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Bonjour | 21/11/2008 0:33 | English Make DC Home page | RSS feed

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Quelles voies de sortie pour le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, décentralisation et sécurité, Dénis Kalume Numbi ? Protéger surtout l’image de marque de Joseph Kabila. Le bras de fer entre De­nis KALUME Numbi et Jean-Marie DIKANGA Kazadi repose la question fondamentale du règlement de tout litige constitution­nel pouvant naître entre les autorités centrales, et pro­vinciales. D’autant que l’opi­nion reste visiblement scan­dalisée par le refus opposé publiquement par le ministre provincial katangais de l’in­térieur d’exécuter la déci­sion du gouvernement de la République. Il est indéniable que Denis KALUME n’a pas agi de son propre chef. Il a pris cette décision au nom et pour le compte du gou­vernement de la République conformément aux prescrits de la Constitution. Comment va-t-on départager les deux parties ? Que va faire Denis KALUME ? Telles sont les questions qui circulent dans tous les salons politiques et les chancelleries face à ce qui apparaît de plus en plus comme un défi d’une auto­rité d’une entité décentrali­sée au pouvoir central.

Voies de sortie

Plusieurs voies de règlement s’offrent. Il y a notamment la saisine de la justice pour sanctionner ce que le ministre d’Etat et tous les constitutionnalistes considèrent comme une vio­lation flagrante de la Consti­tution. En ce que “ tout con­golais a le droit de s’installer dans les villes, cités, villages et localités de son choix sur l’ensemble du territoire national ”. La question qui saute aux yeux est celle de savoir si Denis KALUME va aller jusqu’au bout de sa logique. Va-t-il se contenter de la mesure de suspen­sion administrative infligée au Maire Kaseba ? Va-t-il saisir la justice, notamment la Cour Suprême de Justice pour une interprétation de la constitution par rapport aux arrêtés pris par le Maire de Lubumbashi et qu’il avait annulés d’autorité ?

L’autre approche de cette question intrigante serait de  convoquer le gouverneur de la Province du Katanga qui, curieusement, garde un silence étonnant et pourquoi pas complice, lui qui ne rate jamais pa­reille occasion pour procla­mer son attachement aux valeurs républicaines. Le ministre d’Etat de l’Intérieur profiterait de cette occasion pour l’instruire à prendre une décision d’annulation des arrêtés pris par le Maire de la capitale cuprifère. Mais comme c’est le ministre de l’intérieur provincial qui a pris le courage de défier le gouvernement central, l’on croit savoir que lui aussi ne l’a pas fait de son propre chef, d’autant qu’au lende­main de la publication des arrêtés controversés, c’est le président de l’assemblée provinciale qui était monté sur le créneau pour les ap­puyer avec force détails, donnant la nette impression que ces mesures avaient fait l’objet d’une concerta­tion entre les institutions politiques et administratives de cette province dont est originaire le chef de l’Etat qui avait promulgué la cons­titution que l’on met ainsi à mal.

Dans certains mi­lieux, l’on privilégierait une stratégie politique qui im­pliquerait le chef de l’Etat et les ténors de la majorité présidentielle, notamment le président de l’Assemblée nationale, le Premier mi­nistre et les présidents des principaux partis de cette plate-forme qui président aux destinées de la République. Il sera alors question d’ini­tier une interpellation du gouverneur de la province au niveau de l’assemblée provinciale et qui se termi­nerait par une motion de dé­fiance.

Au cas où aucune mesure de sauvegarde de l’esprit et de la lettre de la constitution ne serait pas opérée, il est en effet à craindre que d’autres mai­res seraient tentés d’emboî­ter le pas à leur homologue de Lubumbashi et ce serait l’éclatement de la Républi­que.

Protéger l’image de mar­que du chef de l’Etat

L’une des consé­quences les plus fâcheuses du comportement des auto­rités provinciales du Ka­tanga est d’ordre politique et touche à la crédibilité du chef de l’Etat. Car, au cas où aucune mesure de sau­vegarde de la constitution n’est prise, les adversaires de l’A.M.P. sauteraient sur cette bavure pour en faire un élément de campagne contre l’image de marque de Joseph KABILA lors des échéances électorales à tous les niveaux en 2011.

Le M.L.C., par la voix de son secrétaire général, a été le premier à donner le signal d’alarme et, au fur et à mesure que l’on s’appro­che de l’année électorale, des stratégies seront éla­borées en fonction de cette bavure que le camp pré­sidentiel semble négliger. D’autant que l’élément tribalo-ethnique et/ou provin­cial a toujours été considéré comme l’étalon de mesure, sous le vocable équivoque de la géopolitique, dans toutes les stratégies pour la conquête et la conservation du pouvoir en RDC et cela, depuis belle lurette.

(Milor)

F.M./Le Phare

Last edited: 19/08/2008 17:30:19

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