Dar-es-Saalam, Nairobi, c’est maintenant le tour de Kinshasa d’abriter le prochain sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Fait important à souligner en prévision de cette rencontre : l’engagement des présidents Yoweri Museveni et Paul Kagame de contribuer à la réussite de ce sommet de Kinshasa, de par leur présence, pour garantir la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs.
Madame l’ambassadrice Liberata Mulamula, Secrétaire exécutive de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL, séjourne depuis jeudi à Kinshasa. Et ce, sur invitation personnelle du président de la République, Joseph Kabila Kabange, pour évoquer les préparatifs de l’organisation du IIIème sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Conformément aux recommandations du IIème sommet qui s’est tenu à Nairobi du 14 au 15 décembre 2006, le IIIème devra se dérouler durant la même période au courant de cette année.
C’est-à-dire pendant la première quinzaine du mois de décembre 2008. Un choix qui devrait marquer le premier anniversaire de l’adoption du “ Pacte de sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs ” signé le 15 décembre 2006 à Nairobi, au Kenya. Mais depuis le 21 juin 2008, ce pacte est en entré en vigueur, ratifié par 8 des 11 Etats membres de la CIRGL.
Cependant, l’enjeu du sommet de Kinshasa est très important. En effet, Dar- es-Salaam a été caractérisé par la “Déclaration de Dar es-Salaam ” pour souligner la volonté politique des chefs d’Etat membres de la CIRGL de s’engager dans une nouvelle ère de paix et de sécurité dans la région. A Nairobi, cette volonté a été concrétisée par l’adoption de ce Pacte avec un accent particulier sur la “ résolution de non agression et de défense mutuelle ” ainsi que la relance du développement dans la région des Grands Lacs. Ce qui explique l’élaboration des projets de développement visant la reconstruction des pays de la région qui ont souffert des guerres fratricides et destructrices.
Aussi, Kinshasa devra marquer le lancement officiel de tous ces projets à impact direct sur les populations transfrontalières. Kinshasa permettra également le démarrage officiel du “ Fonds spécial pour la reconstruction et le développement de la région des Grands Lacs ”. Les premiers chantiers porteront sur les infrastructures, l’énergie, les routes, et bien sûr l’implantation de l’Institut de la Démocratie et de la bonne gouvernance à Lusaka. Le démarrage de ces projets intégrateurs ouvrira un couloir de paix, de sécurité et de développement dans la région des Grands Lacs.
La donne politique
Le séjour à Kinshasa de la Secrétaire exécutive de la CIRGL, qui s’est entretenue hier jeudi avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi, est placé sous le signe de l’optimisme. En effet, dans sa déclaration au journal Le Potentiel, elle s’est dit satisfaite du bon déroulement des préparatifs du prochain sommet de Kinshasa. Elle se réjouit de cette marque de confiance témoignée au Secrétariat exécutif de l’organisation par le président Kabila qui a demandé à ce que ce secrétariat de la CIRGL travaille en étroite collaboration avec le comité préparatoire national. Ce qui est en train d’être fait.
Optimiste, Madame Mulamula l’explique par les engagements de tous les chefs d’Etat de la région de participer au sommet de Kinshasa. Particulièrement les présidents Yoweri Museveni de l’Ouganda et Paul Kagame du Rwanda. Mieux, ils ont réitéré leurs engagements à contribuer positivement au retour effectif de la paix et la stabilité dans la région de Grands Lacs, conformément à l’esprit et à la lettre du Pacte qui devient désormais un traité international. Partant, les principaux acteurs du respect de ce pacte ne sont autres que les chefs d’Etat des pays membres de la CIRGL.
Selon la Secrétaire exécutive de la CIRGL, le président ougandais a émis le voeu de voir le rétablissement des relations diplomatiques entre tous les Etats de la région avant la tenue de ce sommet de Kinshasa.

Quant au président Kagame, il a affirmé, lors de son dernier séjour à Bujumbura lors de la visite effectuée au siège de la Conférence, de s’impliquer au retour de la paix à l’Est de la RDC dans le cadre de l’Accord de Nairobi signé entre la RDC et le Rwanda. Il a exprimé toute sa disponibilité pour la normalisation des relations diplomatiques avec la RDC à travers l’échange des ambassadeurs entre les deux pays. Il avait saisi également cette opportunité pour réitérer son engagement au pacte avant d’inviter tous les pays membres à en faire autant au risque de vider de tout son sens la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Mais la donne politique dan l’organisation de ce IIIème sommet de Kinshasa, c’est qu’il permettra de garantir la mise en place d’un “ Nouvel ordre politique ” dans la région. En effet, ce prochain sommet se tiendra à un moment crucial au plan international : l’élection d’un nouveau président des Etats-Unis, la fin de la session de l’Assemblée générale de l’ONU, la rotation à la présidence de l’Union européenne assurée présentement par la France. Autant d’événements politiques qui s’inscrivent dans cette option d’un nouvel ordre politique devrant favoriser la création d’un espace de paix, de sécurité et de développement dans la région des Grands Lacs.
Aussi, tous les partenaires qui accompagnent ce processus ont assuré de leur engagement d’être présents à Kinshasa. Une meilleure opportunité avec le lancement officiel des projets intégrateurs de développement qui auront un impact sur les programmes majeurs de développement de la RDC.
Des défis à relever
Pour Madame Mulamula, il existe bien des défis à relever. Notamment le retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Car, s’est-elle confiée au Journal le Potentiel en affirmant, tant que les forces négatives ne seront pas neutralisées, il est difficile de parler de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région. Elle se réjouit du travail fourni par la Commission conjointe de Monitoring pour recueillir toutes les informations sur ces forces négatives et l’exécution du programme DDRRR. Cette commission a été mise en place suivant l’Accord de Nairobi entre la RDC et le Rwanda. Elle comprend également les délégués de la CIRGL, des Etats-Unis, des Nations unies, de l’Union européenne, République sud-africaine, Union africaine et la SADC. Elle se réunira ce lundi à Kinshasa pour faire l’état des lieux de la situation et proposer des décisions à prendre en vue d’accélérer le retour effectif de la paix alors que les combats se déroulent depuis mercredi entre les FARDC et les éléments de Nkunda, CNDP, au Kivu.
Elle a enfin émis le souhait de voir tous les pays membres de la CIRGL s’approprier réellement cette initiative qui n’est pas une affaire du Secrétariat exécutif. Certes, elle reconnaît l’existence des autres organisations sous-régionales qui pourraient affecter le fonctionnement de la CIRGL. Mais, elle s’est empressée de souligner que la Conférence des Grands Lacs est la seule qui s’occupe des questions de paix, de sécurité et du développement, alors que d’autres organisations concentrent des efforts dans le secteur du commerce, par exemple.
Mais il revient aux Etats de s’acquitter de leurs obligations financières pour permettre à la Conférence des Grands Lacs d’atteindre ses objectifs de sécurité des Etats, de leur développement et de la promotion des peuples de la région.
Après Kinshasa, Madame Mulamula se rendra à Lusaka assister aux obsèques de l’ancien président zambien, Levy Mwanawassa. Elle a salué en cette personnalité la stature d’un grand leader africain qui a beaucoup oeuvré pour la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
(SL/FKP/Yes)Freddy Monsa Iyaka Duku/Le Potentiel
Last edited: 30/08/2008 09:54:58