Les élections législatives de ce vendredi 5 septembre marquent un tournant important dans l’histoire politique de l’Angola.

Les élections législatives de ce vendredi, 5 septembre 2008, marquent un tournant important dans l’histoire politique de l’Angola. Elles interviennent après le scrutin chaotique qui a débouché, en 1992, sur la reprise de la guerre civile opposant le MPLA d’Eduardo dos Santos à l’Unita de Jonas Savimbi.
Aujourd’hui, 14 partis et coalitions sont en lice. Ils proposent 5198 candidats au suffrage des 8 millions d’électeurs recensés sur 16,4 millions d’habitants. A l’issue des opérations de dépouillement, seuls 223 concurrents classés en ordre utile siégeront à l’Assemblée nationale avec rang de députés. C’est tout dire de l’enjeu de ce scrutin. Ceci explique aussi la tension qui plane sur l’ensemble du territoire angolais.
L’Afrique et le monde assisteront-ils aux nouvelles contestations, sur le mode de celles de 1992, qui avaient poussé l’Unita à reprendre les armes ? L’Angola peut-il, cette fois, faire mieux et épargner ses populations du spectacle tragique des législatives et de la présidentielle au Kenya ou au Zimbabwe ? Les leaders du MPLA et de l’Unita, et leurs alliés réciproques, sont-ils capables d’éviter la réédition, en Angola, de ce qu’a récemment vécu la République démocratique du Congo au deuxième tour de la présidentielle ?
En tout état de cause, la tentation est toujours grande, pour les candidats malheureux aux compétitions électorales en Afrique, de transformer leur échec en rampe de violence. C’est, croient-ils, la meilleure manière de digérer leurs frustrations ou défaites, en sacrifiant la paix et la concorde nationales. Ils sont ainsi prêts à endosser le costume de pyromane.
N’empêche qu’après des scrutins chaotiques, qui redeviennent un peu à la mode en Afrique, le vœu de vrais panafricanistes est de se réveiller, pour le cas de l’Angola, avec des résultats de dépouillement acceptés par tous les Angolais. Il va sans dire qu’à cet égard, la responsabilité de la commission nationale chargée des élections est historique.
Car, sans la transparence dans les opérations de dépouillement, sans l’omniprésence de la conscience nationale dans le chef des membres de la commission, il est fort à craindre que l’Angola ne bascule de nouveau dans des turbulences. Point de départ d’une nouvelle période d’instabilité alors que le pays, indépendant depuis 1975, affiche une santé économique que lui envient bien de voisins.
Plus que d’autres pays du continent, la RDC souhaite de tout coeur que le processus électoral angolais aboutisse. Les Congolais y gagneraient également en sécurité en ayant un voisin en paix. Bien plus, cette paix favoriserait la mise en œuvre des projets conjoints pour l’exploitation, notamment, des ressources pétrolières de l’Atlantique ainsi que le commerce transfrontalier. Ce souhait vaut un appel à la conscience des leaders politiques, de la commission des élections et du peuple angolais. Que le meilleur gagne.
(SL/Th/PKF)
Le Potentiel
Last edited: 06/09/2008 14:24:15