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Le Conseil supérieur de la défense était en réunion extraordinaire dimanche autour du Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange. Un seul point était au centre des préoccupations des membres de cette instance, la situation sécuritaire à l’Est du pays consécutivement aux attaques menées par les éléments du CNDP de Laurent Nkunda. Le compte rendu fait à la presse par le ministre de la défense nationale Tshikez Diemu fait état des dispositions prises pour faire face aux attaques des positions tenues par les FARDC par les éléments du CNDP. Il va de soi que cette re­prise des hostilités met un bémol sur le processus de paix issu de la Conférence de Goma dénommée Programme Amani que pilote l’Abbé Apollinaire Malumalu. Des analystes notent que cette reprise des combats intervient juste au moment où le volet can­tonnement et brassage devraient débuter.

La situation sécuritaire dans la partie Est de la RDC est de plus en plus préoccupante, allusion faite aux récents affrontements armés entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) et les éléments du Congrès national pour la défense du peuple (Cndp)  du général déchu Laurent Nkundabatware. Ce, sur fond de motivation ayant conduit à la mise en garde faite aux Fardc par ce général. Par conséquent, une mise en garde aux Fardc vise son commandant suprême, lequel est Président de la République de la RDC élu au suffrage universel.

Le sens d’une réaction gouvernementale est fondé, surtout qu’il s’agit de la souveraineté d’un Etat. Voilà qui explique, soutiennent plusieurs observateurs politiques, la tenue dimanche du Conseil supérieur de la défense (Csd) présidé par Joseph Kabila, Président de la RDC, en son cabinet à Kinshasa/Gombe. Un seul point à l’ordre du jour: la situation préoccupante à l’Est de la République.

De la nature complexe de cet ordre du jour, il va de soi, bien qu’éventuellement rien ne pouvant être déclaré à l’issue d’une telle rencontre, que des mesures appropriées aient été prises dans le sens de restaurer de manière définitive la paix dans cette contrée. Mais par quoi doit passer le principe de cette restauration?

L’Etat congolais et ses partenaires s’étant totalement investis dans la logique du dialogue concerté, ce qui fait comprendre aussi bien le respect des engagements découlant des Accords de Nairobi que ceux de la Conférence de Goma de laquelle est né le Programme Amani, il est certain que le Csd s’est attelé dimanche  à  renforcer ces mécanismes, mais... ! Cette exclamation laisse comprendre que l’autorité légitimement établie ne saurait continuer d’accepter ce qui humilie toute une nation. Il convient de le dire, car les raisons avancées hier par le Cndp, entendez le souci de voir pris suffisamment en compte les intérêts de la minorité banyamulenge, ne se justifient pas. Surtout que cette minorité ne souffre d’aucune discrimination ; un d’eux étant même, un moment. Vice-président de la République dans la période post-conflits.

Quelles raisons avance le Cndp aujourd’hui pour justifier son contrôle sur cette partie du territoire congolais aux dimensions géographiques    de certains pays ? Cette occupation nkundiste ayant perduré longtemps, il y avait à craindre. Va-t-on y revenir ? La Transition n’aura-t-elle servi à rien ? Ces deux interrogations suffisent pour que la Communauté internationale représentée par la Monuc comprenne l’état dans lequel se trouve l’Etat congolais mis à rude épreuve. Reprise des combats, quelques analystes le pressentaient avec le brassage refuse et le mixage compromis par le Cndp.

Quelques événements atroces survenus dans cette partie du pays paraissent importants d’être rappelés par les officiels congolais, afin que l’opinion se fasse, encore une fois, une idée beaucoup plus réelle de la situation dramatique dans laquelle vivent les compatriotes congolais de cette partie, le Nord-Kivu. Le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC. Alan Doss, venait de condamner avec la plus grande fermeté les derniers combats entre les éléments armés du Cndp et les Fardc dans le territoire de Rutshuru, à une cinquantaine de km au nord de Goma (Nord-Kivu).

Ces affrontements à l’arme lourde, qui ont éclaté jeudi dernier dans le village de Kanombe, se sont déroulés dans plusieurs localités du territoire de Rutshuru. Selon les sources militaires et onusiennes, les combats ont cessé jeudi soir. La Monuc, qui maintient 14.000 Casques bleus dans l’Est, avait envoyé dans la matinée des véhicules blindés en patrouille dans le secteur et multiplié les contacts avec les parties pour faire cesser les combats.

Aucun bilan de ces affrontements n’était disponible vendredi, mais une quinzaine de soldats des Fardc, grièvement blessés, ont été admis jeudi à l’hôpital de Rutshuru, A. Doss a demandé aux deux camps de regagner leurs positions initiales et d’éviter toute action susceptible d’entraîner une nouvelle escalade de violence. La Monuc rappelle que “ toute action militaire menée par les signataires des Actes d’engagement, y compris en riposte, constitue une violation du cessez-le- feu des accords de paix signés en janvier 2008 à Goma ”. Elle demande en outre aux parties de se référer à la commission mixte Paix et Sécurité, dans laquelle des signataires se sont engagés à faire valoir tout grief les opposant.

Depuis l’Accord de Goma des accrochages ont régulièrement lieu entre Cndp et Fardc, mais aussi avec la vingtaine de milices armées, notamment les Maï-Maï, qui sévissent dans la région frontalière du Rwanda, et les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr). Le désengagement des forces en présence dans les collines, prévu par l’accord, n’a pas encore pu commencer. Les violences se poursuivent, et les civils fuient toujours les zones de combats. Ils sont actuellement plus de 1,3 million de déplacés dans l’est de la RDC!

La Monuc assure qu’elle continuera à intervenir pour protéger les centres urbains du Nord-Kivu et prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des civils. Ces combats ont éclaté quelques jours après une tournée de M. Doss dans la région, où il a rencontré les responsables de différents groupes armés signataires des accords de Goma.

A la lumière des faits, on croit comprendre que la  réunion  du Csd soit un signal fort du Pouvoir congolais de mieux faire, les affrontements actuels à l’est de la République risquant de mettre la RDC dans une certaine situation de non retour... C’est une éventualité à prendre au sérieux !

(SL/Th/Yes)

Le Palmarès

Last edited: 01/09/2008 14:34:34

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