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Bonjour | 21/11/2008 2:06 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les journaux de Kinshasa ressassent depuis le début de la semaine un croustillant dossier de conflit mondain qui oppose dangereusement le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe à son collaborateur 2ème vice-président du bureau Marc Mvwama. Pour une fois encore, la ci­ble est belle et bien Vital Kamerhe dont l’envergure nationale acquise aujourd’hui dérange. Que deux membres du bu­reau de l’Assemblée nationale se regardent désormais en chiens de faïence, cela n’est pas de bon augure pour cette institution as­treinte à traiter les affaires du pays en toute sérénité. Le burlesque vient du fait qu’au centre de la con­troverse, se trouve la femme du deuxième vice-président. Ce qui donne libre cours à toutes sortes de supputations même les plus mal­veillantes.

L’erreur qu’a sans doute commise Mme Mvuama jouant la martyre, c’est d’avoir cherché une médiation auprès du président de l’Assemblée nationale qu’elle pen­sait être l’homme indiquée pour faire revenir son mari à la raison. La délicatesse de la démarche était même prémonitoire de son issue pathétique vu les interpré­tions diverses qu’on pouvait lui accoler.

Devrait-on repousser la femme d’un collègue sollicitant une audience ou le bon sens ne recom­mandait-il pas de prendre le temps de l’écouter ? De toute façon, nombreuses femmes congolaises se retrouvant en situation de mar­tyr auraient agi de la même ma­nière en espérant que le chef hié­rarchique de leur mari pouvait être “l’homme-solution “. Dans le cas d’espèce, il y a lieu de faire remar­quer que Mme Mvwama avait ini­tié la même démarche auprès de l’épouse du Premier ministre qui, pense t-on, s’est également ins­crite dans la logique de médiation entre le couple.

Sur instruction du président de l’Assemblée natio­nale, le bureau s’est réuni pour entendre le concerné sur les ac­cusations portées sur lui et ce dernier préféra développer la lan­gue de bois au lieu de se défen­dre. Faisant fi de l’arbitrage du comité des sages, le deuxième vice-président fit monter la tension en adressant une lettre pathétique datée du 11 août 2008 au chef de l’Etat avec copie au Premier minis­tre dans laquelle il accuse Vital Kamerhe d’un peu trop s’immiscer dans ses affaires conjugales. Quel crédit pouvait-on accorder au fond de cette lettre qui trahit tout l’état d’âme de son auteur visiblement hors de lui !

L’auteur y a déversé toute sa rancoeur vis-à-vis de son chef hiérarchique qu’il taxe, par ailleurs, d’impartialité dans l’octroi de certains avantages revenant à ses collaborateurs. En moins de verser facilement dans l’apitoie­ment d’un tel sort sans chercher à analyser le fond du problème, la sagesse exige beaucoup de réserves face à un dossier à diverses implications.

A la lumière de la réaction de Vital Kamerhe à travers sa corres­pondance du 19 août 2008 adres­sée au premier ministre, beaucoup d’observateurs ont dû mettre un bémol aux récriminations gratuites lancées contre sa personne. Car, au-delà de sa dimension émotionnelle, cette affaire ne peut être analysé superficiellement avec, en toile de fond, des accusations gratuites et à la va-vite. Des per­sonnalités citées à titre de ­témoins, dans un sens comme dans l’autre, donnent du volume à cette affaire qui prend des proportions inquiétantes, même si elle n’a pas encore franchi le seuil juridique.

Qu’on en tienne le chef de l’Etat informé sur des tels avatars pendant qu’il est préoccupé par le processus de la reconstruction du pays, révèle le côté puéril du poli­ticien congolais plutôt enclin aux considérations de bas étage. Il est navrant qu’un dossier de cette na­ture soit traité en ordre utile à la session de septembre conformément à la recommandation faite par Vital Kamerhe dans sa corres­pondance au premier vice-prési­dent Lutundula.

Ce dernier est astreint à “ réunir dès la rentrée parlementaire de septembre et sous sa présidence, le bureau de la chambre législative aux fins de confronter l’honorable Mvwama avec ses collègues du bureau sur ses nombreuses allégations pour lesquelles il les prend à témoin (...)* ”. A la faveur de cette histoire, il y a lieu de noter que le fauteuil du président de l’Assemblée na­tionale suscite beaucoup d’appé­tences.

Plus d’une fois, des initiati­ves visant la déchéance de Vital Kamerhe sur fond d’accusations sur la gestion financière de l’As­semblée nationale, ont été dé­jouées. Plus d’une fois, des stra­tèges mal inspirés ont voulu l’op­poser au chef de l’Etat ainsi qu’à une frange des députés manipu­lés. Cette énième affaire scrabbleuse ne s’inscrit-elle pas dans cette dynamique de sape vi­sant à ternir l’image d’un homme à qui le député congolais doit aujourd’hui la réhabilitation de son statut social ? Qu’à cela ne tienne. Dieu seul sait comment les choses “ vont évoluer dans les prochains jour ”.

Au niveau du Palu dont Marc Mvwama est membre, c’est une nouvelle équation que doit gérer Gizenga en tant que patriarche et chef de file. L’homme devra à coup sûr, selon le voeu de Vital Kamerhe, être déféré devant la commission de discipline et des sages du Parti afin qu’il y soit con­fronté avec son épouse et que la vérité soit rétablie.

Comment le patriarche An­toine Gizenga entend gérer cette situation pour autant que le prési­dent de l’Assemblée nationale ex­prime clairement son intention de ne plus continuer avec un collabo­rateur en qui il a retiré toute con­fiance. Il y a lieu que le Palu en­visage très sérieusement son rem­placement au Bureau de l’Assem­blée nationale “, soutient Kamerhe. Une nouvelle épreuve pour ce Parti qui est entrain de panser ses plaies et de se récon­cilier avec lui-même après la dé­sormais ex-affaire Mayobo.

En sera-t-il de même pour le cas Mvwama s’il est prouvé que ses allégations n’ont aucun fonde­ment? A la lumière de cette af­faire qui éclabousse autant ses acteurs que la famille AMP à la­quelle ils appartiennent, la morale veut que la politique ne soit plus traînée dans les arcanes des sen­sations conjugales au risque d’y perdre ses plumes. Le renouveau politique auquel nous aspirons tous doit se cristalliser plutôt autour de la moralisation de la vie publique qui ne cesse d’alimenter la chronique en insolites au grand dam de la population.  Aux uns et aux autres d’épargner à cette popula­tion, des chroniques aussi rocam­bolesques qui couvre davantage d’opprobre la fonction politique. Ne donnons pas raison à Karel de Gucht.
Gucht.    

(DN/Th/Yes)

AD/Uhuru

Last edited: 30/08/2008 09:55:14

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