Remise en question du Programme Amani pour la paix dans le Nord et le Sud-Kivu dès lors que le chef de guerre et dissident rwandophone Nkunda a relancé les hostilités en affrontant les forces loyales des FARDC, annihilant ainsi tous les efforts de paix entrepris jusqu’ici.

A la paix tant désirée, et pour laquelle les sacrifices de tous ordres continuent d’être consentis, ne fait que s’éloigner de jour au jour. Le Nord-Kivu, le ventre mou de ce beau pays, est loin de humer l’air de la paix et de la quiétude. Le langage des armes y règne toujours en maître, les combats meurtriers n’ont jamais cessé entre les hommes de Nkunda et les FARDC.
Toutes les concessions faites pour ramener la paix au Nord-Kivu tardent à rencontrer nos espérances les plus légitimes. Tous les mécanismes imaginés ici et là pour que ce problème de guerre s’arrange à la manière africaine n’ont donné jusqu’ici aucun résultat. La raison réside dans notre refus de nous inspirer des enseignements de l’histoire. La nôtre et celle des autres.
En effet, on a eu la rencontre de Goma qui avait réuni tout le beau monde et toutes les voix autorisées que compte cette belle province de notre pays. Beaucoup avaient placé leur espoir dans cette rencontre. Même la communauté internationale ne s’est pas fait trop priée pour plonger la main dans son porte-monnaie. L’objectif de tous ces sacrifices, des Congolais et de tous nos partenaires, c’est-à-dire la paix, n’ont jusqu’ici accouché que d’une montagne de déception.
Tant de vies qui continuent d’être sacrifiées, jusqu’ici en pure perte. Parce que chaque jour qui passe nous éloigne du but, c’est-à-dire de la paix. A l’heure qu’il est, des vies humaines continuent d’être fauchées parce que Nkunda et tous ceux qui le suivent considèrent qu’il doit toujours en être ainsi. La vie du Congolais ne valant pas un chiffon de friperie. Nous en sommes aujourd’hui à nous interroger si l’on peut arriver là où les armes parlent à une paix sans le concours de la poudre.
De plus en plus, même à qui n’y croyaient pas, nombreux sont désormais d’avis que seul le fusil peut vaincre un fusil. Les palabres en Africaine, c’est bien pour la sorcellerie. Mais dans un monde moderne aux intérêts difficiles à démêler, seule la force peut vaincre le désordre engendré par la force.
La paix ne se quémande pas. Et là où elle est menacée, de matière endémique ou récurrente, la paix à petit ne peut assurée que par la force de la loi des armes. Les négociations ne sont valables que si elles mettent autour d’une même table des belligérances qui ont la même aspiration à la paix ce qui est loin d’être le cas s’agissant du Nord-Kivu.
En d’autres termes, et pour abréger les souffrances des populations là-bas, le programme Amani, aujourd’hui patinant, n’était pas et n’est pas toujours la solution idéale. Une armée s’est fait pour faire la guerre. Avec ses faiblesses connues et qui sont celles de notre armée, dans l’état où elle se trouve, est capable de mettre fin aux aventures des apprentis guerriers qui endeuillent de nombreuses familles là-bas.
Fini Amani ou Amahoro, il faut y aller avec le seul langage que tout le monde peut comprendre là-bas. Celui de la force. De la bonne force. Le droit accouplé à la foudre.
Autrement, ce n’est pas demain la veille que le Nord Kivu connaîtra la paix. Or, nous sommes obligés d’assurer le même niveau de sécurité à tous les Congolais, dans quels coins de la République qu’ils vivent. Sinon, nos compatriotes du Nord-Kivu croiront toujours que ce pays fonctionne à deux vitesses. La leur et celle qui est appliquée aux autres provinces.
(DN/Ern./Yes)Mankenda Voka/L’Observateur
Last edited: 30/08/2008 09:58:30