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Kolwezi : la chasse aux Kasaïens relancée

Kinshasa, 06/09/2008 / Société
Nous étions au dépôt. Nous avons entendu les cris de gens venant dans notre direction en chantant : « Bibakole » et ça nous a rappelé les tristes événements de 1992, alors le propriétaire du dépôt nous a demandé d’entrer à l’intérieur, chose que nous avons trouvé dangereuse. Les organisations de défense des droits de l’homme exigent des sanctions à l’endroit des auteurs et commanditaires d’attaques tribales contre les ressortissants Kasaïens, survenues mardi 26 août dans la cité de Lwilu, à Ko­lwezi, au Katanga. L’Asso­ciation Africaine des droits de l’homme (Asadho), Journaliste pour la promo­tion et la défense des droits de l’homme (JPDH) et l’Ac­tion Contre l’impunité pour les droits humains (ACIDH) formulent une série de re­commandations destinées aux pouvoirs publics et exi­gent, illico, des éclaircisse­ments.

« Ces chanteurs se dirigeaient vers le dépôt où s’abritaient, sous des tentes, environ 200 marchands de la communauté kasaïenne venus par vélos (...) Devant cette menace, les person­nes visées seront obligées de prendre la fuite vers les installations de la Gécami­nes où elles bénéficieront de l’assistance de la garde industrielle qui, à son tour, appellera la Police nationale congolaise ». Témoignage de l’ONG locale ACIDH qui fait savoir que « les agres­seurs ont brûlé tous les biens des marchands ka­saïens ». On dénombre une quarantaine de vélos ayant pris feu. Une victime a dit n’avoir plus vu sa femme après les attaques.

« (...), Nous étions au dépôt. Nous avons en­tendu les cris de gens ve­nant dans notre direction en chantant : « Bibakole » et ça nous a rappelé les tristes événements de 1992 (...), alors le propriétaire du dé­pôt nous a demandé d’en­trer à l’intérieur, chose que nous avons trouvée dan­gereuse (...) Effectivement nous aurions été brûlés à l’instar de nos biens », in­dique Acidh qui cite un res­cape. Selon cette Ong, le commandant en place de la police avait avoué son in­capacité à maîtriser la foule. Aux dires de l’Acidh «  (...) l’attaque était planifiée et rappelle les tristes événe­ments des années 1992 qui coûtèrent la vie à plusieurs centaines des milliers des citoyens congolais ».

Les institutions centrales interpellées

Tout en condam­nant le discours d’incitation à la haine tribale, les trois ONG montent : au créneau  et appellent le gouverne­ment provincial a « éclairer l’opinion sur les malheureux événements et à faciliter les poursuites contre les auteurs présumés et les commanditaires ».
Au chef de l’Etat, au gouvernement, aux autori­tés judiciaires, à la société civile, aux partis politiques, elles demandent de veiller à la stricte application des dispositions constitutionnel­les en ce qui concerne la sécurité des personnes et de leurs biens, d’assurer la jouissance du droit du pu­blic à la libre circulation des personnes et au libre choix de résidence à tous les Congolais, d’identifier les auteurs desdits incidents et de les traduire devant les instances judiciaires, de dé­noncer vigoureusement les atteintes aux droits à la libre circulation des personnes et de leurs biens et d’éviter des discours de nature à perturber la paix sociale ».

On rappelle que le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, a récemment annu­lé une décision du Maire de Lubumbashi imposant des visas à tout non Katangais arrivant à Lubumbashi. C’est Denis Kalume qui a été contredit par le ministre provincial de la sécurité, Di­kanga Kazadi, qui défendait le caractère «  sécuritaire » de la mesure.

Les observateurs ont dans l’ensemble craint qu’il ne s’agisse d’un signal encourageant à l’intention des extrémistes.

(GM/Milor/Yes)

Le Phare

Last edited: 06/09/2008 14:36:49

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