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Une enveloppe de quatre millions de dollars américains a été remise mercredi dans la soirée aux médecins, à l’issue d’un accord signé entre le gouvernement et le Syndicat national des médecins (SYNAMED), a annoncé le secrétaire général de ce syndicat, le Dr. Mankoy. Un service minimum est instauré à partir de ce vendredi 22 août 2008. Les médecins attendent voir le gouvernement répondre concrètement à toutes leurs revendications.

La réponse de la base du Syndicat des médecins à la séance de restitution, on la devinait en dépit de la demande formulée par le responsable du syndicat à l’issue de la concertation qui avait abouti à l’ac­cord avec le gouverne­ment. Ce principe syn­dical salon lequel, lorsqu’on négocie avec l’employeur, on prend ce qui tombe dans le panier et, on continue les négocia­tions Jusqu’à tout obtenir. Mais an échange, on arrête la grève. Ce n’est pas ce que les médecins ont décidé.

Au lieu de lever la grève, ils l’améliorent en se confor­mant à la réglementation qui exige un service minimum. Les médecins tentent de démontrer à l’opinion que l’application de cette obligation serait une fa­veur. En termes clairs, les médecins maintiennent la grève. Ils se basent sur un fon­dement qui n’est pas syndical. En doutant de la bonne foi du gouvernement, le Syndicat des médecins se montre de mau­vaise foi. Ci-dessous, le com­muniqué sanctionnant la séance de restitution.

Un coup dur au gouvernement

C’est ce que les méde­cins viennent de décider. Ils acceptent ce que le gouverne­ment leur offre, mais ils s’enga­gent à poursuivre la grève sui­vant les règles de l’art en ins­taurant un service minimum. On pourrait donc dire que ce n’est qu’une partie remise. On est à la case de départ. Car, si con­tinuer ou mettre fin à la grève dépend de l’appréciation des médecins, il ne dépend pas de la volonté du gouvernement de répondre à toutes les revendi­cations des blouses blanches. Le gouvernement se trouvera certainement devant des con­traintes budgétaires. Car, une chose est de comprendre les revendications des grévistes et d’afficher la volonté d’y répon­dre, une autre est d’avoir les moyens de sa volonté. Aujourd’hui, honnêtement, on ne voit pas le gouvernement résoudre tous les problèmes des médecins dans le bref délai. On peut craindre que la grève reprenne (sauvagement) demain pour cause que le gou­vernement ne serait pas de bonne foi et n’aurait pas tenu ses engagements. Nous com­prenons la nécessité de met­tre les médecins dans les bon­nes conditions de travail.  Mais, il n’est pas normal que tout le monde se contente des solu­tions d’urgence.

Eviter les improvisations

Les médecins comme les autres fonctionnaires et agents de l’Etat doivent faire l’objet d’une politique suivie. Cette volonté du gouvernement est manifeste à travers les ef­forts d’assainissement du sec­teur. La volonté du gouverne­ment se manifeste également à travers l’augmentation quasi-annuelle de l’enveloppe salariale globale au rythme de l’augmen­tation du Budget de l’Etat le rôle des syndicats quels qu’ils soient, n’est pas seulement de porter des revendications et le contenu des accords trouvés avec le gouvernement, mais aussi de former la conscience des travailleurs. Mettre le gou­vernement dos au mur en vue de lui arracher un accord qui n’ar­range pas les choses. Car, le gouvernement pour sauver la situation, peut signer les ac­cords. Il peut, pendant un ou deux mois, les respecter et ne pas être en mesure de conti­nuer à le faire. Car, trop d’ef­forts extrabudgétaires peuvent être perturbateurs et annuler les efforts.

Ce qu’il faut faire com­prendre aux travailleurs, à moins d’adopter des attitudes politiciennes, c’est qu’un gou­vernement de la République à l’instar de celui de Antoine Gizenga, qui a un mandat au bout duquel il doit rendre compte, ne peut pas être de mauvaise fois face aux besoins de travailleurs. Car, il est obligé de faire la politique de ses moyens. Pour que les tra­vailleurs comprennent, le gou­vernement doit communiquer, garder contact avec la base. Aujourd’hui, le monde du travail s’anime parce qu’il n’est ali­menté que par un discours politicien déphasé des réalités économiques et financières du pays.

L’accord signé avec le gouvernement

Pour rappel, une grève sauvage avait semé la mort dans les hôpitaux du pays. Le chan­tage a porté car, le gouverne­ment ne pouvait pas, quels que soient ses moyens, supporter que des Congolais meurent faute de médecins pour les prendre en charge dans les hô­pitaux. C’est dans ce cadre que le gouvernement, à travers les ministres du Budget et celui de la Santé, se sont retrouvés avec les membres du syndicat des médecins au cabinet du ministre du Budget, Adolphe Muzito. Après de rudes concer­tations, un protocole d’accord a été signé mercredi dans la soi­rée après une séance marathon. C’est devenu une habitude au ministère du Budget. Autrefois, c’était les enseignants. Pour arriver à l’accord avec les pro­fesseurs d’université, il fallait des séances marathon. La fin justi­fiant, les moyens, l’année aca­démique avait été sauvée. Hier c’était les médecins, demain ce sera les infirmiers, peut-être. Mais on sait déjà, c’est cycli­que, il faudra négocier avec les enseignants qui se font toujours prier avant chaque rentrée sco­laire pour commencer les ensei­gnements.

Accord avec les médecins

Un accord a été trouvé. Il faut pour le gouvernement dé­bourse près de 4 millions de dollars Us pour faire face aux revendications des médecins. Il faut dire que ce ne sera pas facile. Il faut également craindre que cet effort supplé­mentaire du gouvernement fasse des émules dans les rangs des autres agents et fonctionnaires du secteur public. Ils vont sans aucun doute se dire que le langage que le gouvernement com­prend le mieux, c’est le dé­brayage sous forme de chan­tage.

Les enseignants qui ont attendu la fin des vacances pour monter le ton seront sans aucun doute le mieux inspirés par l’exemple des médecins. Du côté de médecins, l’effort du gouvernement n’est pas encore apprécié à sa juste valeur. Ainsi, par exemple es­time-t-on, dans les milieux des blouses blanches,  les 4 mil­lions de dollars Us seraient loin de combler leurs besoins, même si cela peut conduire à une  “ légère ” amélioration en rapport avec leurs revendica­tions.
Qu’en est-il de la grève ? Selon le Docteur Mankoy Bajoky, secrétaire général du Syndicat national des méde­cins, l’accord survenu le mer­credi n’était pas synonyme de la levée de la grève. Le sort de cette grève et à travers elle, ce­lui des milliers de Congolais qui auraient eu tort de tomber ma­lades en cette période,  liée à la séance de restitution d’hier jeudi. Déjà le syndicat des médecins annonçait dès hier, la poursuite des négociations.

Pour eux, Il faut que les récla­mations des médecins soient réalisées dans son ensemble. Cela n’a pas changé. Les mé­decins sont restés dans la lo­gique de la grève. En ce qui con­cerne l’écart des salaires, le syndicat a annoncé avoir fait une concession en adoptant ce qui était la position du gouver­nement.

En ce qui concerne la prime de risque, le syndicat s’est inscrit dans la logique de donnant, donnant. Il a demandé que le gouvernement aussi adopte ce qui était la position des médecins dans ce dossier de la prime. Le gouvernement aussi, à son tour a fait la conces­sion. Il restait que ces résul­tats gouvernement et syndicats des médecins étaient arrivés, soient communiqués à la base. Et la base des médecins n’est pas seulement à Kinshasa.

On s’attendait  à ce que cela prenne du temps pour contacter la base des provinces et que celle­-ci réponde.  Mais, il n’y avait pas à se faire des illusions. En pareil cas,  on ne voyait pas la procédure syndicale respectée à la lettre. C’est-à-dire, on ne voyait pas le syndicat des mé­decins attendre que leurs struc­tures à la base organisent des rencontres dans le but de re­quérir l’avis sur l’accord survenu avec le gouvernement. Si tel avait été le cas, il serait impos­sible que la séance de restitu­tion ait lieu dans la capitale le jour suivant, c’est-à-dire hier jeudi. C’est ce qu’avait annoncé  le responsable du syndicat à l’issue de la rencontre avec les représentants du gouvernement.

“ Nous venons de signer un protocole l’accord, mais dans la structure syndicale, nous ne pouvons pas dire que la grève est levée.  Pour raison de pro­cédure, on va communiquer les résultats à toutes les provinces, de manière que eux et les bu­reaux exécutifs provinciaux les communiquent aux médecins. Et nous demandons que la base lève la grève pour nous per­mettre de continuer les négo­ciations avec le gouvernement sur les prévisions budgétaires de l’année 2009. ” Mais, appa­remment, on n’a pas  besoin de cette concertation à la base, tous  sachant ce que chacun voulait.

St/communiqué du syndicat des médecins de la République. Démocratique du Congo, syndicat national des médecins “ synamed ” bureau exécutif national honneur, dignité nationale

Le Bureau Exécutif National du Syndicat National des Médecins informe l’opinion Nationale et internationale que :
  1. Tous les Conseils Provinciaux du Syndicat national des Médecins ont apprécié à sa valeur le protocole d’accord entre le Gouvernement et le SYNAMED, et remercie le  gouvernement de la République et surtout le Chef le d’Etat pour son implication person­nelle ;
  2. Les médecins ont pris acte que les revendications ne faisant pas partie du cahier de charges du 07 Juin 2008 seront prises en compte dans le nouveau cahier des charges négocier pour l’exercice budgétaire 2009.
  3. Avec l’admission au régime statutaire des 3.560 Médecins dits nouvelles Unités la nouvelle nomenclature, le statut spécifique des Médecins des services Publics est effectivement mis en application.
Le Bureau Exécutif National du SYNAMED ayant pris l’engagement de consulter sa base pour obtenir la levée de la grève, ladite base, compte tenu de l’expérience du passé, demande la matérialisation des engagements pris par le Gouvernement c’est-à-dire la perception effective des avantages pécuniaires tels que négociés et cela dans le plus bref délai.

Tenant compte des avancées significatives contenues dans le protocole d’accord, et pour alléger la souffrance de la population, les médecins ont pris la décision d’assurer un service minimum dès ce vendredi 22 août 2008 à 8 heures, jusqu’à la concrétisation des engagements pris.

Les Médecins des Services publics de l’Etat espèrent que le Gouvernement de la République fera diligence dans la matérialisation des accords en vue de relancer les dossiers pendants.

(Milor)

L’Avenir

Last edited: 22/08/2008 18:11:45

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