Le stratagème du blocus du poste frontalier et de ravitaillement de Nkunda, tel que trouvé par les leaders du Kivu en concertations avec le président de l’Assemblée nationale en personne puis soutenu par l’Ouganda, devient décisif pour contraindre à la raison le dissident déstabilisateur de l’Est de la RDC.

Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, s’est personnellement impliqué dans la décision de la fermeture du poste frontalier de Bunagana. Jean Bosco Barihima, Mwami Buunda Barokide, Bakungu Mitonde et Jean-Claude kahembe, tous élus du Nord-Kivu, ont joué un rôle non négligeable. Si l’Ouganda et le Rwanda jouent effectivement le jeu, le chef rebelle Laurent Nkunda est coupé de ses barrières arrières. D’importantes recettes financières vont échapper à son mouvement le CNDP. Et ce sera le vrai début de son asphyxie.
Qui a fait quoi pour que le poste frontalier de Bunagana au Nord-Kivu soit fermé ? Voilà ce que veulent savoir de nombreux lecteurs de La Prospérité, en attendant d’évaluer l’impact de cette décision prise, le samedi 30 août dernier, par les Gouvernements congolais et ougandais. Si, par honnêteté, on ne peut minimisé le rôle si petit soit-il de chaque acteur concerné, notamment certains membres de l’exécutif, au national comme au provincial, la population du Nord-Kivu salue l’engagement de ses représentants à l’Assemblée Nationale. Particulièrement, le premier d’entre eux, Vital Kamerhe. L’homme politique était en tournée au Kivu dans le cadre de ses vacances parlementaires. Il a organisé une réunion avec ses collègues de l’Assemblée nationale, élus du Nord-Kivu. Une rencontre plus ou moins représentative sur le plan géopolitique de la province. Jean-Bosco Barihima, tête d’affiche, et Mwami Buunda Barokire de Rutshuru Bakungu Mitonde de la circonscription de Goma et Jean-Claude Kahembe de Nyiragongo.
Les raisons de la fermeture
Dans certains milieux, on était encore à s’interroger sur les raisons de la fermeture du poste frontalier de Bunagana. Des opérateurs économiques de la région ont fait remarquer que la situation née de la fermeture de Bunagana ne sera pas sans conséquences sur le prix de marchandises. En ce sens que pour faire parvenir les marchandises à destination, les commerçants seront obligés d’emprunter des voies détournées. Il faudra désormais passer par l’Ouganda et le Rwanda avant d’arriver à Goma. On peut comprendre, même sans les partager, les inquiétudes des hommes d’affaires du Kivu. Le prix du gasoil a grimpé sur le marché et la vie devient de plus en plus chère. Ceux qui militent pour la réouverture du poste frontalier de Bunagana professent que la province du Nord-Kivu va perdre chaque mois plus de 100.000 dollars américains.
Certains agents de l’Ofida mécontents de la mesure gouvernementale ont déclaré que le trésor public sera amputé mensuellement d’un montant oscillant entre 100.000 et 150.000 Usd. On ajoute qu’une quarantaine d’employés de l’Ofida sont ainsi éloignés de leurs postes d’affectation. Par contre, du côté des analystes qui saluent la fermeture de Bunagana, on affirme que Laurent Nkunda et son CNDP sont les grands perdants. Le CNDP, en effet, perçoit les frais sur le péage route et taxait les colis. Il est tout à fait prévisible que le financement du CNDP va subir une véritable cure d’amaigrissement. Nkunda devrait, naturellement, éprouver de difficultés pour assurer l’approvisionnement en armes et munitions de ses troupes.
Et que dit-on de pertes financières que subirait l’Etat congolais ? L’argumentation ne fait pas défaut. Des politiques soutiennent que depuis que le Territoire de Rutshuru est coupé en deux zones d’influence (Gouvernement et CNDP), les recettes réalisées par le poste frontalier de Bunagana n’atterrissent plus à la Direction générale de l’Ofida à Kinshasa. Ce qui constitue un manque à gagner important dans l’exécution du Budget de l’Etat. C’est comme pour dire que l’impact de la fermeture de Bunagana est minimisable.
Pourvu que Kampala et Kigali coopèrent
Les nkundistes, qui mettent l’accent sur d’éventuelles conséquences négatives après la fermeture de Bunagana, voudraient faire passer dans l’opinion l’idée selon laquelle les députés nationaux du Nord-Kivu et le Président de l’Assemblée nationale travaillent contre les Intérêts de la population. Toutes ces allégations grotesques ne sont pas fondées. Face à un homme aussi imprévisible et dur que Laurent Nkunda, il n’y a pas d’autres façons d’agir que de l’asphyxier.
C’est seulement après qu’on peut le pousser à sortir de son trou. Mais, pour y parvenir, il faudrait que les voisins rwandais et ougandais jouent franc jeu. Autrement dit, le Rwanda ne devait plus miser sur le cheval Nkunda à moyen et long terme, dans ses relations avec la RDC.
(DN/Th/Yes)La Prospérité
Last edited: 03/09/2008 14:16:47