La position du gouvernement rwandais est claire à ce sujet : il n’y aura pas de dialogue entre le gouvernement et les FDLR. “ Le gouvernement ne négociera pas avec les génocidaires ”, a tranché le diplomate rwandais.

Les envoyés spéciaux des présidents de la République démocratique du Congo, l’ambassadeur Séraphin Ngwej et du Rwanda, Sezibera, se sont retrouvés lundi 1er septembre, au Grand Hôtel Kinshasa, à Kinshasa, pour le compte de la 5ème Réunion des envoyés spéciaux du Groupe conjoint de suivi du Communiqué de Nairobi. L’objectif était de faire le point sur l’avancement du Communiqué de Nairobi à Nairobi, au Kenya, signé par les deux pays le 9 novembre 2007.
Tout en reconnaissant que les relations entre Kigali et Kinshasa se sont fortement améliorées ces derniers temps, les deux diplomates ont reconnu, au cours d’une conférence de presse organisée à l’issue des travaux, “avancées et “ des progrès “ au terme de la campagne de sensibilisation menée par la RDC auprès des éléments des FDLR et la pression militaire (pas nécessairement des actions militaires), “ mais il y a encore beaucoup à faire “ pour obtenir des résultats très significatifs dans la sécurisation de la partie orientale de la RDC en particulier et de toute la sous-région des Grands Lacs, a reconnu l’ambassadeur rwandais Sezibera. Il a réaffirmé l’engagement de son pays à mieux faire à l’avenir et à faire en sorte que les FDLR ne soit pas un obstacle à la sécurisation de la région.
L’ambassadeur congolais Séraphin Ngwej a également avoué “ des progrès notables “ en reconnaissant des actions que son gouvernement a menées dans le cadre de la sensibilisation des FDLR et d’autres groupes armés. Cela a abouti au désarmement d’un bon nombre d’entre eux et de leur cantonnement dans le Sud-Kivu. “Il faut mettre fin aux activités des groupes armés a déclaré l’envoyé spécial de Joseph Kabila, qui a reconnu que ‘la reprise des hostilités par le CNDP de Laurent Nkundabatware va retarder le retour des déplacés, ainsi prolonger les souffrances des femmes et des enfants. La reprise des hostilités va mettre en péril le processus de sensibilisation des FDLR & aura des conséquences néfastes. Elle tire vers le bas tous les efforts jusque là entrepris pour éradiquer les groupes armés
Pas de dialogue avec les génocidaires
A une question de la presse sur l’organisation du dialogue interrwandais, condition posée par les FDLR à leur retour au bercail, l’ambassadeur Sezibera n’a pas utilisé des circonlocutions pour donner la position de son pays. “ La position du gouvernement rwandais est claire à ce sujet. Il n’y aura pas de dialogue entre le gouvernement et les FDLR. “ Le gouvernement ne négociera pas avec les génocidaires “, a tranché le diplomate rwandais. Comme pour mettre de l’eau dans son vin, le diplomate a ajouté qu’il existe “ un dialogue constant entre les citoyens rwandais et Kigali ”.
Profitant de cette occasion, l’ambassadeur rwandais a adressé un message au leader des FDLR “ J’invite le leader des FDLR à laisser ses membres venir au Rwanda pour qu’ils puissent jouir de leurs droits comme citoyens rwandais, y compris le droit de participer au dialogue interrwandais”, a-t-il lancé
Quant au prétendu soutien qu’a le Rwanda apporterait à Nkunda, M. Sezibera a nié que Kigali apporte un soutien à Nkunda, tout en déclarant que le Rwanda n’a jamais reçu une demande du gouvernement congolais selon laquelle Nkunda est soutenu par le Rwanda. Selon l’envoyé spécial du président du Rwanda, Kigali reconnaît que Kinshasa a un gouvernement légitime et qu’il reste son partenaire.
La 5ème Réunion des envoyés spéciaux du Groupe conjoint de suivi du Communiqué de Nairobi a connu la participation d’Alan Doss, Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, de l’ambassadeur Bah, représentant de l’Union africaine pour les Grands lacs, de Mme l’ambassadeur Mulamula, secrétaire exécutive de la Conférence internationale pour la Région des Grands Lacs, de l’ambassadeur Mamabolo, envoyé spécial de la République d’Afrique du Sud pour l’Afrique centrale, de M. Nelson, conseiller politique de l’ambassade des Etats-Unis, mais surtout de la sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, Jendayi E. Frazer.
Eradiquer tous les groupes armés
Le Communiqué conjoint de Nairobi vise à l’éradication des groupes armés étrangers qui pullulent dans l’Est de la RDC. Il avait été signé par les ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères. Lors de la cérémonie d’ouverture de cette rencontre, l’ambassadeur Séraphin Ngwej, a relevé les inquiétudes de la RDC sur le” réarmement massif de Nkunda, la poursuite des recrutements au profit du CNDP ainsi que toute l’assistance technique dont il continue de bénéficier de la part d’un pays pourtant partenaire à ce processus de stabilisation “.
Il a par ailleurs souligné que “ le chemin de la stabilité entre le Rwanda et la République démocratique du Congo ne passe pas par plusieurs voies, mais une saute. C’est la voie de la normalisation des rapports et de la coexistence pacifique. Pour y parvenir, la sincérité des acteurs pour un règlement global du problème demeure la clé de voûte de la sortie de crise, pour une paix durable”. C’est là tout le défi à relever. Or, il s’avère que la sincérité de différents acteurs est loin d’être au rendez-vous. Et le refus de Kigali de dialoguer avec les FDLR constitue également un grand écueil dans ce processus. Voilà la quadrature du cercle.
(SL/Th/Yes)Kléber Kungu/L’Observateur
Last edited: 02/09/2008 17:01:05