Procès pasteur Ngalasi contre l’archbishop Kutino : à défaut de remuer les cendres de feu Maboso, la Cour a sondé son passé pour découvrir la vérité.

Procès pasteur Ngalasi contre l’archbishop Kutino : à défaut de remuer les cendres de feu Maboso, la Cour a sondé son passé pour découvrir la vérité. Et cela, en convoquant sa veuve, son beau-père et son bel oncle. Le mercredi 3 août 2008, tous les trois ont comparu à la barre. Maboso est ce prévenu mort qui, avant de trépasser, aurait avoué avoir tenté d’assassiner le pasteur Ngalasi. Et ce, sur instigation de l’archbishop Kutino Fernando.
Le policier Maboso est-il un fantôme ? Non, a dit Mme Nicole Mansanga devant les magistrats de la Cour militaire de Kinshasa/Gombe. Il a bien existé, et c’était son époux. Mais entre eux, tout n’était pas en rose. Selon cette femme, son mari la tabassait souvent, du fait qu’ils n’avaient pas eu d’enfants. Ce qui l’obligea à fuir dans le Bandundu. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est son incarcération à l’IpKin. En effet, les policiers l’avaient gardée longtemps dans leurs geôles à la place de son mari. “ Là, j’étais accusée d’être la femme d’un malfaiteur, d’un voleur ”, a-t-elle déclaré à la Cour.
Ensuite, c’est le beau-père du défunt policier qui a été entendu. Les juges, qui voulaient savoir si la dot versée par Maboso provenait de l’argent qu’il aurait reçu chez Kutino, ont voulu connaître la hauteur de la dot. A cette préoccupation de la Cour militaire, Félicien Munongo – c’est son nom-a déclaré que Maboso lui avait d’abord avancé 50 dollars. Par la suite, il est venu ajouté 100 dollars. Mais comme il était en conflit avec son épouse, il avait fini par réclamer la restitution de sa dot.
Et comme il était recherché par la police, il a été arrêté par les enquêteurs au cours de la palabre organisée à cet effet. Ce renseignant a déclaré qu’à l’IpKin, on lui avait demandé d’identifier trois photos. Et il n’avait reconnu que celle de Maboso. Quant à la question d’un juge de savoir s’il avait déjà vu Ngandu Junior, il a répondu qu’il venait de le voir pour la première fois à l’audience.
La parole ayant été accordée à la partie civile, un des avocats de ce collectif a posé cette question : “ Maboso était-il un homme recommandable, doux et calme ou brutal ? ”. Réponse du beau-père : “ Il était calme et respectueux à la maison. Mais je ne connais pas le comportement qu’il affichait au lieu de service ”. A quelle période avait-il perçu respectivement 50 dollars et 100 dollars. Là, le témoin a dit ne plus s’en souvenir. Ici, la partie civile est revenue à la charge pour faire voir à la Cour qu’à l’enquête préliminaire, il avait affirmé chez l’Opj avoir reçu 400 Fc. Affirmation directement rejetée par le témoin. A une remarque de la partie civile, selon laquelle il avait dit à l’Opj que son beau-fils se cachait à l’UPN, M. Félicien Munongo a dit que c’était à cause de ses démêlés avec son épouse.
Dans cette famille, le dernier à être entendu a été le témoin Muteba, oncle paternel de la femme de Maboso. Après avoir reconnu l’existence de Maboso, ce renseignant a dit à la Cour qu’il avait été convoqué par la police à cause d’un poste téléviseur. Au sujet de ce poste, le bel oncle Muteba a déclaré qu’en 2003, Maboso le vendait à 80 dollars. Mais lui étant démuni à cette époque, c’est son ami Mutombo qui l’avait acheté. Et comme ce dernier ne savait où le mettre, il le fit garder chez lui. Et quand on a arrêté Maboso, il a dévoilé lui avoir vendu ce poste. Et ceci, dans le but se venger. Car il s’imaginait que c’est sa belle-famille qui l’avait trahi à la police. Ici, le ministère public a fait cette remarque : “ Nous ne pensons pas que Muteba se rappelle du moment. En 2003, il ne pouvait plus être en contact avec Maboso ”.
Et posant à son tour des questions, l’organe de la loi a demandé : “ Qu’a dit Maboso quand on l’a arrêté ? ”. Réponse du témoin : “ Il s’est imaginé que c’est nous qui avons alerté la police ”. Et quand on l’amenait, il a prononcé ces mots : “ Je ne mourrai pas seul, parce que je vous ai vendu mes biens. Comme vous avez comploté contre moi, je mourrai avec vous ”. Mais l’organe de la loi a trouvé cette phrase incomplète. Selon lui, Maboso avait déclaré : “ Les biens que je vole, c’est à vous que je les vends ”. Ici, le témoin Muteba a rectifié que c’était plutôt : “ Vous payerez pour les biens que je vous vends ”.
(Milor)Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel
Last edited: 10/09/2008 14:40:47