La visite de Kabila chez Gizenga suivie de celle de Gizenga chez Kabila montre que des questions précises ont été posées au chef du Gouvernement qu’est le Premier ministre (art. 90).

S’agit-il, comme en pensent des gazettes kinoises, d’un remaniement gouvernemental? Selon nombre de sources, celui-ci, longtemps attendu, serait imminent. “ Il est attendu avant même la rentrée parlementaire ”, explique une source. Reste que les Députés étant encore en vacances, on ne voyait pas comment un remaniement pourrait intervenir dans une relative “ surprise ” mais une nouveauté dans la pratique politique du chef de l’Etat qui a toujours consulté les chefs des partis politiques et les présidents des groupes parlementaires de la majorité avant tout mouvement de personnel, n’est pas à exclure.
Reste aussi qu’à l’Amp - et au Palu -, on se réjouit de l’établissement des contacts directs entre le Président et le Premier ministre. Longtemps, ceux-ci dépendaient de leur entourage. Pour le Palu, ces contacts transitaient impérativement par le ministre près le Premier ministre, Godefroid Mayobo Mpwene Ngantient. Avec tout risque de halo (altération) du message.
L’entrée de Gizenga sur scène face au Président est un signe de l’affaiblissement réel de la position de Mayobo chez les Gizengistes. On rappelle comment la base (les chefs des cellules), après le fameux Cenal, après le Groupe parlementaire Palu, après les secrétaires provinciaux et, après les Mamans, a pesé auprès du Premier ministre pour... “ exiger, toutes affaires cessantes ” le départ de Mayobo. On connaît la réponse du Premier: “ Mayobo, c’est qui? Je vous ai entendus ” “ Le Soft International ” n° 959, Ed. datée 25 août 2008.
D’aucuns pensaient que Gizenga avait confié à son ex-bras droit la possibilité de lui passer le bâton, l’heure de la retraite venue. Le candidat dauphin du vétéran nationaliste qui présentait l’intérêt d’être issu d’une tribu autre (Yanzi, aux dernières nouvelles Teke) que celle de Gizenga (Pende), aurait confié à son tour ce “ secret ” à des tiers qui l’auraient poussé à la faute: faire accélérer le départ du vétéran par diverses initiatives suicidaires. “ C’est toi le meilleur du Palu. C’est toi le plus intelligent. C’est toi le plus jeune. Plutôt tu le liquideras et obtiendras son départ, plutôt tu monteras sur le tronc ”. Inexpérimenté, Mayobo a mordu à l’hameçon. Du coup, le Palu se trouve dépiécé. Et désemparé. De là cette phrase du vieux leader prononcée devant sa base: “ damais, dans le passé, nous n’avons connu de situation pareille ” “ le Soft International ” n° 958, Ed. cit.).
(SL/Th/Yes)Alunga Mbuwa/Le Soft
Last edited: 02/09/2008 18:26:23