Incertitude autour de la rentrée scolaire 2008-2009. Les enseignants font monter la pression pour obtenir gain de cause.

“ Sur mandat de leurs affiliés et sympathisants de toute la République, le Syndicat des enseignants du Congo ( Syeco) et le Syndicat national des enseignants des écoles conventionnées catholique ( Synecat) décident la non reprise du travail dans le secteur public de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (E.P.S.P.), sur toute l’étendue du territoire national, le lundi 01 septembre 2008 jusqu’à nouvel ordre ”.
Cette mesure a été annoncée en prévision de la rentrée officielle des classes programmée au 01 septembre 2008. C’était à l’issue d’une assemblée générale commune de ces deux organisations syndicales tenue vendredi à la paroisse catholique Saint Pie X à Ngiri-Ngiri.
Trois points figuraient à l’ordre du jour : évaluation pédagogique de l’année scolaire 2007-2008, évaluation du cahier des charges des enseignants soumis au gouvernement et position des enseignants face à la rentrée scolaire 2008-2009. Les enseignants estiment que le gouvernement s’est caractérisé par la mauvaise foi, l’indifférence manifeste et la non tenue de ses engagements. Il n’a pas respecté les préalables soumis par la dernière assemblée générale des enseignants tenue le 21 juin 2008 pour une rentrée scolaire apaisée.
Une fois ce constat fait, la déclaration finale de l’assemblée générale, lue par Jean Bosco Puna, Secrétaire, général du Synecat, en présence de son collègue Laurent Mozamboka, Secrétaire général intérimaire du Syeco, conditionne la rentrée scolaire prochaine aux mêmes préalables, à savoir l’uniformisation des salaires des enseignants avec effet rétroactif à partir d’octobre 2007 sur toute l’étendue du territoire national, l’application du budget des rémunérations 2008 conformément au barème salarial de Mbudi avec effet rétroactif, le paiement des mois de février et mars, la clarification du contenu financier du Fonds de Promotion de l’Education Nationale (FPEN), palliatif à la prise en charge des enseignants par les parents, etc.
Pour le ministre de l’EPSP, rentrée scolaire sans préalables
Les autorités de l’EPSP rappellent que la rentrée scolaire n’a jamais été un fait syndical. C’est une date fixée par le gouvernement pour permettre au personnel enseignant en vacances de rentrer sur son lieu de service. Le dialogue n’a jamais été interrompu avec les syndicats des enseignants et plusieurs points inscrits dans leur cahier des charges ont d’ores et déjà été satisfaits.
Lors des discussions antérieures, tous les partenaires étaient tombés d’accord pour dire qu’au nom de l’intérêt supérieur des enfants, on ne peut soumettre une rentrée scolaire aux préalables. Tous les enseignants sont donc invités à regagner les salles des classes et à reprendre leurs craies le 01 septembre. Les points restés en suspens sont à l’examen pour une réponse adéquate. Voilà la position du ministère.
Par ailleurs, une vingtaine de syndicats de l’EPSP qui ont pour porte-parole Désiré Tshibwabwa de l’UNTC - appuient la position des autorités. Ces syndicats confirment que le dialogue avec l’employeur n’a jamais été rompu et que tous les partenaires éducatifs ont été invités et ont participé à des réunions préparatoires pour la rentrée scolaire 2008.
Ils invitent ainsi tous leurs collègues enseignants à ne pas se laisser entraîner dans une action illégale. Même si on doit aller en grève, concluent-ils, la rentrée scolaire doit d’abord être assurée, car une grève ne peut se faire que sur le lieu de travail.
(SL/Milor/Yes)Sakaz/Le Phare
Last edited: 25/08/2008 17:59:00