire adoptée en 1991.

L’Unita avait d’abord tenté de contester ces ré­sultats en s’appuyant sur les problèmes logistiques rencontrés vendredi dans la capitale, où de nombreux bureaux de vote n’avaient pas ouvert à l’heure, faute de bulletins de vote et de listes d’émargement des électeurs.

Ces retards avaient conduit la Commission électorale nationale (CNE) à prolonger d’une journée les operations de vote à Luanda. Invoquant ces irrégularités, l’Unita avait de­mandé à la CNE d’organiser un nouveau scrutin dans la capitale, mais son recours a été rejeté lundi soir.

Dès dimanche, l’Uni­ta avait néanmoins écarté toute autre option que la voie légale pour contester le déroulement de ces législa­tives, balayant le spectre d’un retour au conflit armé qui a opposé le MPLA et l’Unita durant 27 ans.

Ces élections étaient les premières organisées depuis la fin de la guerre civile en Angola. Les seules et uniques élections jamais organisées avant ce scrutin avaient eu lieu en 1992, à la faveur d’une trêve entre le MPLA et l’Unita.

A l’époque, le leader de la rébellion Jonas Sa­vimbi avait rejeté sa défaite et repris les armes. Seule sa mort en 2002 avait mis un terme définitif au conflit, qui a fait au moins un demi million de morts.

La position de l’Uni­ta lundi était également de­venue plus difficile compte­ tenu des rapports positifs rendus par les différents observateurs internationaux sur le déroulement du scru­tin.

La mission des ob­servateurs européens, qui avait évoqué “ désastre ” vendredi à Luanda, a ainsi souligné que “ de terme de désastre ne s’appliquait pas à l’ensemble du proces­sus ”.

Au contraire, les élections ont été “ transpa­rentes et démocratiques ”, a estimé la chef de mission Luisa Morgantini. “ Les gens ont voté en toute liberté et nous n’avons vu aucun si­gne de violence ou d’inti­midation durant la campa­gne. ”

La mission a conclu que l’Angola avait “ fait un pas positif vers la démocratie ” malgré des faiblesses dans l’organisation, des problèmes de procédures et une faible place accor­dée à l’opposition dans les médias.

L’Union africaine (UA) avait auparavant dres­sé un constat encore plus positif, qualifiant les élec­tions de “ libres, démocra­tiques et transparentes ”. Les problèmes rencontrés à Luanda “ ne peuvent pas remettre en cause l’issue du scrutin ”, avait précisé le chef de la mission, Benjamin Bounkoulou, vice-président du Sénat du Congo.

Le président portu­gais Anibal Cavaco Silva a pour sa part loué “ la tran­quillité et, le civisme exem­plaire de la population ” de l’ancienne colonie portugaise devenue premier produc­teur de pétrole du continent avec le Nigeria.

(Milor)

Le Phare