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Bonjour | 01/12/2008 20:43 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’activité minière dans la province du Katanga a provoqué une avancée fulgurante dans les espaces considérés jusqu’ici protégés. L’abattage des arbres pour les besoins de l’exploitation minière met en danger les équilibres de l’écosystème. La République démocratique du Congo a fait l’objet d’une étude de la part du Bulletin mensuel du Mouvement mondial pour les forêts (WRM) qui a consacré sa dernière livraison sur l’Afrique. En ce qui concerne la RDC, le document met beaucoup plus l’accent sur la Réserve de la Basse Kando dans la province du Katanga. “ La RDC possède la plus vaste forêt tropicale du monde après celle de l’Amazonie au Brésil. Celle-ci polarise actuellement l’attention de l’opinion publique internationale à cause des enjeux que représentent les bouleversements climatiques ainsi que la lutte de la Société civile congolaise de manière générale et du réseau Ressources naturelles en particulier.

Ceci pour empêcher la levée du moratoire, proclamé par le gouvernement sur l’octroi des concessions forestières aux exploitants ”, souligne le document en précisant que la province du Katanga, est quant à elle, dominée par un autre type de forêt : le Miombo ou forêt claire Zambézienne. Elle a été définie comme étant une “ formation végétale mixte, avec une strate graminéenne peu dense sous un peuplement de forestier de 15 à 20 mètres de haut ; les arbres ont des cimes jointives ou presque, mais les feuillages sont légers, les cimes plus souvent étalées en parasol, de sorte que l’ensemble est clair, lumineux ”.

Le Miombo renferme une riche biodiversité animale et végétale. Il constitue l’espace de vie des populations qui y habitent. Cet espace est d’autant plus important que suite à une décennie de guerres et de crises économiques persistantes, la grande majorité de la population ne vit plus du circuit économique formel. C’est en effet de la forêt que les habitants trouvent la nourriture, les médicaments, les matériaux de construction pour leur habitat, etc.

Selon Christian Bwenda, Directeur des programmes de Premocongo, (Protection des écorégions de Miombo au Congo) , une ONG de protection de l’environnement basée à Lubumbashi, fait savoir que “ la disparition de ces forêts met donc en péril l’existence de ces populations. Plusieurs facteurs expliquent le recul progressif de la forêt du Katanga ”. Parmi ceux-ci figure en bonne place l’exploitation minière.

En effet, l’exploitation minière, ne peut se faire sans déforestation. D’immenses étendues de forêts disparaissent chaque jour, pour permettre l’accès aux gisements, et même pour le traitement des minerais, la plupart des entreprises minières du Katanga utilisant des techniques archaïques et non respectueuses de l’environnement. Comme si cela ne suffisait pas, on constate depuis quelque temps une extension de l’exploitation minière aux forêts classées de la province.

Au terme de la loi en vigueur, à savoir le Code forestier promulgué le 2 août 2002, on appelle forêt classée, une forêt faisant partie du domaine public de l’Etat. On range dans cette catégorie, les parcs nationaux (réserves intégrales), les domaines de chasse, les forêts urbaines, les jardins botaniques et les périmètres de reboisement de l’Etat ou des entités décentralisées (articles 12 et 13 du code forestier).

Il convient de souligner que la province du Katanga possède deux parcs nationaux et une quinzaine de réserves de chasse, parmi lesquelles cinq sont opérationnelles. La “ BASSE Kando” est une de ces réserves opérationnelles. Elle est située dans l’annexe du parc national Upemba, dans le district de Kolwezi. Créée par l’arrêté n° 52/48 chasse du 27 mars 1957, elle a vu plusieurs fois ce statut prolongé par la suite, le dernier arrêté étant celui signé le 7 décembre 2006 par le Ministre de l’Environnement, Conservation de la nature, Eaux et Forêts de la RDC. Paradoxalement, c’est aussi à cette même époque que les services compétents de l’Etat se sont mis à y octroyer des concessions aux exploitants miniers.

Ainsi, les sociétés “Groupe Bazano”, “TFM”, “Semex”, “Somika” et “Phelps Dodge” s’y sont installés, y faisant des prélèvements, sondages, déboisements,…dénaturant ainsi la réserve. Conséquence de cette intense activité, les éléphants qui constituaient une importante composante de la population faunique ont immigré vers la Zambie.

Les organisations de la Société civile se disent préoccupés par cette disparition lente des forêts du Katanga qui entraîne avec elle l’appauvrissement des populations, le tarissement des cours d’eaux et le raccourcissement de la saison des pluies.

Les quelques actions de reconstitution des forêts paraissent insignifiantes comparativement aux dégâts causés par les sociétés minières.

(CL/Yes)

Le Potentiel

Last edited: 03/09/2008 10:42:42

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