Les écoles publiques restent dans l’expectative de la grève le cinquième jour de la rentrée des classes. Une tentative de rentrée demeure cependant perceptible au niveau des écoles privées.

Ce qui démontre que la République démocratique du Congo semble encourager un enseignement à double vitesse.
Au cinquième jour de la rentrée scolaire, la situation sur terrain évolue difficilement. Le gouvernement et les autorités scolaires de la Ville-Province de Kinshasa sont contents que la rentrée scolaire, quoique timide comme à l’accoutumée, soit effective. Cette position est partagée par les syndicats qui combattent cette grève et qui ont pour porte-parole Désiré Tshibwabwa de l’Untc.
Pour eux, la grève ne pouvait pas réussir, étant donné que l’on constate chaque jour un nombre croissant d’élèves et d’enseignants dans les écoles. La raison de cet échec est simple les enseignants savent pertinemment bien qu’avant d’entamer toute action de débrayage.
Il y a un cahier de charges que les syndicalistes déposent et qui va servir de base au dialogue avec l’employeur. Il y a ensuite un préavis de grève que les porteurs des revendications des travailleurs adressent à l’employeur dans le cas où l’employeur ne satisfaisait pas leurs revendications.
C’est à l’expiration de ce préavis que la grève se déclenche. Toute cette procédure a été foulée au pied par ceux qui ont voulu déclencher la grève qui a heureusement échoué. Les problèmes des enseignants seront donc discutés dans un climat plus apaisé et la procédure syndicale respectée. Il faut noter qu’au premier jour, la rentrée a toujours été timide. Cela est dû à la conjoncture difficile vécue par chaque famille particulièrement ici dans la capitale.
Respect des préalables avant toute reprise
Cet avis n’est pas du tout partagé par les tenants de la grève, à savoir les syndicats Syeco et Synecat. En effet, les deux syndicats qui ont lancé le mouvement de grève le 22 septembre dernier crient à la victoire. Pour eux, la grève est respectée car les écoles sont paralysées. Depuis le 1er septembre, jour de la rentrée scolaire jusqu’aujourd’hui, la majorité d’enseignants respectent la grève.
Cela malgré que la paie a été programmée dans toutes les écoles publiques, c’est-à-dire conventionnées et non conventionnées, le jour même de la rentrée scolaire. Pour eux, le gouvernement se doit de constater deux choses : seuls deux syndicats ont une base réelle dans les écoles et sont aussi les seuls interlocuteurs valables, porteurs des revendications des enseignants. Ensuite, il doit accepter les préalables exigés par l’Assemblée générale du 21 juin 2008.
Ces préalables soumis au gouvernement exigent une uniformisation des salaires des enseignants avec effet rétroactif à partir d’octobre 2007 sur l’ensemble du territoire national. Ensuite, il y a l’application du budget des rémunérations 2008 conformément au barème salarial de Mbudi avec effet rétroactif, le payement des mois de février et mars 2008 à des milliers d’enseignants victimes, la clarification du contenu financier du Fonds de promotion de l’Education nationale (FPEN) à ce jour palliatif à la suppression de la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves, la suppression effective de cette prise en charge des enseignants par les parents sous toutes ses formes et la mécanisation des nouvelles unités ayant travaillé pendant plusieurs années.
Jean-Pierre Kimbuya et Jean Bosco Puna, respectivement secrétaires généraux de Syeco et de Synecat considèrent ces préalables comme la seule base pour toute discussion. Ils espèrent que le gouvernement est lucide pour constater le succès de la grève malgré les tentatives d’étouffement dont elle était l’objet.
(SL/Th/Yes)Sakaz/Le Phare
Last edited: 05/09/2008 14:17:01