Une chose est vraie c’est que depuis une dizaine d’années, l’on n’assiste pas à une seule rentrée scolaire sans menace de grève, mais plutôt à un bras de fer entre le gouvernement et les syndicats des enseignants.

La rentrée scolaire édition 2008-2009 de ce lundi 01 septembre 2008 s’est ouverte sur un fond de controverse en République démocratique du Congo particulièrement à Kinshasa sa capitale où le site Internet www.digitalcongo.net a eu à effectuer la ronde de différents établissements d’enseignements de l’Epsp pour vérifier l’effectivité de cette reprise des cours.
Ainsi donc, le constat fait est que dans certaines écoles, cette rentrée a bel et bien été effective, mais malheureusement dans d’autres, cela n’a pas été le cas.
Au Complexe scolaire Rwakadingi-Ntolani, un établissement scolaire d’obédience Salutiste, aucun signe de la reprise des enseignements n’a été observé. Pas d’élèves, même pas un seul. Les salles des cours sont dépeuplées.
A en croire l’un des responsables de cet établissement, trouvé sur place, non seulement que les “ bleus blancs ” n’ont pas pu répondre au rendez-vous, mais les enseignants également qui ne se sont pointés qu’à deux dans ce complexe, contre trente.
En face du complexe scolaire précité, se trouve le Collège John Mabuidi (ex Institut du Kasaï). Là aussi le constat fait a été amer.
Dans chacune des salles des cours de cet institut, le nombre de cinq a été maximal pour les élèves. Si dans un local on trouve deux enfants, dans l’autre on trouvera trois ou quatre.
A l’Ecole primaire de la Gare pendant ce temps, les élèves n’ont même pas accédé dans les locaux des cours et ils étaient tous dehors. L’un d’eux que nous avons abordé a justifié ce comportement par le fait que les enseignants ne se sont pas présentés à l’école.
Qu’à cela ne tienne, les Catholiques pensent le contraire et disent niet à la grève. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’aussi bien aux Collèges Boboto et Saint Joseph qu’au Lycée Bosangani (Sacre Cœur), la reprise s’est annoncée effective à telle enseigne que quelques éducateurs ont même eu à donner cours ce lundi.
Abordé par www. Digitalcongo.net, l’une des directrices du Lycée Bosangani ayant requis l’anonymat nous a donné ses impressions par rapport à cette rentrée scolaire en ces thermes : “ Le Syndicat des enseignants des écoles catholiques (Synecat) est divisé car certains syndicalistes ont été corrompus pour boycotter la rentrée. On ne peut pas déclencher une grève pendant la période des vacances, autant reprendre d’abord les cours est partir en grève par après (sic).
Comme l’on peut bien s’en rendre compte les avis sont partagés au sujet de la rentrée scolaire de cette année.
Une chose est vraie c’est que depuis une dizaine d’années, l’on assiste pas à une seule rentrée scolaire sans menace de grève mais plutôt à un bras de fer entre le gouvernement et les syndicats des enseignants.
Toutefois, le syndicat catholique est en proie à un bicéphalisme. Au mot d’ordre de grève tous azimuts de l’inusable Jean-Bosco s’oppose un autre son de cloche issu des rangs du même Synecat. Ce courant du principal syndicat des écoles conventionnées catholiques, invite les enseignants à démarrer la rentrée scolaire dès ce lundi. Au passage, les tenants de cette aile du Synecat dénient au Secrétaire général Jean Bosco toute légitimité et donc, pour elle, ce dernier n’a pas qualité d’engager les enseignants des écoles catholiques.
Le virus du dédoublement, cher aux Congolais a fini par infecter le Synecat. Reste à savoir lequel de deux courants aura prise sur les enseignants. De ce point de vue, la rentrée scolaire annoncée aura valeur de test.
Au-delà de ce conflit bien de chez nous, la reprise des classes remet le sempiternel problème des enseignants sur la table.
Wait and see !
(SL/CL/Yes)
Célestin Lutete/MMC
Last edited: 01/09/2008 17:20:27