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Bonjour | 21/11/2008 1:17 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le chef spirituel de Bundu dia Kongo devrait en fait répondre de sa responsabilité dans les événements sanglants de février 2008 à Luozi, Seke-Mbanza et Matadi. Le Phare vient d’appren­dre des sources se ré­clamant de la “ ville haute ” que l’affaire Bundu dia Kongo est en instance de rebondir... sur deux ter­rains. Le premier, le plus tortueux, serait l’Assemblée Nationale, où devrait être discutée la demande d’inva­lidation du mandat du dépu­té Ne Muanda Nsemi, chef spirituel de la secte précitée, que le Procureur général de la République aurait dépo­sée en bonne et due forme, sur le bureau du président de cette institution. Le second terrain pourrait être celui de la justice, où devrait être dé­féré le gourou de BDK, dès lors qu’il aura perdu le statut spécial qui est encore le sien de part sa qualité de député national.

Vous avez compris : le Procureur Général de la République n’attend que le visa de la majorité parlementaire pour exhumer le mandat d’arrêt ficelé depuis février 2008 contre Ne Muanda Nsemi.

Il pourrait être pour­suivi de plusieurs infrac­tions à la fois : atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, assassinat, mutilation de cadavre, association des malfaiteurs, viols et vols, incitation à la haine tribale et religieuse, incitation à la désobéissance civile, des­tructions méchantes, etc.

Le chef spirituel de Bundu dia Kongo devrait en fait répondre de sa responsa­bilité dans les événements de février 2008 à Luozi, Seke-Mbanza et Matadi, notamment des violences commises par ses adeptes sur des prêtres catholiques et des pasteurs protestants et kimbanguistes ainsi que leurs fidèles, la “ rébellion ”  de ses miliciens (“ makesa ”) contre les forces de l’or­dre, de la chasse à l’homme contre les non originaires, de la profanation du dra­peau national et de l’hymne national, de la méconnais­sance de l’autorité de l’Etat, etc.

Invalidation :  vers une “ bagarre ” politico-juridique

Si le bureau de l’As­semblée Nationale venait à saisir la plénière de la requête du Procureur Gé­néral de la République au sujet de l’invalidation de Ne Muanda Nsemi, l’on devrait s’attendre à une violente “ bagarre ” politico- juridique entre députés nationaux, toutes tendances confon­dues. Même si, politique­ment, ceux qui sont proches de l’Al­liance de la Majorité Prési­dentielle devraient en prin­cipe soutenir la démarche de la justice, l’affaire paraît assez compliquée au re­gard des recommandations formulées par la “ Chambre basse ” elle-même en avril 2008 et qui allaient plutôt dans le sens de l’apaise­ment entre le pouvoir tant central que provincial et Ne Muanda Nsemi.

En revisitant les conclusions de l’Assemblée Nationale sur l’affaire BDK, on ne voit nulle part une exigence en rapport avec l’invalidation du mandat de son chef spirituel ou des poursuites judiciaires contre sa personne.

Il lui avait été de­mandé, noir sur blanc, d’apprêter un dossier à in­troduire auprès de l’autorité compétente pour solliciter l’agrément de Bundu dia Kongo, soit comme “  église ” soit comme “ ONG ”, soit comme “ Association sans but lucratif ”.

Une autre recom­mandation préconisait la te­nue d’une “ table ronde ” au Bas-Congo, laquelle devait consacrer la réconciliation entre fils et filles Ne Kongo, après qu’ils aient discuté des problèmes qui les divi­sent et déblayé la voie de la paix et du développement. On se souvient même d’une initiative du ministre de l’in­térieur, qui se proposait de lancer une “ caravane de la paix ” à travers les villes et villages du Bas-Congo, en prélude à la table ronde provinciale.

Juridiquement, le Procureur Général de la République devrait présenter de Ne Muanda Nsemi dans les dérapages enre­gistrés chez certains de ses adeptes en février 2008 au Bas-Congo. La plénière de l’Assemblée Nationale se­rait fort embarrassée si elle devait se prononcer, pour une si grave décision, à partir des accusations for­mulées contre l’intéressé par le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, et qu’il avait rejetées en bloc lors d’une séance houleuse de con­frontation entre les deux personnages à la tribune de l’hémicycle du Palais du Peuple.

Point n’est besoin de relever qu’au regard des moyens de défense présentés par Ne Muanda Nsemi, la plénière était for­tement divisée quant à sa co-responsabilité dans les événements de février au Bas-Congo. Le Chef spi­rituel de BDK avait laissé de nombreux députés sans voix en cherchant à savoir si tous les méfaits (crimes, détournements des deniers publics, vols, viols) que com­mettent des fidèles catholi­ques, protestants, kimban­guistes, musulmans et ceux des églises de réveil devai­ent être mis sur le compte des responsables de ces confessions religieuses.

Par ailleurs, l’invalidation de Ne Muanda Nsemi parait, aux yeux de certains, comme inopportune, dès lors que les auteurs des crimes et autres actes inciviques perpétrés en février au Bas-­Congo, ont formellement été condamnés par les ins­tances judiciaires, certains même à la peine capitale.

Le pavé de la Monuc

La Monuc, structure onusienne réputée neutre, s’est invité dans le dossier de Bundu dia Kongo. Elle y est allée avec ses obser­vations fort gênantes pour le pouvoir central, créditée dans un rapport préliminai­re et ensuite final d’un mas­sacre tournant autour de la centaine de victimes. Ses auteurs, entendez les for­ces de l’ordre et de sécurité, sont accusées d’un usage disproportionné de la force face à des civils non armés ou, au plus, armés de bâ­tons.

La Monuc toujours reproche aux éléments de la police nationale un manque de professionnalisme. D’où le voeu de voir le gouver­nement congolais accélérer le processus de réforme de l’armée, de la police natio­nale et des forces de sécuri­té. Un tel “ verdict ” conforte naturellement Ne Muanda Nsemi et ses adeptes dans leur position de victimes de l’intolérance politique et des violations des droits de la personne humaine par le pouvoir central. Même si le gouvernement a démenti le bilan des morts livré par la Monuc, de nombreux com­patriotes y croient.

D’où, des poursuites judiciaires éventuelles con­tre lui, en cas des procès pas toujours équitables faits à ses adeptes, donneraient l’air d’un acharnement sur sa personne de la part des autorités de Kinshasa, par le Procureur général de la République interposé. Voilà autant de pesanteurs qui pourraient vicier l’atmos­phère non seulement au Palais du Peuple, mais aussi dans plusieurs localités et villes du Bas-Congo.

(SL/Milor/Yes)

Kimp./Le Phare

Last edited: 26/08/2008 14:05:09

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