Que dire du procès sur le meurtre du député Botethi ? Sinon que dans les répliques, le ministère public et la défense se sont livrés une âpre bataille. Pour l’organe de la loi, la défense a avancé des arguments sablonneux.

Mais les avocats des prévenus trouvent que l’auditeur Alpha Limbaya n’a fait que vociférer. Vendredi 29 août, l’assistance a vraiment vécu des moments palpitants.
Le vendredi 29 août 2008, les débats ont été houleux dans le procès qui oppose le ministère public et les parties civiles aux meurtriers présumés du député. Daniel Botethi Loleke de l’Assemblée provincial de Kinshasa. Devant répliquer aux plaidoiries des avocats de la défense, l’organe de la loi a dit ceci : “ je regrette de les voir plaider non coupables, du moment que leurs clients ont plaidé coupables ”. Donc pour lui les arguments de ces avocats reposaient sur du sable. “ Des la première audience, nous avons présenté la montre de Shabani Nonda arraché par cette bande. Et c’est une association permanente. Mai hier, Me Théodore Mukendi a dit qu’il y avait absence d’indices ! ”, s’est étonné l’organe de la loi.
L’auditeur Limbaya trouve que la défense n’a pas démontré qu’il s’agit des aveux de jactance, extorqués. Et pour cela, il a rappelé l’aveu d’Inoki Lesene : Soki ba ko condamner ngai Nayebaki qui un jour nakofuta yango (Adlr: S’il faudrait condamner pour l’association de malfaiteurs, je l’accepte. je savais qu’un jour je le paierai) ”. A la première descente sur le lieu du crime, a argumenté le ministère public, Patrick Mwewa s’est mis debout pour expliquer : “ Libanga yango oyo te, wana ezalaki monene (Ndlr : Ce n’est pas cette pierre, celle-là était énorme) ”. Et il a montré la position de chaque assaillant. Mais la défense n’a pas vu cela. Elle estime que ce sont des hommes honnêtes, qui doivent participer à la reconstitution du pays s’est indigné l’organe de la loi.
Décidé à emporter la conviction des juges, le capitaine Alpha Limbaya a rappelé le témoignage du cousin de Patrick Mwewa a dit ceci de lui : “ On n’a plus besoin de lui dans la famille, il est impropre pour la société ”. Il y a aussi celui du chauffeur Ngoma sur Kady dont le scénario sur l’avenue Masikita est le même que celui appliqué sur l’avenue Haute-Tension. Kady a reconnu qu’ils faisaient une fausse patrouille pour extorquer les retardataires. “ Tout cela, la défense ne l’a pas entendu ! ”, s’est étonné le ministère public. “ La police scientifique et l’expert en balistique ont démontré devant votre tribunal comment l’honorable Botethi a été tué par la bande à Patrick et Kady. Mais ce jour là, la défense avait les les idées ailleurs, a tonné l’avocat de la société congolaise. Une autre apostrophe de l’organe de la loi :“ Me Théodore Mukendi a avancé des arguments sablonneux, qu’il révise ses œuvres. Me Jules Bongomnbe a parlé pendant 15 Minutes pour ne rien dire. A part le fait que la défense est composée d’une bonne équipe. Et a propos d’équipe, De Castro de Kuenda n’a jamais existé dans une équipe européenne, tel que le prétend le prévenu Ilunga Mbayo ”.
Ce sont des criminels
De sa voix de stentor, le ministère public a dit ceci au tribunal présidé par le capitaine Patty Sangwa. “ Ces gens sont dangereux. Ce sont des criminels. Ils ont déjà fait la prison. Et on veut qu’on les relâche ! Avec de telles plaidoiries, j’ai peur pour notre pays, j’ai peur pour nos enfants ”. Distribuant toujours les coups, le capitaine magistrat Limbaya a parlé de la mauvaise interprétation de la loi, et de la mauvaise lecture de la doctrine, dans le chef de ses frères aînés, avocats de la défense. A Me Ekila, il a dit que la complicité au meurtre est bien explicitée dans l’article 158 du Code pénal ordinaire Livre II. A ce sujet, il a rencontré dans ses moyens, Me Gérard Ledi, qui s’est présenté comme doctrinaire vivant. Et il l’a ainsi égratigné: Pendant que le professeur Kalongo Mbikayi enseignait, c’est la période où il fuyait les cours. Ceci: on lie peut parler de preuve de la facture sur la vente d’armes dès lors qu’ils est agi d’un marché illicite entre le sergent Inoki et le lieutenant Kalonji. Que Me Ledi corrige donc sa doctrine ”.
Prenant parti pour le gouverneur André Kimbuta, le capitaine Limbaya s’est adressé à l’avocat qui était surpris par les excuses de Patrick Mwewa. Il lui a fait comprendre que malgré son pardon, le gouverneur a le droit d’intenter un procès contre ce prévenu. Ceci, du fait que l’action publique n’est pas éteinte, malgré le pardon. Le capitaine Limbaya s’est aussi dit choqué par Me Gisèle, qui a vanté les prouesses de Ngoy Kasongo Moto ya Katanga, “ l’homme qui a sauvé toute la République, et qui est mis en confiance par ses avocats ”. Et le ministère public de soupirer: “ Cela me fait peur pour nos enfants ”.
Me Lisette Mbiye n’a pas été oubliée, pour avoir soutenu ceci : “ ce n’est pas le Fidèle dont on parle. Ce n’est pas lui, c’est un autre Fidèle ”. Ici, le ministère public a rétorqué avoir présenté un témoin. “ Monsieur le président, honorable tribunal, Me Lisette n’a pas apporté ses pièces d’identité ”, ainsi s’est-il adressé au prétoire. Mais le capitaine Limbaya a été moins agressif devant les avocats de la République: “ ils nous ont rappelé que c’est grâce à elle que nous sommes magistrats, c’est grâce à elle que nous sommes militaires. Mais les parties civiles ont expliqué pourquoi elles demandent des dommages intérêts ”.
Après quoi, le capitaine Alpha Limbaya a réitéré ses réquisitions.
(Ern.)Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel
Last edited: 01/09/2008 16:04:51