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Bonjour | 02/12/2008 12:00 | English Make DC Home page | RSS feed

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De nos jours, Barly Baruti poursuit une brillante carrière de bédéiste en Europe mais passe encore la majeure partie de son temps a Kinshasa où il pro­duit beaucoup. L’histoire du livre de Georges Ngal, Giambatista Viko ou le viol du discours africain, est assez connue : un intellec­tuel africain tente d’écrire un roman capable d’unir les vertus de la littérature oc­cidentale et de l’oralité africaine.

Puni par les gar­diens du temple, il sera con­damné à une errance con­tinuelle pour lui faire redé­couvrir sa culture.... Ce roman illustre parfaitement la condamnation à l’exil dont souffrent les écrivains congolais majeurs. Cette situation a toujours prévalu dans la littérature franco­phone négro-africaine, c’est notamment à Paris que L.G Damas, Léopold Sedar Senghor ou Aimé Césaire ont jeté les bases de la Négritude.

Plus pro­che de nous, Camara Laye, Mongo Betti ou Tchicaya U Tam’si, entre autres, ont été à un moment de leur existence des exilés. La différence fondamentale est la rupture parfois irré­médiable des auteurs con­golais avec leur pays d’ori­gine.

Pratiquement plus aucun écrivain de renom n’est publié ou diffusé en Rdc. Djungu Simba vit et publie en Belgique, Pius Ngandu Nkashama, après avoir été directeur littéraire chez l’Harmattan, ensei­gne désormais aux Etats-­Unis où est également ins­tallé son compatriote Mudimbe qui produit en chef de file. Aujourd’hui, la création littéraire congo­laise est extérieure et se dilue dans la sphère fran­cophone, elle ne se distin­gue pas des autres produc­tions de la francophonie, ces spécificités sont gom­mées.

Les oeuvres, elles- ­mêmes, ne sont pas étu­diées à l’université et à l’école secondaire : leur lectorat est devenu occi­dental.

Pourtant, il a été possible de vivre en RDC, et de produire en Europe, Mudimbe ou Ngal l’ont lar­gement démontré a une époque où l’ Internet n’exis­tait pas. De nos jours, Barly Baruti poursuit une brillante carrière de bédéiste en Europe mais passe encore la majeure partie de son temps a Kinshasa où il pro­duit beaucoup.

Pius Ngandu ne doit pas à sa “ qualité ” d’exilé le fait d’avoir pu être publié, puis­qu’il ne s’est révélé qu’après son départ. De même, il est également possible de rendre ses tex­tes accessibles dans son pays d’origine, d’autres auteurs africains le font (Boubacar Boris Diop au Sénégal par exemple), par d’ateliers d’écriture. En RDC, il n’en est rien, l’éloignement physique de l’auteur se double de la dis­parition de ses oeuvres.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette désaffection, en premier lieu la situation politique qui a entraîné un exode de cer­tains, obligés de demander l’asile en Europe ou au Canada. Mais la principale raison reste économique. En RDC, aucun écrivain ne vit pas de sa plume. Le seul moyen pour un écrivain de gagner sa vie passe par les milieux littéraires e-t maisons d’éditions étrangères.

 Mais cet exil est-il peut –être le pris à payer pour obtenir une forme de liberté ?

Christophe Cassiau-Haurie / Sud Planète.net / Le Potentiel

Last edited: 21/08/2008 13:08:22

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