Le vendredi, le Président Joseph Kabila a rendu visite au Premier ministre Antoine Gizenga. Dimanche, le Premier ministre a rendu au Chef de l’Etat la politesse de sa visite de vendredi.

Que se sont donc dits le président Joseph Kabila et le Premier ministre Antoine Gizenga ? Tout un mystère. Car, le vendredi 22 août dernier, lors de sa descente en la résidence officielle du chef de Gouvernement, le chef de l’Etat congolais s’est entretenu en tête-à-tête avec le patriarche. Rien ne semble avoir filtré de leurs entretiens. Surtout que les proches des deux personnalités n’ont pas été autorisés à partager leurs secrets. Ni le très influent Katumba, ni le grand vizir Mayobo n’ont eu accès à cette espèce de huis clos au sommet de l’Etat. Du coup, les supputations vont bon train.
Pour certains, les deux personnalités ont pu ainsi évoquer ensemble la question du remaniement du Gouvernement attendu en septembre prochain.
Surtout qu’il y a peu, des sources généralement bien informées avaient laissé entendre que le président de la République s’était retiré dans sa ferme à Mbankana pour statuer sur le remaniement de l’Exécutif congolais et qu’il attendait donc le retour du Premier ministre en vacances en Chine afin de finaliser la question ensemble.
Pour d’autres sources, Joseph Kabila et Antoine Gizenga ont également échangé sur le cas Mayobo, le ministre près le Premier ministre qui sert d’interface entre les deux. A ce sujet, bon nombre d’observateurs avertis invitent le patriarche du Parti lumumbiste unifié à clarifier la situation. Car, le “ cas Mayobo ” continue à diviser le PALU.
Parce que d’un côté, on retrouve des adversaires (ou ennemis) du ministre près le Premier ministre qui ne semblent plus se reconnaître en lui au point de ne jurer que par sa double éviction et du Gouvernement et du Palu. De l’autre côté, on a affaire à ceux qui sont d’avis que les linges sales ont déjà été lavés en famille et qu’il faut effacer le tableau.
C’est dans ce contexte que l’intervention de M. Antoine Gizenga Fundji, autorité morale du PALU, était très attendue le dimanche 17 août 2008 lors de la commémoration du quarante-quatrième anniversaire du parti. Là aussi, le message du patriarche ne semble pas avoir permis aux uns et aux autres d’être définitivement fixés sur la question.
D’autant que chaque camp tire la couverture de son côté. Le “ non comment ” passé en boucle dernièrement sur certaines de télévision est déjà sujet à controverse. Les uns ayant décrypté l’adresse de Gizenga devant les représentants de la base comme un plaidoyer pro-Mayobo. Au point de considérer la prestation du vieux patriarche comme une espèce d’arbitrage ultime.
Il est vrai qu’Antoine Gizenga revenait de Chine où, pour un voyage intime, il s’est fait accompagner de Godefroid Mayobo. La présence de ce dernier aux côtés du Premier ministre paraissait comme une indication sur la confiance de Gizenga vis-à-vis de son plus proche collaborateur.
Cette lecture n’est visiblement pas partagée par les adversaires de Mayobo. Pour ces derniers, relayés par une base particulièrement remontée, Godefroid Mayobo ne fait plus partie du PALU. La cause, à leurs yeux, étant déjà entendue.
Face à ces deux positions tranchées, seul Antoine Gizenga peut fixer clairement l’opinion. Il en va de l’image même du parti. Car, qu’on l’aime au qu’on ne l’aime pas, Mayobo n’est pas n’importe qui au sein du PALU. L’homme a été de tous les contacts. Qui plus est, pour des raisons faciles à comprendre, Godefroid Mayobo partage une part de l’intimité du chef du PALU.
S’il est loin d’être un saint, Mayobo ne mérite pas pour autant d’être congédié comme un militant de la 25ème heure. Surtout que les griefs affichés ne paraissent pas constitutifs d’un acte de trahison. A moins que l’on nous cache les vraies raisons de la croisade anti-Mayobo.
(SL/Yes)Forum des As