Tous les gouverneurs de provinces sont invités à Kinshasa par le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, Dénis Kalume.

Pour ce dernier, la rentrée scolaire 2008-2009 dans le secteur de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (E.P.S.P.) sera au menu des rencontres programmés dans la capitale à l’intention des autorités provinciales. Concrètement, les ministres Kalume et Maker Mwangu ainsi que leurs invités feront tous, ce jeudi, le déplacement de l’Institut Technique et Industriel de la Gombe (I.T.I.-Gombe) pour réceptionner le matériel pédagogique et les kits scolaires commandés par le gouvernement pour toutes les écoles primaires et secondaires de notre pays.
L’information a été annoncée aux autorités scolaires provinciales de la ville de Kinshasa par le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation lui-même. L’occasion : une rencontré à l’ITI-Gombe, où le ministre Maker Mwangu Famba devait initialement procéder à la distribution d’une partie du matériel pédagogique aux provinces éducationnelles de Kinshasa, c’est-à-dire aux divisions et sous divisions de l’Epsp dans la ville de Kinshasa.
Invité par son collègue de l’Epsp, Kalume Numbi a pris la parole pour demander que l’envoi des kits et divers matériels à l’intérieur du pays par le gouvernement se fasse en présence des gouverneurs et des élus des provinces. Ces derniers doivent être responsabilisés, a-t-il insisté, pour un bon suivi. Il a rappelé que ce sont les gouverneurs qui représentent le gouvernement de la République en province, et que, par conséquent, c’est à eux que l’Etat devra demander des comptes si jamais le don du gouvernement ne parvient pas à ses bénéficiaires.
Bref, c’est à l’effet de donner du temps à tous les gouverneurs pour rejoindre la capitale que la manifestation initialement prévue pour ce mardi a été reprogrammée pour jeudi au plus tôt ou vendredi au plus tard.
Toujours des questions sans réponses
Plusieurs observateurs ont qualifié de prudente la réaction du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. Les archives renseignent que depuis plusieurs années que des dons des organismes internationaux, des Ongs ou du gouvernement de la République sont envoyés à gauche et à droite, à l’intérieur du pays, sans qu’on sache s’ils ont atteint ou non leurs cibles.
Les écoles situées au fond de nos brousses et forêts ont les mêmes droits que celles de la capitale et des chefs-lieux des provinces. Reste que les nouvelles qui proviennent de l’intérieur, et même de la capitale, indiquent que plusieurs écoles continuent toujours de manquer même le strict nécessaire des élèves assis à même le sol, sous un arbre ou dans un local en piteux état, avec un enseignant dépourvu de matériel pédagogique. En plus, des enseignants sous-payés et démotivés rançonnent pratiquement les parents de leurs élèves qui sont pourtant logés à la même enseigne qu’eux.
Rappelons que l’éducation est l’un des cinq chantiers prioritaires fixés au gouvernement par le Président de la République pour le mandat en cours. Malgré cela et en dépit du fait que notre pays a souscrit aux objectifs du Millénaire pour le développement qui fixent entre autre d’atteindre l’Education pour tous d’ici l’an 2015, l’enseignant congolais est toujours mal dans sa peau tandis que le niveau de l’enseignement ne cesse de baisser et que des millions d’enfants chassés des écoles par la pauvreté investissent les rues et grossissent les rangs de la criminalité organisée.

Enfin, malgré la suppression des zones salariales, les gradués et les licenciés des instituts supérieurs et universités pédagogiques refusent de se rendre à l’intérieur, craignant le régime des impaiements des salaires.
Prise en charge : le double langage
Dans le même sens, le gouvernement s’est investi depuis quelques années dans le double langage. En raison de l’incapacité des pouvoirs publics à allouer un salaire conséquent aux enseignants, le gouvernement n’ose pas adopter une position tranchée face à ce phénomène et interdire carrément la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves, comme le demandent par exemple avec insistance les évêques catholiques. La grève qui se profile à l’horizon de la rentrée du 1er septembre ne s’explique pas autrement. Il en est de même de l’objectif de la scolarisation pour tous, qui ne peut passer que par la suppression de cette prise en charge et l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des enseignants.
Le même double langage se retrouve également chez les syndicalistes qui disent à chaque rentrée scolaire une chose et son contraire, incapables qu’ils sont de s’unir derrière des intérêts et des objectifs précis. A ce jour, bien malin celui qui dira avec exactitude la position commune des syndicats de l’Epsp sur la rentrée scolaire prochaine. Tandis que les uns prônent la grève, d’autres exigent une rentrée sans préalable. D’ici que les uns et les autres accordent leurs violons, le temps coule, tout le monde finit par se fatiguer et s’aligner sur la voie de la facilité et de la cupidité, mettant dans le même panier aussi bien ce qu’on rejetait que ce qu’on acceptait, le tout s’achevant par la même arlésienne maintes fois entonnée des ventres affamés.
Enfin, la rentrée scolaire repose aussi la question de la spoliation des terrains scolaires : l’Institut de la Gombe, l’Athénée de la Gare, l’Ep Cosbaki à Bandal Makelele, l’Institut du 30 juin face au marché “ Somba Zikida ”, l’Ep Jean Bosco à Barumbu, etc. ne sont que quelques cas parmi des milliers d’écoles dont les terrains ont été spoliés par la fourberie du plus fort. Tous les yeux sont désormais tournés vers le Parlement qui s’est saisi du dossier. C’est la suite que les Congolais attendent.
(SL/Th/Yes)Sakaz/Le Phare
Last edited: 27/08/2008 15:31:32