De l’avis des observateurs, la balle se trouve maintenant dans le camp du ministre de l’Economie et Commerce extérieur, qui s’en tient toujours à l’option d’une nouvelle contre-expertise.

Des sources proches des milieux parlementaires ont appris au Phare que le Premier ministre Gizenga vient de réagir à la lettre du président de l’Assemblée Nationale lui adressée en date du 21 juin 2008, et dans laquelle ce dernier lui transmettait les recommandations de la plénière du 09 juin relative à l’affaire de 12.000 tonnes de riz avarié importées de Chine par la firme “Congo Futur”.
Dans sa réponse, indique-t-on, le Chef du gouvernement dit souscrire totalement aux conclusions de la représentation nationale que nous rappelons en trois points.
- Faire respecter la décision de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) interdisant le déchargement du riz avarié importé par la société Congo Futur, dans les ports de Boma et de Matadi;
- Mettre en place un dispositif de contrôle pour démasquer tous ceux qui se livrent au trafic d’influence auprès de l’OCC sur ce dossier maffieux et sulfureux;
- Procéder à l’incinération de cette cargaison en présence des délégués de l’Assemblée Nationale qui seront désignés à cet effet.
Par ailleurs, en date du 16 août dernier, le ministre Futa, a adressé une lettre au chef du gouvernement pour lui indiquer le refus des animateurs de l’OCC d’exécuter l’ordre ministériel de libérer le riz stocké à Boma.
Cependant, dans sa réponse du 3 septembre, Antoine Gizenga a confirmé la réception de ladite lettre de son collaborateur en charge de l’Economie et aussi précédemment celle de du président de l’Assemblée nationale. En substance, le chef du gouvernement souligne le danger que court la République si nous ne faisons plus confiance à l’expertise de l’OCC. Ainsi, a-t-il demandé à son ministre de rapporter sa décision du 6 juillet. “ Si Congo Futur n’est pas d’accord avec l’expertise de l’OCC, il n’a qu’à s’adresser aux instances judiciaires ”, a recommandé le Premier ministre.
De l’avis des observateurs, la balle se trouve maintenant dans le camp du ministre de l’Economie et Commerce Extérieur, qui s’en tient toujours à l’option d’une nouvelle contre-expertise, après avoir contesté, entre le 06 juillet et le 28 août 2008, les résultats d’analyse livrés par les laboratoires de l’OCC et soutenu la thèse de la conformité du riz de Congo Futur aux normes exigibles pour la consommation humaine. Cette voie de sortie, se souvient-on, a été rejetée par les responsables de cette entreprise d’Etat, qui soupçonnent le ministre de vouloir faire le jeu de Congo Futur et d’hypothéquer ainsi la vie des millions de Congolais.
Après que le Chef du gouvernement et l’Assemblée Nationale émettent sur la même longueur d’ondes, il est permis de croire qu’André Philippe Futa va accepter de renoncer la cinquième contre-expertise du stock de riz de Congo Futur en consignation au port de Matadi voici trois mois. L’incinération de cette denrée serait peut-être le moindre mal face à la psychose de l’intoxication alimentaire par le riz qui ne fait que croître dans les rangs des consommateurs congolais, surtout depuis l’alerte donnée par le député national Jean-Claude Vuemba, lors, de sa conférence de presse du mercredi 21 août 2008.
(SL/Th/Yes)Kimp./Le Phare
Last edited: 05/09/2008 14:14:11