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Guerre à l’Est : Le masque de la Monuc tombe

Kinshasa, 10/09/2008 / Politique
Faut-il faire la guerre au hasard ? C’est la question que plus d’un Congolais se posent. Pendant que la guerre reprend, la Monuc estime que l’acte d’engagement de Goma serait au-dessus de la Charte des Nations Unies. Le gouvernement est obligé de redéployer des troupes à l’Est de la Rdc. Cela ne signifie rien si la guerre n’est pas clairement déclarée. Il ne suffit pas de déclarer la guerre, mais il faut la préparer. La décision doit signifier que le gouvernement congolais est obligé de s’assumer là où, jusque hier, on pensait que la Monuc devrait sécuriser tout le monde. La décision du gouvernement de marquer sa présence plus significative dans cette partie du pays ne doit pas s’accompagner des considérations diplomatiques qui ont démontré leurs limites. On aurait applaudi cette décision si ce déploiement n’a pas comme objectif faire la police en lieu et place de protéger l’intégrité de la Rdc fortement menacée. Car, il n’est pas question pour le gouvernement congolais d’aller dans cette guerre en hésitant, mais de faire usage de tous les moyens possibles et impossibles. La première disposition à prendre, c’est de définir le rôle de la Monuc. Sinon, il sera difficile aux Fardc de s’encombrer de cette force qui, sans être la Croix rouge ou le Croissant rouge, se dit capable d’être avec tous les belligérants sans trahir un.

La Monuc prend désormais prétexte en ne prenant en compte que l’Acte d’engagement de Goma. Même si le gouvernement congolais qui a initié et organisé la conférence de Goma lui fait remarquer que l’Acte de Goma est tombé caduc pour cause qu’une partie signataire a choisi de rouvrir les hostilités. Pour la Monuc, l’Acte de Goma prime sur la Charte de l’Onu. Les responsables de la Monuc font croire que cette force est en Rdc à la suite de la signature de cet Acte. Il est pourtant démontré, à moins que la Monuc veuille l’ignorer pour le besoin de la cause, que la mission de la Monuc est plus vaste que des charges ponctuelles dans le cadre de cet acte d’engagement de Goma. Cet acte n’est même pas national.

La Conférence de Goma avait intéressé les ressortissants du Kivu. L’Acte signé à cette occasion ne doit en aucune manière modifier la mission de la Monuc. C’est ici qu’apparaît dans toute sa laideur, l’ambiguïté de la position de la Monuc dans ce qui se passe à l’Est de la Rdc. Quand bien même que la mission de la Monuc ne s’inscrirait que dans le cadre de l’Acte de Goma, la Monuc a-t-elle raison d’oublier que l’Acte en question n’a d’importance que dans la mesure où les parties en respectent les clauses ? Que fait la Monuc devant la violation de cet acte ? Même le rôle que la Monuc se reconnaît, elle ne le réussit pas.

Le spectre de Mushake

Aujourd’hui, chaque fois que le gouvernement prend l’option de la guerre, on lui fait agiter le spectre du drame de Mushake. Par expérience, on sait que Mushake, mieux la débâcle des Fardc à Mushake a servi de pédagogie selon laquelle la déroute des Fardc relèverait de la didactique. On veut, à travers le spectre de Mushake, démontrer que l’armée congolaise ne peut pas faire face aux éléments du Cndp. La conclusion, c’est qu’il faut laisser faire la Monuc, même si celle-ci ne fait rien.

Dans cette situation, il faut craindre le pire. On a préparé Mushake et on s’en est servi pour démontrer justement à l’opinion que la Rdc n’ayant pas une armée, elle est obligée d’accepter la volonté de celui qui sécurise l’Est. Le paradoxe c’est que c’est le gouvernement qui est obligé de donner des explications quand les choses ne marchent pas. La Monuc, elle, grossit le moindre geste posé par elle pour justifier son importance, mais se retire derrière l’argument selon lequel elle ne doit pas faire le travail du gouvernement, lorsque les choses vont mal.

Un déploiement pourquoi faire ?

Le déploiement des Fardc à l’Est du pays en plus des effectifs actuels doit signifier que le gouvernement peut recourir à toute aide militaire pour mettre de l’ordre à l’intérieur de sa frontière. Car, on ne s’est jamais leurré, ce déploiement va donner le prétexte au gouvernement de Kigali d’agir à visage découvert. La logique veut que chaque fois que le gouvernement de la Rdc veut mettre de l’ordre à l’Est du pays, Kigali se sent menacé. Et pourtant, même au moment fort de la guerre entre ces deux pays, aucune balle congolaise n’a tué ne fut-ce qu’une mouche au Rwanda. Car, malgré la présence des troupes rwandaises, ougandaises et burundaises sur le sol congolais, ce pays s’est toujours contenté de combattre les marionnettes et sur le sol congolais. En termes clairs, la Rdc ne doit pas aller dans cette guerre qui lui est imposée sans se mettre en tête que derrière le Cndp, il combat une armée régulière rwandaise.

On ne veut pas dire que l’armée rwandaise serait imbattable. Notre souci est que Kinshasa comprenne qui est derrière le Rwanda. Ce pays bénéficie des apports importants de certaines puissances dont les Usa en matière de renseignements voire d’armement. C’est une donne que le gouvernement congolais doit prendre en compte tout en se mettant en tête que les mêmes Américains ont démontré qu’ils ne sont pas invulnérables. La Rdc n’est pas un Etat orphelin. Le gouvernement n’a pas le droit d’essayer la guerre. C’est le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe qui avait annoncé la nouvelle sur le déploiement des troupes des Fardc au Kivu. Il l’a fait au cours d’un point de presse à Bukavu.

D’après lui, tout est mis en marche pour que les militaires de la 14e brigade intégrée des Forces armées de la RDC soient redéployés dans d’autres coins de la province du Sud-Kivu, notamment dans le territoire de Kalehe. Ce redéploiement a commencé, d’après la source, depuis le début de la semaine dernière vers le nord de la province du Sud-Kivu. La 14è brigade intégrée était basée dans le territoire de Kabare. Le redéploiement de ses éléments est applaudi par les populations de ce territoire. Elles en avaient marre de leurs exactions. " J’ai reçu le comité de la chefferie de Kabare, nous avons fait ce que nous devrions faire pour nos parents, nos frères, nos sœurs. Je crois que le chef de l’Etat a ce problème à cœur. La 14e brigade doit être prise en charge par l’Etat et se situer là où elle devrait être.

Depuis que je suis ici, il y a quelque chose qui est en train de bouger sur le terrain", a déclaré Vital Kamerhe. Comme on le voit, les éléments déployés sont accueillis avant tout comme force de substitution aux premiers éléments qui tracassaient la population. Apparemment, ce n’est pas pour faire face à la donne Nkundabatware. Le contraire nous aurait étonné dans la mesure où, jusqu’à preuve du contraire, la guerre n’est pas déclarée. Kinshasa se contente de résister. C’est que lors de la dernière guerre d’agression, aucune balle n’avait sifflé sur le territoire rwandais du fait que dans le discours politique, on se reconnaissait en guerre contre le Rwanda. Ce pays n’a jamais été inquiété. Son président peut se permettre une certaine arrogance. Car, en effet, qu’y a-t-il en Rdc ? Aujourd’hui encore, se disant ne faire la guerre au Cndp, Kinshasa n’est pas prêt à faire la guerre au Rwanda. C’est bien dommage !

(SL/Th/Yes)

Joachim Diana G./L’Avenir

Last edited: 10/09/2008 13:56:44

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