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Bonjour | 01/12/2008 21:10 | English Make DC Home page | RSS feed

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La rencontre sollicitée par le président ougandais aura lieu ce week-end. Le lieu ne sera ni Kinshasa ni Kampala. Les deux présidents pourront se rencontrer dans une des villes frontalières congolaises ou ougandaises. La situation est explosive à l’Est de la Rdc. Les combats se sont poursuivis vendredi. Ils ont atteint Masisi après avoir été localisés dans Rutshuru. Partout, ce sont les hommes de Nkundabatware qui attaquent les positions des Fardc. Les derniers combats qui avaient eu lieu à la fin de la dernière semaine ont eu pour conséquence, la fermeture du poste frontalier entre l’Ouganda et la Rdc au niveau de Bunagana. A la suite de cette décision, le ministre congolais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi a fait le déplacement d’Ouganda.

L’homme d’Etat congolais est allé se rendre compte de la situation sur le terrain et vérifier toutes les allégations autour de cette situation de guerre. Mbusa Nyamwisi n’est pas seul dans ce déplacement. Il est accompagné de Marcellin Cisambo, conseiller politique et diplomatique du chef de l’Etat et de certains officiers de renseignement. La délégation congolaise a été à Gisoro et elle est arrivée vendredi à Bunagana. Une autre délégation congolaise conduite par le chargé d’Affaires de la Rdc à Kampala est allée se rendre compte des tractations au sujet des éléments ougandais de Lra.

En ce qui le concerne, le ministre Antipas Mbusa Nyamwisi a rencontré le président ougandais avec qui, il a parlé longuement. Nos sources signalent même que la rencontre marathon s’est poursuivie jusqu’à l’aube à 3 heures du matin.

Museveni veut rencontrer Kabila

Le déplacement du ministre des Affaires Etrangères et de Coopération internationale a donné l’opportunité au président ougandais de solliciter une rencontre avec Joseph Kabila. Selon les informations en notre possession, cette rencontre pourra avoir lieu ce week-end. Si son principe est accepté et fixé, on ne sait pas avec précision où se tiendra-t-elle. Une chose est vraie, c’est que ce ne sera ni à Kinshasa ni à Kampala. Une des villes frontalières congolaises ou ougandaises pourra accueillir cette rencontre importante au moment où la guerre a presque repris à l’Est de la Rdc. Le président ougandais a insisté pour que cette rencontre ait lieu avant le sommet de l’Onu. C’est la preuve que les deux chefs de l’Etat vont parler de la situation actuelle à l’Est de la Rdc, situation qui occupera bientôt les débats au niveau de l’organisation mondiale.

Double aveu de Kagame et Museveni

Selon certaines indiscrétions, Yoweri Museveni entend dire à Joseph Kabila les raisons du statu quo à l’Est de la Rdc. L’Ouganda et le Rwanda portent contre la Rdc certains griefs dont, semble-t-il, le non respect des engagements. Il semble que Kinshasa ne tient pas parole chaque fois qu’il s’engage dans le cadre de la région ou il traîne le pas, mettant tout le monde en retard. Par exemple, les dirigeants ougandais constatent que lors de la rencontre de Ngwatoto en Tanzanie, il était prévu que les deux pays élèvent leurs représentations diplomatiques au niveau d’ambassades. Mais jusqu’à ce jour, les chancelleries de ces pays sont dirigées par les chargés d’Affaires. On impute à la Rdc ce retard.  Il en serait de même pour la tripartite plus qui devrait avoir déjà lieu. Pour les Ougandais, ce sont les Congolais qui ont écrit à la coordination de cette organisation pour remettre la rencontre au mois de septembre.

Rappelons que cette rencontre se tiendra au Rwanda.  La Rdc devra-t-elle y participer lorsqu’on sait que Paul Kagame refuserait de venir à Kinshasa dans le cadre de la rencontre des pays faisant parties au protocole de Naïrobi. Mais plus grave, c’est cette confidence faite sous forme d’aveu.

En effet, le président ougandais aurait déclaré, dans un langage franc qui lui est propre que la guerre que le Rwanda et l’Ouganda avaient menée contre le régime Mobutu était avant tout une guerre économique. Mais, a-t-il fait remarquer, Mobutu n’avait pas compris. Et Museveni de constater que même les dirigeants congolais actuels ne comprennent toujours pas. C’est clair lorsque cela vient de Kampala. Allusion est clairement faite à l’exploitation pétrolière sur le lac Albert. Kampala estime que ce dossier tel qu’il est traité au Congo n’est pas de nature à garantir les intérêts des voisins. Pour les autorités ougandaises pourtant, c’est pour elles une question de vie ou de mort.

Le gouvernement ougandais, renseignent les mêmes sources, avait fait des promesses dans le sens de l’amélioration du vécu social de sa population. L’exploitation pétrolière dans le lac Albert est à ce point vitale pour ce pays qui a déjà, sur base de l’accord signé par le ministre Mboso Kodia Pwanga sous la deuxième République, a déjà commencé l’exploitation. La Rdc, constate-t-on à Kampala, ne permet pas ce pays d’aller de l’avant.

La troisième guerre est partie

A cause de ces intérêts économiques, semble-t-on se dire à Kampala, l’histoire est en train de se répéter. Les mêmes causes économiques sont à la base de ce qui se prépare et qu’au Rwanda et en Ouganda, on ne se gêne plus d’appeler la troisième guerre de la Rdc. Pour confirmer ces préparatifs de la guerre, non seulement les combats ont effectivement repris, mais aussi et surtout Kigali est prêt à s’y engager. Il aurait fait une déclaration à une consoeur belge dans laquelle il crache son mépris contre la Rdc et ses institutions.

A la question de savoir s’il se rendra au sommet de Kinshasa que les experts de différents pays ont préparé fiévreusement au cours de la dernière semaine, le président rwandais n’y est pas allé par quatre chemins pour dire qu’il ne fera pas le déplacement de Kinshasa. Et pour cause ?  Paul Kagame aurait déclaré pince-sans-rire : “ Il n’y a rien dans ce pays ”.

Qu’attendre de la rencontre Kabila-Museveni ?

Pendant que Kinshasa est invité au dialogue, multiplie les  rencontres et les gestes de bonne volonté, ses voisins sont loin de lui rendre l’ascenseur. Les solutions que préconise la communauté internationale visent les groupes armés locaux. On sait maintenant plus clairement que hier,  les voisins pour des raisons économiques sont les vrais commanditaires et faiseurs de la guerre contre la Rdc.

Quelle solution trouvera-t-on en s’attaquant aux marionnettes en lieu et place des tireurs de ficelles ? La dernière reprise des hostilités démontre effectivement que les voisins de la Rdc constituent le vrai problème de ce pays. Est-ce pour cela que Museveni a-t-il invité Joseph Kabila ? Tout le fait croire. Mais qu’est-ce que le président ougandais attend-il de son homologue congolais ?

De toutes les façons, il ne pourra être question que de mettre les intérêts des voisins avant ceux de la Rdc. Joseph Kabila devra faire comprendre à Yoweri Museveni que dans le monde moderne, les intérêts économiques se traitent dans le cadre de la coopération et non par le fusil. Le temps des razzias pour s’approprier les ressources des voisins est révolu. Car, personne n’est sûr de gagner une guerre pour cause que l’adversaire serait le ventre mou de la région.

La communauté internationale a l’occasion de comprendre si elle le veut que la cause de la guerre que Kigali impose à la Rdc par le Cndp interposé n’est pas la présence des Fdlr sur le territoire congolais. Si tel était le cas,  Paul Kagame serait l’homme le plus heureux aujourd’hui pendant que la question des Fdlr est prise en charge par la communauté internationale.

(Ern./PKF)

Joachim Diana G./L’Avenir

Last edited: 06/09/2008 13:22:24

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