Le réquisitoire du ministère public dans l’affaire qui l’oppose aux 22 adeptes de l’ancien mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) demande la peine de mort pour tous ces prévenus.

Le ministère public l’a fait savoir samedi à la cour d’appel de Matadi siégeant en matière répressive à Mbanza Ngungu à plus de 215 Km de Matadi. Parmi ces prévenus, 17 étaient déjà condamnés au premier degré et 4 acquittés. Me Fula Matingu, président du collectif des avocats de la défense, avait, pour sa part, déposé au bureau du tribunal un accusé de réception de la requête de récusation introduite à la cour d’appel de Matadi depuis le vendredi dernier.
Ce qui a entraîné un grand débat entre la cour et la défense. Me Fula Matingu a donc refusé de faire sa plaidoirie alors que les autres avocats de la défense sollicitaient une remise. D’autre part, un autre détenu, qui avait déjà purgé sa peine de deux mois pour détention de chanvre, a été condamné à 12 mois de servitude pénale par le ministère public.
Le Mandat d’arrêt contre le chef de BDK relancé
Le Phare vient d’apprendre des sources se réclamant de la “ ville haute ” que l’affaire Bundu dia Kongo est en instance de rebondir sur deux terrains. Le premier, le plus tortueux, serait l’Assemblée Nationale, où devrait être discutée la demande d’invalidation du mandat du député Ne Muanda Nsemi, chef spirituel de la secte précitée, que le Procureur général de la République aurait déposée en bonne et due forme, sur le bureau du président de cette institution.
Le second terrain pourrait être celui de la justice, où devrait être déféré le gourou de BDK, dès lors qu’il aura perdu le statut spécial qui est encore le sien de par sa qualité de député national. Vous avez compris: le Procureur Général de la République n’attend que le visa de la majorité parlementaire pour exhumer le mandat d’arrêt ficelé depuis février 2008 contre Ne Muanda Nsemi.
Il pourrait être poursuivi de plusieurs infractions à la fois atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, assassinat, mutilation de cadavre, association des malfaiteurs, viols et vols, incitation à la haine tribale et religieuse, incitation à la désobéissance civile, destructions méchantes, etc. Le chef spirituel de Bundu dia Kongo devrait en fait répondre de sa responsabilité dans les événements de février 2008 à Luozi, Seke-Mbanza et Matadi, notamment des violences commises par ses adeptes sur des prêtres catholiques et des pasteurs protestants et kimbanguistes ainsi que leurs fidèles, la “ rébellion ” de ses miliciens “ makesa ” contre les forces de l’ordre, de la chasse à l’homme contre les non originaires, de la profanation du drapeau national et de l’hymne national, de la méconnaissance de l’autorité de l’Etat, etc.
(SL/Th/Yes)Le Palmarès/Le Phare
Last edited: 26/08/2008 14:40:38