Selon le communiqué qui a été publié à l’issue de la dernière rencontre au ministère du Budget entre la délégation du gouvernement et celle du Syndicat national des médecins (Synamed), d’une part, et les propos du président de celui-ci, de l’autre, une solution a été finalement trouvée aux revendications des médecins.

En conséquence, la grève est levée et les hommes en blouse blanche vont donc reprendre le travail. Il s’agit là d’une bonne nouvelle qui, naturellement, réjouit les Congolais et tous les hommes de bonne volonté. Seulement, il faut que tout cela dure. En effet, ces Congolais et ces hommes de bonne volonté ont aussi appris, en lisant ou en écoutant ce communiqué et ces propos, que tout n’a pas été réglé comme le voulaient les médecins.
Cela veut dire, et c’est ce qui a été réellement dit, que le gouvernement promet de faire mieux dans les jours qui viennent. Le connaissant, il faut craindre qu’une fois encore, il n’oublie et que, sans sommation, les médecins reprennent leur grève. Comme, dans le même cas, l’avaient fait les professeurs. Mais, on n’en est pas encore là, Dieu merci. Dans notre livraison n°2945 de mercredi 20 août 2008, nous avons publié à la page 3 ceci Grève des médecins, ministres et syndicalistes négocient. Le confrère qui avait signé cet article avait fait un déplacement à l’hôpital de référence de Kinshasa, ex Mama Yemo.
Ici, il a rencontré les infirmiers vraiment au four et au moulin, s’efforçant, du mieux qu’ils le pouvaient, de faire et leur propre travail et, dans la mesure du possible, celui des médecins en grève. Alors, en conversant avec les uns et les autres, il a pu apprendre que la grève de ces infirmiers est aussi programmée et qu’elle est même imminente.
Voici la raison :l’Etat ne paie pas leur salaire tel qu’ils l’ont exigé. Il faut donc déduire de cette intention des infirmiers deux observations. La première est que, constatons-nous, en arrangeant, comme il a fait le problème des médecins, tout en oubliant que ces derniers, sans les infirmiers sur le lieu du travail, sont des colosses aux pieds d’argile, le gouvernement a tout simplement éteint les flammes.
Or, tous les Congolais et tous les hommes de bonne volonté souhaiteraient que, une fois pour toutes, il éteigne et les flammes et le feu. La seconde chose est que la politique qui est celle de notre gouvernement, hier et aujourd’hui, et qui consiste à arranger les problèmes sociaux au cas par cas est, on ne peut mieux, pernicieuse et contre-productive. Malheureusement, il n’y a que lui qui ne s’en rend pas compte.
A ce propos, posons nous cette question, mieux, posons la au gouvernement dès lors que les revendications des professeurs hier et celles des médecins aujourd’hui ont trouvé plus ou moins satisfaction à la faveur d’une grève, quelle pourra alors être la réaction des autres employés de l’Etat qui, depuis des mois, promettent la foudre au gouvernement ? Nous songeons particulièrement aux enseignants qui jurent que la rentrée scolaire de septembre prochain n’aura pas lieu si l’Etat employeur ne prend pas ses responsabilités. Comme toujours, le gouvernement leur dit qu’il n’a pas d’argent et qu’il faut attendre le budget 2009.
Sauf erreur de notre part, voici ce que pourront être quelques-unes des répliques de ces enseignants vous n’avez d’argent que pour les ministres, les députés et les sénateurs.
Vous n’en manquez jamais pour leur acheter des jeeps. Vous en trouvez toujours pour tous ceux qui vont en dehors de la grève, point de salut, nous faisons la grève. Honnêtement, le gouvernement pourra-t-il dire qu’ils n’ont pas raison ?
(SL/Milor/Yes)Xavier MirindiKiriza/L’Observateur
Last edited: 23/08/2008 10:02:47