Nous étions au dépôt. Nous avons entendu les cris de gens venant dans notre direction en chantant : « Bibakole » et ça nous a rappelé les tristes événements de 1992, alors le propriétaire du dépôt nous a demandé d’entrer à l’intérieur, chose que nous avons trouvé dangereuse.
Les organisations de défense des droits de l’homme exigent des sanctions à l’endroit des auteurs et commanditaires d’attaques tribales contre les ressortissants Kasaïens, survenues mardi 26 août dans la cité de Lwilu, à Kolwezi, au Katanga. L’Association Africaine des droits de l’homme (Asadho), Journaliste pour la promotion et la défense des droits de l’homme (JPDH) et l’Action Contre l’impunité pour les droits humains (ACIDH) formulent une série de recommandations destinées aux pouvoirs publics et exigent, illico, des éclaircissements.
« Ces chanteurs se dirigeaient vers le dépôt où s’abritaient, sous des tentes, environ 200 marchands de la communauté kasaïenne venus par vélos (...) Devant cette menace, les personnes visées seront obligées de prendre la fuite vers les installations de la Gécamines où elles bénéficieront de l’assistance de la garde industrielle qui, à son tour, appellera la Police nationale congolaise ». Témoignage de l’ONG locale ACIDH qui fait savoir que « les agresseurs ont brûlé tous les biens des marchands kasaïens ». On dénombre une quarantaine de vélos ayant pris feu. Une victime a dit n’avoir plus vu sa femme après les attaques.
« (...), Nous étions au dépôt. Nous avons entendu les cris de gens venant dans notre direction en chantant : « Bibakole » et ça nous a rappelé les tristes événements de 1992 (...), alors le propriétaire du dépôt nous a demandé d’entrer à l’intérieur, chose que nous avons trouvée dangereuse (...) Effectivement nous aurions été brûlés à l’instar de nos biens », indique Acidh qui cite un rescape. Selon cette Ong, le commandant en place de la police avait avoué son incapacité à maîtriser la foule. Aux dires de l’Acidh « (...) l’attaque était planifiée et rappelle les tristes événements des années 1992 qui coûtèrent la vie à plusieurs centaines des milliers des citoyens congolais ».
Les institutions centrales interpellées
Tout en condamnant le discours d’incitation à la haine tribale, les trois ONG montent : au créneau et appellent le gouvernement provincial a « éclairer l’opinion sur les malheureux événements et à faciliter les poursuites contre les auteurs présumés et les commanditaires ».
Au chef de l’Etat, au gouvernement, aux autorités judiciaires, à la société civile, aux partis politiques, elles demandent de veiller à la stricte application des dispositions constitutionnelles en ce qui concerne la sécurité des personnes et de leurs biens, d’assurer la jouissance du droit du public à la libre circulation des personnes et au libre choix de résidence à tous les Congolais, d’identifier les auteurs desdits incidents et de les traduire devant les instances judiciaires, de dénoncer vigoureusement les atteintes aux droits à la libre circulation des personnes et de leurs biens et d’éviter des discours de nature à perturber la paix sociale ».
On rappelle que le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, a récemment annulé une décision du Maire de Lubumbashi imposant des visas à tout non Katangais arrivant à Lubumbashi. C’est Denis Kalume qui a été contredit par le ministre provincial de la sécurité, Dikanga Kazadi, qui défendait le caractère « sécuritaire » de la mesure.
Les observateurs ont dans l’ensemble craint qu’il ne s’agisse d’un signal encourageant à l’intention des extrémistes.
(GM/Milor/Yes)Le Phare
Last edited: 06/09/2008 14:36:49